D’après un rapport de mission d’inspection interministérielle (Igas, IGEDD, CGAAER) publié le 30 juillet, dépolluer l’eau potable des micropolluants (pesticides, PFAS) représenterait un surcoût annuel de 1,3 à 5,7 milliards d’euros (Md€). Repéré par l’AFP, le rapport n’a fait l’objet d’aucune communication de la part du gouvernement, remarque l’agence de presse, quelques jours après l’adoption de la loi d’urgence agricole au Parlement le 21 juillet. Les inspecteurs soulignent que la présence dans l’eau de métabolites de pesticides et de PFAS « rend le respect des limites de qualité européennes de plus en plus difficile, en particulier dans certaines régions du Nord et de l’Est de la France ». Ils décrivent un service public de l’eau potable « fragilisé par un sous-investissement structurel et un modèle de financement insuffisamment couvert par le niveau du prix de l’eau, par l’application limitée du principe pollueur-payeur et par une solidarité territoriale restreinte ». Pour y remédier, le rapport détaille quatre scénarios de dépollution. Le premier scénario table sur un surcoût de 1,3 Md€/an, permettant de « traiter les non-conformités actuelles ». Le deuxième, d’environ 2,2 Md€/an, inclut des normes plus sévères pour le TFA (un PFAS provenant de la dégradation de pesticides et de produits utilisés dans l’industrie). Le troisième, de 3,2 Md€/an, étend la dépollution au grand cycle de l’eau. Le quatrième (5,7 Md€/an) étend de surcroît la dépollution aux sols et aux autres milieux.
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LM