Michel Léonard va donc prendre en main les destinées du groupe volailler Doux. Le défi qui s’ouvre devant lui est immense. L’entreprise dispose d’atouts non négligeables mais elle souffre également de faiblesses clairement identifiées, liées pour beaucoup à l’inadaptation de l’ensemble de la filière au nouvel ordre mondial. Cette déconfiture d’un des acteurs majeurs de la branche se doit d’être l’occasion pour tous les acteurs politiques, économiques et syndicaux de prendre les décisions qui s’imposent. Au cours des dix dernières années, le secteur de la volaille n’a cessé de connaître des désastres industriels, le plus retentissant ayant été la faillite du groupe Bourgoin. Aucun enseignement n’en n’a réellement été tiré. Le nouveau Président de la République a placé parmi ses priorités la relance des industries du pays, y consacrant un ministère à part entière. Le dossier Doux a mobilisé un nombre impressionnant de ministres du nouveau gouvernement, tant en raison de leurs responsabilités, comme Stéphane Le Foll pour l’agriculture et l’agroalimentaire, mais également Jean-Yves Le Drian ou Marylise Lebranchu, davantage en raison de leurs responsabilités régionales. C’est désormais vers eux que se tourne l’attention pour sortir l’ensemble de la filière de cette crise qui s’éternise et nécessite des décisions qui ne seront pas toutes indolores. Mais il est parfois préférable de se couper le petit doigt que de perdre un bras. L’ironie du sort veut que ce soit un gouvernement de gauche qui devra le faire, de surcroît dans une région qui lui est largement acquise. Mais l’enjeu n’est pas de défendre sa crédibilité mais bien l’avenir à long terme de toute une filière. D’autres en auront également besoin.
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