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Substituts végétaux : une niche qui continue de progresser

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Les ventes de substituts végétaux à la viande, au lait et aux produits laitiers ont été dynamiques en France en 2025. Mais le marché est confronté à une hausse des MDD et reste très limité en volume en comparaison de celui des protéines animales. Certains opérateurs rencontrent des difficultés.

Les ventes au détail en France de produits alimentaires végétaux alternatifs aux protéines animales ont connu une hausse généralisée en 2025 par rapport à 2024, selon les données communiquées le 9 juin par l’ONG Good Food Institute (GFI) Europe qui s’est basée sur les chiffres de Circana. « En 2025, les ventes dans cinq catégories d’alternatives végétales – viande, lait et boissons, fromage, yaourt et crème – ont atteint une valeur totale de 572 millions d’euros, soit une hausse de 11 % par rapport à 2024 », est-il écrit dans son rapport. La hausse était de 8,8 % en 2023. Les laits et boissons végétales sont en forte progression, avec + 14,8 % en volume et + 13,4 % en valeur, comme les yaourts végétaux qui poursuivent leur croissance (+ 6,6 % en valeur), tandis que les fromages végétaux progressent de 5,4 % en valeur. La palme revient à la « viande végétale » qui a progressé de 16,8 % en volume et de 13,5 % en valeur en 2025.

À l’image des autres produits alimentaires, le poids des marques de distributeurs se renforce. Notamment dans la viande végétale où les MDD représentent 22 % des ventes en volume en 2025, contre 18 % en 2024. Une hausse qui s’explique par des prix inférieurs de 31 % par rapport aux marques nationales en 2025. L’ONG constate toutefois que les alternatives végétales représentent encore une faible part dans les ventes globales de protéines. « Les options végétales représentaient 5,5 % de l’ensemble des laits et boissons lactées vendus par les distributeurs français en 2025, tandis que la viande végétale ne représentait que 2,1 % des ventes de viande préemballée réfrigérée. »

Liquidation après 100 M€ levés

Ces ventes dynamiques, une situation propre à l’Europe alors qu’aux États-Unis les ventes reculent, pourront se maintenir seulement si les entreprises continuent à « investir dans la qualité des produits, leur accessibilité et l’innovation, tout en renforçant la collaboration entre fabricants, investisseurs et décideurs publics afin de soutenir le développement d’une filière nationale compétitive », selon Hélène Grosshans, responsable des investissements en infrastructures chez GFI Europe.

Car tous les opérateurs du végétal ne sont pas en grande forme. Swap Food (ex-Umiami), start-up spécialisée dans les substituts végétaux de viande, a ainsi été placée en liquidation judiciaire par la chambre commerciale du tribunal de Paris, a annoncé le 11 juin son p.-d.g. Hervé Salomon. Soixante-six salariés, dont 48 basés dans l’ancienne usine Knorr de Duppigheim (Bas-Rhin) fermée en 2021, vont perdre leur emploi, a-t-il déclaré.

Swap était pourtant parvenu à lever plus de 100 millions d’euros, les deux-tiers en capital, et un tiers sous forme de dette. Après avoir doublé le chiffre d’affaires à 2 millions en 2025 et réduit de moitié les coûts fixes entre 2024 et 2026, Hervé Salomon espérait trouver un partenaire industriel en Europe ou en Amérique du Nord, afin d’accélérer la croissance des volumes. Mais une offre attendue a été retirée la semaine dernière, acculant l’entreprise à la liquidation, a-t-il dit.

L’entreprise, créée il y a six ans, misait sur une technologie développée en interne permettant de fabriquer, à partir notamment de protéines de soja et de levures, des substituts à la viande imitant les fibres de la chair de poulet. Même si « la tendance est à la croissance pour l’alimentation végétale, le rythme de cette croissance est plus lent que prévu » il y a encore quelques années, remarque Hervé Salomon.

CB

Même si « la tendance est à la croissance pour l’alimentation végétale, le rythme de cette croissance est plus lent que prévu »