Dans un communiqué du 27 avril, la Fnab (producteurs biologiques) appelle le ministère de l’Agriculture à réaffecter les reliquats de l’aide à la conversion biologique (CAB) aux fermes déjà engagées en bio. Elle affirme que « l’année 2025 voit s’établir un nouveau record d’argent non dépensé à 150 millions d’euros (M€) par an ». Le reliquat total pour l’ensemble de la programmation Pac 2023-2027 s’élèverait à « 1 milliard d’euros ».
« Dans les prochains jours, l’État va décider d’une première réallocation des reliquats avant de la négocier avec les régions, et il reste de la marge de manœuvre pour prioriser la bio », affirme la Fnab. Concrètement, elle demande la réaffectation des aides par un « dézonage » des MAEC Systèmes herbagers, Réduction des pesticides et Gestion de la fertilisation, afin que toutes les fermes bio de France puissent en profiter si elles répondent aux critères. Elle demande aussi la réaffectation des reliquats vers des aides à l’investissement pour les projets bio.
Pour rappel, la Fnab regrette « une aide à la conversion cinq fois plus dotée que l’aide au maintien » (à travers l’éco-régime bio), alors que le nombre de fermes bio a enregistré un recul historique en 2025, et ce après deux années de recul des surfaces en bio. « Le gouvernement pèche par excès d’arrogance. Ce sont les fermes bio qui en font les frais et qui arrêtent la bio, il faut arrêter l’hémorragie », déclare le co-président Loïc Madeline, cité dans le communiqué.
Au congrès de la FNSEA le 2 avril, la ministre de l’Agriculture voulait que la « majorité » du budget aille aux aides à l’investissement, et le reste aux zones intermédiaires et à la bio. Les régions demandaient 50 % des fonds pour les aides à l’investissement, tandis que Bercy voulait flécher les reliquats vers l’assurance récolte.
LM