L’agroalimentaire valeur refuge? A défaut de promettre des taux de croissance mirobolants, ce secteur a été communément jugé à l’abri des brusques trous d’air. Même sans rentabilité fabuleuse, il a permis à nombre d’entrepreneurs de bien se vendre au fil des rachats de PME par des groupes en cours de constitution lors des dernières décennies. Tout cela est-il caduc? Bien sûr, nos sociétés sont rassasiées voire en repli démographique, le désir de consommer porte sur d’autres biens, l’oligopole du grand commerce ampute les marges de l’industrie et sait trouver toujours moins cher au bout du monde. Ironie du sort, des menaces sanitaires sèment la pa-nique d’une filière à une autre sans laisser grand répit depuis quelque temps. Pourtant, des créateurs se lancent avec de nouvelles idées pour séduire notre appétit, des repreneurs cherchent des cibles à leur goût dans ce secteur et les fonds d’investissement ratissent de plus en plus le territoire à l’affût de pépites dont ils pensent tirer demain des plus-values. Sans doute parce que, même en devenant un métier à risque, l’agroalimentaire garde tous ses attraits, à la fois comme immense champ de manœuvre pour les groupes et comme repaire d’opportunités pour la moindre des PME. Désormais il y faut non plus de la patience, mais du flair, de la chance et, de plus en plus, des reins solides. D’où l’intérêt d’une bonne symbiose entre les entreprises et des financiers qui sachent comprendre leurs risques pour les partager. Comme les six précédents, le prochain AgroFinance voudrait y contribuer: le 6 mars, nos lecteurs pourront s’y retrouver.
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