Abonné

Protéines végétales : Bruxelles veut réduire les dépendances

- - 4 min
Culture de pois chiche Crédits : © Réussir SA

Sans renverser la table, le projet plan protéines de la Commission européenne, obtenu par Agra, vise avant tout à inciter les États membres à développer la production dans l’UE et diversifier les sources d’approvisionnement tout en stimulant la demande interne.

La Commission européenne devrait finalement publier le 7 juillet (et non le 1er juillet comme attendu), en même temps que sa stratégie sur l’élevage, un nouveau plan visant à développer « à grande échelle une production durable de protéines végétales dans l’UE ». Selon un projet de texte, elle entend stimuler à la fois l’offre et la demande dans l’alimentation animale et humaine afin de porter la part des protéines de l’UE de 25 % en 2025 à 35 % en 2035. « La diversification ne fonctionnera que si elle est réellement profitable pour les agriculteurs et si nous parvenons à créer une véritable dynamique entre l’offre et la demande », a souligné le commissaire à l’Agriculture Christophe Hansen, le 24 juin à l’occasion d’un événement organisé par la Coalition pour un plan d’action européen pour les aliments d’origine végétale. Et d’ajouter : « Tout le monde y gagne, non seulement les agriculteurs, mais aussi les consommateurs ».

Lire aussi : Protéines végétales : les pistes du commissaire Hansen pour le plan européen attendu en juin

Parmi les mesures envisagées pour « renforcer l’autonomie stratégique » de l’UE, l’exécutif européen souhaite inciter les agriculteurs à cultiver davantage de protéagineux. Cela pourrait se faire notamment via les outils de la Pac comme les soutiens couplés ou les mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC). La Commission entend aussi utiliser les recommandations de la Pac pour encourager les États membres à inclure dans leurs plans de partenariat nationaux (PPNR) des mesures visant à stimuler la production de légumineuses, ainsi que de colza et de tournesol. La proposition de Bruxelles inclut également un nouveau paiement de transition permettant de couvrir les coûts d’investissement et d’adaptation, « perçus comme risqués ». Bruxelles souhaite aussi une meilleure intégration des chaînes de valeur, soulignant que la Pac post-2027 propose notamment de rendre obligatoire la reconnaissance des organisations de producteurs et des organisations interprofessionnelles dans le domaine et exige des États membres qu’ils mettent en œuvre des interventions sectorielles pour les cultures protéiques. Elle souhaite, en outre, optimiser l’alimentation animale et mieux valoriser les coproduits alors que l’innovation est également un élément clé pour la Commission.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre

Diversification et promotion

Pour réduire la dépendance vis-à-vis des importations, Bruxelles entend diversifier ses sources d’approvisionnement en protéines végétales (avec en tête l’adhésion de l’Ukraine pour le soja) mais également diminuer les coûts de production des aliments pour animaux en Europe. En outre, pour améliorer l’utilisation de produits locaux, Bruxelles considère que les États membres doivent faciliter la commercialisation de produits issus d’animaux nourris avec des aliments composés sans OGM grâce à des matières premières produites dans l’UE. Des labels volontaires ou des mentions facultatives pour valoriser l’origine des aliments utilisés pour produire les denrées sont envisagés par la Commission européenne. Par ailleurs, pour faire face au « degré préoccupant de dépendance » de l’UE en ingrédients et d’additifs pour l’alimentation animale, comme les acides aminés importés à 90 % depuis l’Asie de l’Est, Bruxelles ambitionne de développer la production européenne. Cela passera par une étude évaluant l’ampleur des dépendances de l’UE et les possibilités de les atténuer. Elle souhaite également développer certains projets et poursuivre la simplification des règles relatives aux additifs pour l’alimentation animale.

Elle entend, enfin, encourager la consommation de protéines végétales dans l’alimentation humaine. Cela pourrait passer par la mise en place d’un levier fiscal (taux de TVA réduit) pour les produits sains, qui pourraient également inclure les protéines végétales. La Commission envisage également de mettre en avant les légumineuses via la politique de promotion, d’utiliser les marchés publics alimentaires ou les programmes à destination des écoles afin de sensibiliser les enfants.