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Eau Minérale Quézac… une nouvelle légende pyrénéenne

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Après plusieurs échecs, Nestlé Waters a enfin cédé Quézac au groupe familial Ogeu. Ce dernier qui prévoit d’investir 3 M€ rapidement pour moderniser l’outil a le soutien des syndicats de la société et des élus locaux.

Début janvier, l’eau de Quézac (Lozère) a quitté le giron de Nestlé Waters pour rejoindre les actifs du groupe familial pyrénéen Ogeu, considéré comme le quatrième acteur français de l’eau minérale derrière Nestlé Waters, Danone et Cristalline. Le géant de l’agroalimentaire avait fait part de sa volonté de désengagement et deux plans de reprise successifs (Valls puis Nérios-Mont-Roucous) avaient capoté. Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé, mais Ogeu s’est engagé à investir, rapidement 3 M€ pour moderniser l’outil de production qui a permis de livrer 70 millions de bouteilles en 2016. « Pour nous, c’est un engagement à long terme. Nous avons le savoir-faire en matière de marketing du territoire. Nous savons parler aux consommateurs de proximité. Et nous l’avons prouvé en Bretagne avec la reprise en 2013 auprés de Nestlé Waters de la source de Plancoët. Cette eau minérale régionale ne s’est jamais aussi bien portée avec 8 % de croissance et 50 millions de bouteilles », explique Christophe Labes, directeur de marketing de ce groupe qui exploite une source familiale des Pyrénées depuis 1820 et qui la met en bouteille depuis l’après-guerre. La firme exploite aujourd’hui une collection d’eaux régionales : Plancoët en Bretagne, Chevreuse en Ile-de-France et Sainte Baume (source Beaupré) en Provence.

Ogeu entend capitaliser sur l’image et la notoriété de Quézac. Sur place, les dirigeants pyrénéens ont su trouver les mots pour gagner la confiance des acteurs locaux, des élus de Quézac et d’Ispagnac et surtout des syndicalistes, vent debout contre un plan social. « C’est un soulagement pour le bassin d’emplois. Quézac, c’est une cinquantaine de postes de travail. Nous sommes rassurés après deux années d’incertitude et de vive tension », raconte Flore Thérond, maire de Quézac qui attend beaucoup de cette reprise dans la sérénité.

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Commercialement, les nouveaux dirigeants de Quézac réfutent le risque de cannibalisation du potentiel d’Ogeu. Ils estiment les deux produits complémentaires pour alimenter le marché français et international. Car en novembre dernier, Ogeu le premier groupe français des eaux régionales (300 millions de bouteilles, 50 M€ de CA en 2015) présidé par Jean-Hervé Chassaigne a créé Aqualink, en partenariat avec CMA-CGM, le géant du transport maritime. Il s’agit de s’implanter et de développer l’exportation d’eaux minérales françaises qui bénéficient d’une excellente image à l’étranger. Les nouveaux acteurs visent ouvertement le marché asiatique sans fournir d’objectifs chiffrés. Le groupe familial Ogeu emploie 150 personnes et vise 80 M€ de chiffre d’affaires en 2017 en intégrant Quézac.