MULTISPÉCIALISTE/RÉSULTATS > Le groupe suisse a annoncé ses résultats 2014 et prévisions pour l'année en cours. Compte tenu des conditions de marchés difficiles, le groupe vise une croissance organique autour de 5 %, un niveau inférieur à son objectif habituel compris entre 5 et 6 %.
En 2014, le géant suisse de l'alimentation Nestlé a enregistré une hausse de 44 % de son bénéfice net à 14,5 milliards de francs suisses (13,4 milliards d'euros). Ce bond en avant s'entend après prise en compte d'une plus-value exceptionnelle liée à la cession d'une partie de sa participation dans L'Oréal, mais aussi à un gain sur la réévaluation de sa participation dans le laboratoire Galderma, dont il a repris la totalité du capital. Au niveau opérationnel, sa marge courante s'inscrit à 15,3 %, en hausse de 10 points de base (+30pdb à taux de change constants) pour un chiffre d'affaires de 91,6 milliards de francs suisses (85,2 Mrd€), en baisse de 0,6 % (+4,5 % de croissance organique), plombés par les effets de change qui ont pesé pour 5,5 %. Comme son concurrent anglo-néerlandais Unilever, Nestlé a vu sa croissance ralentir dans les pays émergents. Sa croissance organique sur ces marchés ressort à seulement 8,9% à 40,2 milliards de francs suisses, après une progression de 9,3 % l'année précédente. Le ralentissement a été principalement marqué en Chine où le groupe explique avoir dû adapter son portefeuille « afin de renouer avec la rapide évolution des attentes du consommateur chinois ».
PRESSION DÉFLATIONNISTE EN EUROPE
En Europe, Nestlé a évoqué un climat de consommation « fragile », précisant que la pression déflationniste avait été « de plus en plus forte » durant l'année. Sa croissance organique s'est toutefois accélérée, affichant une progression de 1,5%, notamment grâce au lancement de nouveaux produits qui lui ont permis de tirer son épingle de jeu. Parmi les moteurs de la croissance figurent Nescafé Gold, Buitoni Fieta dans les pizzas surgelées ou les nouilles en portion Maggi dans les produits culinaires. En France, le groupe est toujours en train d'examiner les options possibles pour les surgelés Davigel, pour lequel il est à la recherche d'un « partenaire ». « Un acquéreur, c'est une possibilité », a expliqué à l'AFP Paul Bulcke, le directeur général du groupe suisse, en marge de la conférence de presse, tout en précisant que le groupe pourrait également rester dans la société avec une participation minoritaire.
Pour 2015, Nestlé vise une croissance organique autour de 5 %, soit un niveau moindre que ces dernières années, puisque la barre se situe habituellement entre 5 et 6 %, selon ce que le groupe appelle lui-même « le modèle Nestlé ». Un modèle qu'il n'a d'ailleurs pas atteint en 2014 déjà. « 5% est le meilleur reflet de la réalité », a déclaré Paul Bulcke, lors d'une conférence de presse, pointant les conditions difficiles dans lesquelles évolue le secteur. Les dirigeants tablent également pour cette année sur « une amélioration des marges, du bénéfice récurrent par action à taux de change constant et de la rentabilité du capital ».
Pour 2014, le conseil d'administration proposera aux actionnaires à l'assemblée du 16 avril un dividende de 2,20 francs suisses par action, contre 2,15 francs l'année précédente. PDf