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RÉSULTATS/ DISTRIBUTION Système U peu optimiste pour 2014

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L'Union de commerçants indépendants Système U annonce pour 2013 des ventes en hausse de 3,5%, portées par la progression de l'alimentaire et les nouvelles ouvertures de magasins, mais se montre « modeste » et prudent pour 2014 dans un contexte de baisse des prix.

EN 2013, Système U a réalisé un chiffre d'affaires de 18,45 milliards d'euros TTC hors carburants, porté par l'alimentaire (+4,5%) et l'ouverture de 55 nouveaux magasins. Les ventes avec les carburants atteignent 23,65 milliards en hausse de 1,9%. A surface comparable, sa croissance est ressortie à 2% en 2013 et devrait atteindre seulement 1,5% en 2014. La croissance de Système U a été principalement nourrie par le recrutement de nouveaux clients, le panier moyen ayant, lui, reculé l'an dernier, a déclaré son président, Serge Papin. Le distributeur atteint sur l'année les 10,3% de part de marché, soit une hausse de 0,4 point par rapport à 2012, conformément aux objectifs qu'il s'était fixé. Pour 2014, le distributeur prévoit de réaliser des ventes de 18,9 milliards d'euros, soit une hausse un peu moindre que cette année, de +2,5% (+1,5% à magasins constants).

HALTE À LA GUERRE DES PRIX

Pour expliquer ce pessimisme, Serge Papin explique que « la consommation va être plus difficile, alors qu'on est depuis environ 5 mois, passé en déflation sur les PGC », en raison de la guerre des prix entre distributeurs qui fait rage et va continuer. Il déplore que cette guerre des « prix génère une désinflation qui entraine une perte de valeur, une destruction d¹emplois et de production » et indique que Système U est contraint de suivre le mouvement à la baisse « initié par les leaders de la distribution » pour « rester compétitif ». Prenant l'exemple du lait, il remarque que « nous avons été les seuls a répercuter l'augmentation du prix du lait en juin 2013, ce qui a entraîné une perte de parts de marché qui nous a contraint à un rétropédalage ». « Si les pouvoirs publics laissent faire, on assistera à la destruction de l'appareil agricole et agroalimentaire français », prévient Serge Papin. Il demande « d'amener un peu de régulation », notamment en amendant la loi de modernisation économique pour qu'elle soit plus favorable aux PME. Selon lui, les grosses entreprises, aux produits fortement promotionnés, imposent leurs conditions et leurs prix aux distributeurs. Ces derniers se livrent une guerre des prix sur ces produits, sur lesquels ils font peu de marge. Pour compenser, « il faut aller chercher des marges, sans doutes trop importantes, sur des produits qui sont moins sous les feux de la rampe, comme les produits des PME ou les produits de métiers issus de l¹agriculture, de l'élevage », révèle le p.-d.g.