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Australie/Acquisitions Surenchères en série pour Warrnambool

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La bataille pour le contrôle de Warrnambool Cheese & Butter est une succession de rebondissements pour le plus grand bonheur des actionnaires qui ont vu l’action de WCB quasiment doubler depuis l’offre de rachat lancée le 12 septembre par Bega Cheese, quand celle-ci valait 4,51 dollars australiens (AUD). La dernière offre en date, du 15 novembre, émane du groupe canadien Saputo, deuxième acteur entré en lice le 7 octobre qui propose désormais 9 AUD, soit le même montant que celui offert la veille par la coopérative Murray Goulburn qui s’était portée acquéreur le 18 octobre, mais au prix de 7,50 AUD. On est donc loin de l’offre initiale de Bega qui proposait 6,20 AUD par action.
 
Saputo marque des points
Le conseil d’administration de Warrnambool a renouvelé sa décision de soutenir l’offre de Saputo. Le fromager canadien, outre ce soutien, a obtenu le feu vert des autorités australiennes de contrôle des investissements étrangers (Foreign Investment Review Board). De plus, la nouvelle offre de Saputo n’est plus liée à la condition d’obtenir 50,1% du capital, ce qui indique que son objectif prioritaire est bien de se doter d’une base en Australie pour aller à la conquête du marché chinois. Un revirement qui également est le signe d’un certain réalisme. En effet ses principaux compétiteurs sont déjà actionnaires de leur proie, à 17% pour Bega et 18% pour Murray Goulburn. Sans oublier le groupe australien Lion, filiale de la holding japonaise Kirin qui s’est invitée dans cette bataille et a raflé une participation de 9,99% de WCB qui est l’un des fournisseurs de fromages à sa marque. Lion entendait ainsi sécuriser ses approvisionnements. Saputo bénéficie également d’un atout de taille : Murray Goulburn devrait obtenir l’aval des autorités australiennes de la concurrence, ce qui est loin d’être acquis. Une prise de contrôle de WCB, mettrait le nouvel ensemble en position de quasi monopole dans certains États australiens et de large domination sur l’ensemble du territoire. Pour ces motifs une première tentative avait été refusée par l’Australian Competition Tribunal. L’affaire est donc loin d’être terminée. Il ne faut pas non plus oublier la coopérative néo-zélandaise Fonterra qui surveille l’affaire de très près et a acquis 6% du capital de Bega, afin de ne pas être hors jeu dans cette vaste opération de consolidation du secteur laitier australien.