À défaut de tout progrès concret dans les négociations sur les futures relations UE/UK, les dirigeants des États membres de l’UE et du Royaume-Uni se sont contentés – à l’issue de leur Sommet de haut niveau du 15 juin (1) – d’accélérer leurs tractations qui auront lieu chaque semaine en juillet et août.
Dans une déclaration commune publiée à l’issue de leur sommet du 15 juin, l’UE à 27 et le Royaume-Uni ont convenu qu’un nouvel élan était nécessaire dans les négociations UE/UK en vue d’un accord sur leurs futures relations. Les discussions auront lieu chaque semaine en juillet et août. Des rencontres chaque semaine, tantôt à Bruxelles, tantôt à Londres, la plupart en comité restreint, pour tenter d’avancer sur les dossiers les plus conflictuels. Parmi ceux-ci, les garanties de concurrence équitable en matière fiscale, sociale ou environnementale, les fameuses règles du « level playing field », exigées par l’UE et qui visent à réduire la concurrence déloyale en matière d’aides d’État et de normes. Sont également en suspens, la question de fond d’un accord sur la pêche ou sur le règlement des différends entre les deux parties. Autant de problématiques à résoudre avant le 31 octobre 2020, date limite fixée par Michel Barnier pour laisser le temps aux États membres et au Royaume-Uni de ratifier un éventuel accord qui entrerait en vigueur le 1er janvier 2021. Faute de compromis, les seules règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), avec leurs droits de douane élevés et leurs contrôles douaniers, s’appliqueraient aux relations commerciales entre les anciens partenaires. À titre d’information, l’industrie alimentaire belge a fait ses calculs et estimé que dans le cadre des règles de l’OMC, en cas de non-accord UE/UK, à partir de 2021, il y aurait des tarifs sur pas moins de 85 % des aliments et boissons que la Belgique exporte vers le Royaume-Uni, toutes catégories de produits confondues. Avec des tarifs en moyenne de 18 %, cela coûterait au total quelque 321 millions d’euros aux entreprises alimentaires belges, soit 15 % de la valeur de ce qu’elles exportent au Royaume-Uni (2,1 milliards d’euros en 2019).
Eurodéputés unis derrière la position de l’UE
Des eurodéputés ont apporté leur soutien massif et sans réserve au négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, dans les négociations UE/UK sur les futures relations avec le Royaume-Uni. L’approche britannique du choix à la carte est « inacceptable » pour eux. Dans une résolution – adoptée en amont du Sommet de haut niveau du 15 juin par les membres des commissions des affaires étrangères et du commerce international du Parlement européen –, les eurodéputés regrettent qu’aucun progrès réel n’ait été réalisé à ce jour et que les divergences entre l’UE et le Royaume-Uni demeurent importantes. Ils dénoncent « l’approche fragmentaire » du gouvernement britannique et soulignent qu’un accord global est dans l’intérêt des deux parties. Il est « inacceptable pour l’UE que le Royaume-Uni choisisse à la carte certaines politiques et son accès au marché unique après le Brexit », précisent les eurodéputés.
Soutien également du Comité économique et social de l’UE
Luca Jahier, président du Cese, a déploré la situation actuelle de ces négociations et le risque de leur échec. « Nous sommes convaincus qu’un scénario sans accord aurait un coût très élevé, mais nous devons montrer que nous ne sommes pas prêts à conclure un accord à tout prix. » Il a également déclaré que le seul résultat positif du Brexit est qu' « il a permis à l’UE de faire face à la crise du Covid-19, plus unie que jamais et de mettre en place un plan de relance sans précédent en moins de trois mois ». À l’exemple des eurodéputés, les membres du Cese ont exprimé « leur plein soutien aux travaux de Michel Barnier et de son équipe ».
(1) Le Sommet en visioconférence a regroupé, du côté des « 27 » : la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le président du Conseil européen Charles Michel, le président du Parlement européen David Sassoli ainsi que le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier. Du côté du Royaume-Uni : le premier ministre Boris Johnson et le négociateur en chef du Royaume-Uni David Frost.