Le raid de Lactalis sur Parmalat conserve les formes d’une OPA hostile même si, à l’occasion du sommet franco-italien, Silvio Berlusconi n’a plus voulu le qualifier ainsi. Capitulation ? ou ralliement plutôt à la raison « sonnante et trébuchante » des 5 milliards d’euros que le Français va dépenser pour s’offrir un groupe pesant 4,3 Mds  de chiffre d’affaires et qui totalise moins d’un milliard sur le marché italien des produits laitiers. L’héritier de la famille Besnier, demeuré plus que discret et que l’on ne voit guère côtoyer les hommes politiques, a quand même créé la surprise en tirant aussi bien parti d’une rencontre entre Nicolas Sarkozy et le chef du gouvernement italien sur l’assouplissement de Schengen et l’accession du gouverneur de la Banque d’Italie à la tête de la BCE. La veille du lancement de l’OPA, les résistances étaient pourtant très fortes de l’autre côté des Alpes. Mais Lactalis nous a habitués à ses attaques musclées… Il lui reste à se présenter maintenant sous un jour plus amène et à «apporter des garanties et des assurances sur l’emploi et l’activité en Italie», comme le lui a suggéré Bruno Le Maire. En tout cas, il pourra savourer sa revanche après deux cruels échecs. Ne se disait-il pas prêt à acquérir Yoplait, lançant même une offre sur la totalité de la société, alors que seuls 50% étaient à vendre, et avec un prix à peine à la hauteur ? Ne faisait-il pas le forcing un an plus tôt pour s’emparer d’Entremont mais sans se soucier de mettre ni le gouvernement ni les producteurs de lait de son côté ?