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Matières premières Pas de nouvelle hausse des prix avant deux ou trois ans

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Les prix agricoles mondiaux repartiront à la hausse au cours des dix prochaines années sans toutefois atteindre les pics de la crise alimentaire de 2006-2008, indiquent l’OCDE et la FAO dans leur rapport annuel sur les Perspectives agricoles. Néanmoins, à court terme, si les prix agricoles mondiaux restent à des niveaux élevés, leur orientation demeure à la baisse.

L’exercice habituel de prospective auquel se livrent l’OCDE et la FAO sur les prix agricoles à moyen terme est rendu plus difficile cette année. En effet, sitôt après avoir flambé en 2007-2008, les prix des matières premières se sont effondrés dès la fin de l’été 2008 sous le coup de la crise économique et financière mondiale. En cette période de récession et faute de visibilité sur la reprise ou sur l’évolution des prix du pétrole – sans parler des aléas climatiques –, les deux institutions multilatérales se montrent particulièrement prudentes dans leurs prévisions.

Leur rapport ne prévoit pas de reprise forte des prix agricoles avant deux ou trois ans. Néanmoins, pariant sur une meilleure résistance de l’agriculture à la crise que d’autres secteurs, il avance que « les prix des produits devraient continuer de s’aligner sur les niveaux moyens de 1997-2006, juste avant la récente flambée des prix, voire les dépasser ».
Impact de la récession générale
« La faiblesse persistante de l’économie mondiale freinera les prix des denrées de base au cours des 2 ou 3 prochaines années, puis ceux-ci devraient se raffermir sous l’effet de la reprise économique », estime le rapport. Au cours des dix prochaines années, le prix des huiles végétales pourrait ainsi progresser de 30 % par rapport à la moyenne 1997-2006, celui des autres productions végétales (céréales, sucre...) devrait augmenter de 10 à 20 %, hors inflation, tandis que celui de la viande se stabilisera, les consommateurs privilégiant les viandes les moins chères comme la volaille. D’ici à 2018, le prix des produits laitiers devrait être «légèrement» plus élevé qu’au cours de la période 1997-2006.
Toutefois, en cas de retour à des niveaux élevés sur le prix du pétrole (100 dollars le baril), l’incidence pourrait être une augmentation supplémentaire de 20 à 30 % sur les productions végétales et de 10 % sur les produits du bétail, nuance le rapport.
Résistance du secteur agricole
Au total, « en dépit de l’impact considérable de la crise financière et de la récession économique mondiales sur tous les secteurs d’activité, l’agriculture devrait s’en sortir relativement mieux », selon le rapport qui pointe un « potentiel d’accroissement » considérable de la productivité. Une augmentation de 40% de la production agricole mondiale d’ici à 2018 ne semble ainsi pas « irréaliste » à condition de réaliser les investissements nécessaires et de gérer certains risques « importants » notamment concernant les ressources en eau.
Les deux organisations soulignent l’urgence d’« assurer la sécurité alimentaire » alors que près d’un milliard de personnes devraient souffrir de la faim cette année.

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