Alors que l'Association nationale de la meunerie française (ANMF) s'attend elle aussi à « une hausse inéluctable des prix de revient » dans la filière, Hubert François, président du groupe Nutrixo, estime que les prix du blé en Europe, peu ou prou homogènes jusque-là, vont devenir plus fluctuants et chaotiques. Les marchés vont se déplacer sous l'effet des aléas climatiques actuels, souligne-t-il. Dans l'hypothèse où la volatilité des cours devait s'avérer plus durable, le dirigeant n'exclut pas l'éventualité de mouvements capitalistiques, d'autant que le secteur de la meunerie traverse déjà des difficultés.
Mais au-delà des conséquences économiques de la sécheresse pour les entreprises, Hubert François en appelle à une réflexion plus large de toute la filière céréalière. Les phénomènes climatiques vont s'accentuer, assure-t-il, et la crise que nous traversons aujourd'hui en laisse présager de plus graves dans le futur. Face à un tel phénomène, plusieurs attitudes peuvent être adoptées : certains vont plaider en faveur d'un mécanisme plus libéral, tandis que d'autres prôneront un encadrement et une gestion plus poussée. « La crise doit nous inciter à réfléchir aux instruments de gestion et au modèle que nous souhaitons pour demain», avertit le président de Nutrixo.