La planète financière risque à nouveau d’imploser et les pires famines de se déclarer sans qu’on n’en parle guère. Est-ce un remake de 2008 ? Tout devrait avoir changé pourtant, la « régulation » a été maintes fois brandie contre la « volatilité » depuis la double crise financière et des matières premières d’alors. En trois ans, n’a-t-on pas parlé de mettre au pas les banques et les fonds spéculatifs, le G20 n’a-t-il pas son volet agricole désormais ? Mais pas plus que les Etats n’ont su s’imposer aux agences de notation, ils n’ont pas plus daigné faire toute la transparence sur leurs récoltes et leurs stocks de sécurité (s’ils existent !) ni obligé les opérateurs des marchés dérivés à se démasquer. L’Europe, qui ne sait  comment traiter l’euro – aujourd’hui trop fort pour la santé de la plupart de ses Etats-membres – et encore moins empêcher un effet domino de la crise grecque, est-elle mûre dans ce contexte pour redonner du sens et des moyens à une PAC qu’il faudrait non défaire mais adapter aux énormes besoins du monde de demain ? Dans les filières animales surtout on a de quoi en douter. Mais de peur d’avoir l’air de demander des recettes du passé (celles pourtant que l’on prône pour l’Afrique !) on se contente d’attendre le « mieux » que promet la dernière LMA avec ses maître-mots de contrats et de dialogue inter-filière. Cette loi permet même (malgré la LME) de renégocier les prix annuels convenus en cas de flambée des coûts. Ouf ! l’Autorité de la concurrence n’a pas invalidé l’accord du 3 mai passé entre l’amont et l’aval pour la viande et la volaille. De là à voir de nouveaux tarifs à la rentrée, c’est une autre histoire…