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Produits laitiers/Cession Premier round pour la reprise de Yoplait

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PAI Partners a reçu les offres des candidats à la reprise de Yoplait. Si Lucien Fa, patron de Yoplait, n’a pas caché son penchant pour un industriel étranger, les français comme Bel et Lactalis ne manqueront pas d’avancer l’argument du patriotisme économique.

PAI Partners a reçu le 4 février les offres des postulants à la reprise de sa participation de 50 % dans Yoplait. Le fonds a confirmé avoir reçu neuf offres. Parmi les industriels Nestlé, General Mills (franchisé aux Etats-Unis), le mexicain Lala, le chinois Bright Food et Bel sont considérés comme les plus sérieux. De nombreux autres acteurs ont été cités par la presse : les chinois Mengniu (associé au fonds KKR) et Yili, les américains Pepsico et Kraft, le mexicain Sigma, la coopérative hollandaise Friesland Campina, le japonais Kirin et les fonds Bain, Lion Capital et Axa Private Equity.
Le FSI « se prépare à jouer le rôle d’arbitre », affirme le JDD. « S’il n’a pas vocation à racheter la part de 50% de PAI dans Yoplait, le fonds souverain français s’inviterait dans l’opération, en minoritaire aux côtés d’un industriel français », ajoute le journal, qui fait état d’une prise de contact avec Bel. Lactalis, qui avait vu son offre de rachat de la totalité de Yoplait pour 1,4 Md EUR rejetée n’avait pas reçu de dossier d’information mais entend bien rester dans la course et a déposé une offre pour la reprise des 50 % de PAI Partners.
En attendant, c’est un industriel étranger, le chinois Bright Food, qui avait déjà été évoqué pour la reprise de United Biscuits qui a fait la meilleure offre. Selon le Figaro, qui cite des « sources concordantes », l’offre la plus élevée provient de Bright Food, qui valorise Yoplait autour de 1,7 Md Eur.

Quel poids peut avoir l’argument du patriotisme économique ?
Comme tous les dossiers dans le secteur laitier, la reprise de Yoplait est un sujet sensible. « Le gouvernement est attentif à ce que cela se passe bien pour les producteurs de lait français », a déclaré un porte-parole du ministère de l’Agriculture. Le gouvernement est d’autant plus attentif à ce dossier qu’il s’est largement impliqué dans le rachat par Sodiaal d’Entremont, pour donner naissance à un groupe significatif au niveau européen et sécuriser les débouchés des producteurs français. Lactalis n’a d’ailleurs pas caché ses arguments de patriotisme économique, donner naissance à un champion français, pour plaider sa cause.
Mais Yoplait verrait d’un bon œil l’arrivée d’un industriel étranger pour faciliter son développement à l’international. « Il nous faut des structures et des hommes à l’international », a déclaré le président du groupe, Lucien Fa, à l’AFP. Il y a quelques semaines le dirigeant avait qualifié Nestlé de « candidat idéal ». « Nestlé n’est pas le seul groupe avec ce profil, il y a aussi Unilever, Kraft, Pepsi Co, General Mills... », a-t-il précisé depuis.
En tout état de cause, « le projet industriel qui sera présenté sera tout aussi important que l’aspect financier », précise-t-on chez PAI Partners. Pour rappel, la coopérative Sodiaal, qui détient l’autre moitié de Yoplait, tient à continuer à partager le contrôle de la marque, mais est prête à passer sous les 50 % dans la société de gestion opérationnelle. Elle sera associée à la prise de décision.
Au niveau mondial Yoplait détient 7% de parts de marché, contre 21% pour Danone. En 2009/2010, les ventes valorisées en prix de vente consommateurs ont atteint 1 Md EUR en propre et 3,6 Mds EUR via les franchises. La liste des postulants les plus sérieux devrait être connue fin février avant une décision fin mars.