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Oui, mais au fond ?

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Le contribuable va devoir payer, ou à tout le moins apporter sa garantie à la survie du système financier, avec l’espoir, pourquoi pas ? que les prises de participations de l’Etat viendront l’enrichir en retour. Tel est le bilan du dispositif de sortie de crise dont chacun se félicite pourtant. Et l’on salue haut et fort « le retour des politiques » et leurs décisions énergiques adoptées de concert au G 7 et - une fois n’est pas coutume- entre Etats-membres de l’UE.

Mais a-t-on pour autant traité les problèmes de fond ?, se demandent certains observateurs.

Il est frappant d’ailleurs de voir combien le soulagement des banquiers contraste avec l’inquiétude des consommateurs et plus encore celle des chefs d’entreprises. Il en aurait été autrement si l’on avait simplement nationalisé le crédit et surtout modifié sous toutes les latitudes un certain nombre de règles pour empêcher le retour aux errements passés. Bien sûr, on s’est penché sur les parachutes dorés, mais que fait-on pour mettre vraiment la finance au service des créateurs de richesses, des secteurs stratégiques aux rendements sans doute moins immédiats, et aux PME qui seules peuvent créer de nouveaux emplois et faire gagner encore des points à l’exportation ? Ce serait de la régulation, de la politique industrielle, de l’interventionnisme sélectif… Autant de mots qui ne passent pas, semble-t-il, même après le grand remue-ménage de ces dernières semaines. Encore une révolution…mentale, ou sémantique comme on voudra, mais assurément manquée.