Recul en grandes surfaces et à l’export, léger mieux en cafés et restaurants : les ventes de spiritueux restent à la peine. Les TPE-PME, qui composent l’essentiel du secteur, sont en première ligne.
Les spiritueux ne parviennent pas à enrayer leur chute. L’an dernier dans les GMS, les ventes ont à nouveau baissé, de 2 % en volume et 1,6 % en valeur, avec une même tendance sur les cinq premiers mois de 2026, a indiqué le 2 juillet la FFS (profession), citant Nielsen. Elles ont bien tenu en café, hôtellerie, restauration (CHR), affichant + 1,1 % en volume et + 1,8 % en valeur. Ce débouché représente toutefois quelque 21 M de litres, contre 240 M en grandes surfaces. Pour la filière, le plus gros choc vient de l’international. Les exportations ont chuté en 2025 de 17,4 % en valeur (à 3,7 Md€), de 5,2 % en volume. Une baisse liée aux tensions commerciales avec les Etats-Unis et la Chine, les deux premières destinations des spiritueux français. La tendance reste la même en 2026, avec une perte de 13,3 % en valeur sur les quatre premiers mois de l’année.
Dans le même temps, le marché se recompose. Les alcools traditionnels continuent à perdre des consommateurs. En CHR, le whisky et le rhum plongent ainsi respectivement de 4,7 % et 4,3 %. Ils concentrent 86 % du recul des spiritueux. D’autres produits sont moins touchés, comme les alcools blancs, certaines liqueurs, des versions sans alcool, ou aromatisées. Après une année 2024 atone, les spritz – désignant les boissons associant une base fermentée et un pétillant – redécollent, selon la FFS.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Les entreprises mises en difficulté
Dans ce contexte, la situation des entreprises, essentiellement des TPE-PME (95 % du secteur), se tend. Elles sont exposées à l’alourdissement des coûts de production (énergie, matières premières, emballages, salaires, transport) et peinent à les répercuter auprès des distributeurs. Au premier semestre 2026, 65 % des entreprises ont vu leurs marges se contracter, 57 % ont noté une baisse de leur chiffre d’affaires et 69 % de leur trésorerie, selon la FFS. L’accès au crédit bancaire pour les besoins en trésorerie devient plus difficile pour un tiers des sondées et le coût des assurances progresse pour 54 % d’entre elles.
Aux pouvoirs publics, la fédération réclame « un cadre stable pour pouvoir sortir de l’ornière ». « Nos axes de développement sont aujourd’hui extrêmement contraints », a dit à l’AFP Thomas Gauthier, directeur général de la FFS. « Nous appelons les pouvoirs publics à arbitrer en faveur de notre secteur et à reconnaître sa singularité et sa valeur ajoutée pour la France dans les territoires et au niveau international », argumente-t-il. Le secteur demande la fin des doubles régulations France/UE (emballages, étiquetage…) et une stabilité fiscale au moment où se profile le nouveau débat budgétaire.