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edito Résistances

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Alors que les bruits de bottes se font déjà entendre, l'économie mondiale s'enfonce dans la morosité. Longtemps cités en modèles, les Etats-Unis et l'Allemagne font désormais figure de mauvais élèves de la classe et n'inspirent plus confiance. Dans l'Hexagone, la Bourse n'est guère reluisante. La valorisation de l'euro face au dollar fait craindre le pire pour les exportations. Cerise (amère) sur le gâteau, les plans sociaux se multiplient tous azimuts. La filière agroalimentaire risque de ne pas être épargnée par le mouvement au vu des restructurations qui se profilent, ne serait-ce que dans la volaille.

Confrontés aux incertitudes, les industriels font le gros dos, et retardent leurs investissements. Il est pourtant un signe encore réconfortant : les Français continuent de consommer comme si de rien était. S'ils avaient donné quelques signes d'inquiétude lors de la première guerre du Golfe, en stockant des denrées de base, cette fois il n'en est rien. Ils ont pris leur parti de la complexité du monde, constate Jean-Pierre Loisel, du Crédoc, et se montrent plus résistants aux mauvaises nouvelles venues d'ailleurs. Mais attention : une petite fêlure est apparue au mois de janvier dans leur moral. Si ce petit malaise devait se confirmer et s'étendre à la perception positive qu'ils se font de leur propre existence, alors ils pourraient retourner à leur bas de laine.