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Protéines : Bruxelles mise sur le renforcement de son autonomie stratégique

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Bruxelles veut muscler la production de soja Crédits : © Réussir SA

La Commission européenne a dévoilé son plan sur la production de protéines végétales dans l’UE, mettant l’accent sur le renforcement de la compétitivité la filière européenne et la réduction des importantes dépendances. Une initiative saluée par le secteur qui espère maintenant aller plus loin.

En complément de sa stratégie sur l’élevage, la Commission européenne a également présenté le 7 juillet, un plan détaillant des actions à mener en faveur de la résilience, de l’autonomie stratégique et de la durabilité du système protéique de l’UE. Peu de bouleversements sont à noter par rapport à la version provisoire vue par Agra. Comme prévu, le fil conducteur de Bruxelles est la réduction des importantes dépendances européennes en la matière. Elle se fixe ainsi comme objectif de porter la part protéines provenant des oléagineux et des protéagineux de l’UE à 35 % d’ici à 2035 (contre 25 % en 2025).

Lire aussi : Protéines végétales : Bruxelles veut réduire les dépendances

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Cela passe notamment par un encouragement grâce aux outils de la Pac à cultiver davantage de légumineuses, protéagineux et soja. Bruxelles propose également de prioriser les cultures adaptées aux conditions locales et de soutenir les infrastructures de stockage, de transformation et les contrats de filière. En parallèle, l’exécutif européen souhaite améliorer la consommation de protéines végétales via des campagnes de sensibilisation et renforcer son action en matière de recherche et d’innovation. L’autre volet est la diversification des sources d’approvisionnement en insistant notamment sur l’Ukraine alors que le pays négocie actuellement son entrée dans l’UE. Pour assurer le suivi de ces actions, l’exécutif compte sur un dialogue au niveau des autorités des États membres et l’observatoire du marché avec les parties prenantes.

Aller plus loin

La publication de ce plan a été accueillie de manière relativement positive par les parties prenantes qui le considèrent comme une première étape mais elles plaident pour aller plus loin. « Ce plan reconnaît les protéines végétales comme un pilier stratégique de la sécurité alimentaire, de la compétitivité et des ambitions climatiques de l’Europe », se félicitent ainsi une coalition d’organisations issues la chaîne de valeur européenne des aliments d’origine végétale. Elles saluent notamment l’accent mis sur les investissements réels dans la recherche et l’innovation mais regrettent le manque de mesures concrètes pour améliorer la demande. L’Union végétarienne européenne estime, elle aussi, que « le plan reste insuffisant en matière de mesures concrètes pour résoudre le déséquilibre protéique de l’UE ». Elle appelle la Commission européenne et les États membres à aller plus loin en développant des mesures ciblées encourageant à la fois la production et la consommation directe de protéines végétales. Même constat pour les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) qui déplorent le manque de mesures « susceptibles d’apporter un soulagement tangible aux agriculteurs sur le terrain ».