Il y a peu, Georges Plassat, président du groupe Carrefour, déclarait que la « récréation était terminée dans la guerre des prix avec Leclerc ». Ce à quoi, Michel-Edouard Leclerc lui répond cette semaine sur son blog : « Carrefour, fais moi peur ». Effectivement avec de tels échanges on est bien dans une cour d’école maternelle et l’on ne peut que s’en attrister. La lettre adressée par leur confrère Serge Papin à trois ministres cette semaine est plus à la hauteur des enjeux. Il constate que « la guerre des prix et la faible croissance économique mettent actuellement en difficulté certaines filières agricoles françaises ainsi que de nombreuses PME de l'agroalimentaire ». Sur cette triste réalité, il ne peut guère que susciter un consensus général. Les propositions qu’il fait rencontreront sans doute une moins large adhésion, mais ont le mérite de ramener le débat vers plus de sérieux. La fin des négociations commerciales, sur lesquelles personne ne veut communiquer, hormis pour déplorer qu’elles ont encore été plus dures et meurtrières que les années précédentes, est là pour rappeler que la gravité de la situation est loin d’être prise en compte de manière responsable. Peu de voix ont saisi l’opportunité de la crise dite de la viande de cheval pour tenter de faire passer le message aux consommateurs que les temps de la nourriture à bas prix étaient révolus. A moins d’accepter de se nourrir quasiment avec des déchets, il leur faudra bien accepter de payer un juste prix. Certes le budget alimentaire est jugé de plus en plus lourd, mais certaines dépenses qu’on peut qualifier de confort, pourraient tout aussi bien être reportées. Plutôt que de se faire une guerre publicitaire sur leurs promotions, les enseignes pourraient éduquer leurs clients. Pour leur satisfaction, mais également assurer la pérennité de ceux qui les nourrissent. Il ne faut pas gaspiller une crise, mais en tirer profit pour de nouveaux comportements.