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Le groupe britannique spécialisé dans les ingrédients alimentaires estime avoir réalisé « un exercice robuste » au cours des 12 mois allant au 31 mars 2013, « malgré un début d’année où il a affronté des vents contraires », selon les termes de Javed Ahmed, son p.-d.g. Le chiffre d’affaires a progressé de 5% (6% à taux de change constant) pour atteindre 3 258 millions £ (3 809 milions €). La division des ingrédients de spécialité (FSI) a connu la plus forte progression avec 7% (8% hors change) pour atteindre 917 millions, les ingrédients bruts (Bulk Ingredients) progressant de 5% (6% hors change) à 2 309 millions. Cette activité a été largement portée par la sécheresse aux États-Unis qui a fait s’envoler les prix du maïs, à l’inverse des cours mondiaux du sucre, en baisse avec une bonne récolte brésilienne ou mexicaine qui ont concurrencé les édulcorants. La demande pour les amidons est, de son côté, en baisse en raison de celle des industries du papier et carton aux Etats Unis et en Europe. Le résultat opérationnel ressort à 358 millions £, progressant de seulement 3% (4% à change constant). Le groupe mise cependant pour l’avenir sur ses nouveaux produits comme le Tasteva pour la stevia ou Soda-Lo, un produit pour limiter la teneur en sel. Ces nouveaux produits doivent profiter de la demande croissante des consommateurs et des gouvernements pour des aliments permettant de réduire l’obésité ou les risques de maladies comme le diabète.
Une plateforme pour préparer l’avenir
L’exercice a été marqué, selon le rapport annuel, par l’ouverture en 2012 du Centre d’innovation de Chicago, qui représente un investissement global de 33 millions £, dont 7 millions pour le seul exercice 2012/13. Il ambitionne de mettre au point de nouveaux produits en partenariat avec des universités et instituts de recherche. Parallèlement, le groupe a lancé le 1er janvier 2013 un fonds d’investissement s’appuyant sur les fonds existants et doté de 30 millions £ sur huit ans pour investir dans des start-ups, tant dans les pays développés que les pays émergents dans les domaines sciences et nouvelles technologies alimentaires. Le groupe mise beaucoup sur ces derniers pays, comme le prouve l’ouverture en décembre 2012 d’un nouveau centre à Shanghai, faisant suite à ceux ouvert l’année précédente à Mexico et Sao Paulo. Ils serviront à mieux couvrir tant géographiquement que par la gamme des produits offerts les marchés d’Asie et d’Amérique latine. Un point négatif, cependant dans le bilan de l’année écoulée : le nouveau centre informatique (IT) de Lodz en Pologne, devant centraliser toutes les transactions financières pour l’Europe et les États-Unis va largement dépasser le budget prévu. Il devrait représenter un investissement de 120 à 135 millions, soit un surcoût de 45 à 60 millions. Tate&Lyle a consacré 783 millions pour son système informatique pour le seul dernier exercice. Il espère toutefois amortir le coût global sur 3 ans par les gains qu’il devrait générer.