Dans une étude publiée le 25 juin, PwC analyse une carte des sucreries françaises, dont certaines sont sous-utilisées. Le cabinet, qui plaide pour des rapprochements à l'échelle nationale ou européenne en vue de la fin des quotas, établit ainsi un programme de collaborations possibles à l'échelon local.
PWC (audit, commissariat aux comptes, conseil) a sorti, le 25 juin, une étude sur les « options stratégiques pour les acteurs de la filière en europe », qui analyse plus particulièrement le cas de la filière française. elle sort alors que les résultats de la mission ministérielle sur la sortie des quotas pour le secteur sucrier sont attendus dans les tout prochains jours et que Cristal Union a réaffirmé avec force son refus d'un rapprochement avec Tereos le 12 juin (Agra Alimentation du 18 juin 2015), « en France, les enjeux majeurs semblent être la taille critique des acteurs et la rationalisation et l'optimisation d'un parc industriel relativement disparate et probablement pas toujours utilisé à son plein potentiel », estime ainsi cette étude qui considère que les sucriers français ne sont pas prêts. notons au passage que le cabinet PwC est commissaire aux comptes de Tereos (information soumise à communication publique) et qu'il assure travailler également pour Cristal Union et Saint Louis (Südzucker) sur d'autres métiers.
DES APPROVISIONNEMENTS D'USINES À AMÉLIORER
D'un point de vue industriel, la partie la plus intéressante de l'étude de PwC commente une carte des sucreries françaises, estimant qu'« une réorganisation des flux et des capacités au sein de la filière pourrait améliorer la compétitivité de la filière ». « L'approvisionnement de certaines usines se semble pas optimal du fait d'un recoupement entre leurs rayons », peut-on lire dans le rapport, qui va jusqu'à lister ces usines (voir illustration). Des interactions possibles apparaissent ainsi clairement entre les différents groupes sucriers présents sur le territoire français, au moins à l'échelon local. Reste à savoir comment cette carte serait analysée si l'un ou l'autre des sucriers français ne parvenait pas à augmenter sa production comme il le souhaite après 2017. À l'approche de cette date butoir de fin des quotas laitiers, PwC plaide « pour des partenariats ou des rapprochements à l'échelle nationale ou européenne », parlant même d'« urgence ». Le rapport souligne notamment la faible concentration du secteur sucrier par rapport aux acteurs de l'amont (recherche, intrants) et à ceux de l'aval (négoce, industries utilisatrices, distribution) pour mettre en évidence la nécessité de rapprochements. PwC, qui estime que les prix du sucre évolueront rapidement et durablement autour de 400-450 euros/tonne (sur la base des cours mondiaux actuels) assure que la filière de production devra se « transformer » et « la filière de raffinage européenne est clairement menacée ».
CRISTAL UNION LANTERNE ROUGE DU CLASSEMENT DE PWC
Les auteurs de l'étude analysent les forces et faiblesses des six premiers groupes européens sur la base de critères tels que la taille critique, la compétitivité industrielle, la diversification et l'internationalisation. Tandis qu'ABF (Associated British Foods) et Südzucker sont bien positionnés, le groupe Cristal Union apparaît comme la lanterne rouge de cette évaluation, talonné par nordzucker. entre les deux, le néerlandais Cosun affiche une taille insuffisante mais une forte compétitivité industrielle. Tereos, bien que plus important, n'a pas encore la taille jugée critique par PwC et sa compétitivité industrielle est qualifiée de moyenne. Cette évaluation ne dit rien en revanche sur les résultats et les moyens financiers de ces différents groupes, alors que ces facteurs sont bien évidemment essentiels quand il s'agit de consolider un secteur. « Les structures des groupes sucriers européens sont très saines à la suite des dernières années qui ont vu le cours mondial du sucre bien au-dessus du cours européen. Les groupes ont ainsi engrangé des résultats largement positifs, qui ont contribué à solidifier leurs structures financières », nous a toutefois précisé Yves Pelle, associé chez PwC, spécialiste des coopératives. Ce commentaire suffira-t-il à rassurer Cristal Union, dont Alain Commissaire, le directeur général, voit dans l'endettement de Tereos la « chronique d'une catastrophe annoncée » ? en attendant, Tereos cherche par tous les moyens à communiquer directement avec les adhérents de Cristal Union, notamment par la voie de la presse agricole départementale. Mais cette dernière ne souhaiterait pas prendre parti. Dans l'immédiat ?