Plus que jamais, Tipiak (1) mise sur sa marque. La notoriété de cette dernière dépasse largement ses 100 millions d'euros de chiffre d'affaires, grâce à la saga publicitaire des Bigoudens qui a fêté ses 20 ans. Mais quelles gammes de produits nouveaux la marque Tipiak pourrait-elle signer ?
C'EST une constante dans les résultats de Tipiak année après année. La marque continue de progresser fortement, et pèse de plus en plus dans les activités du groupe. Sa part dans le chiffre d'affaires a progressé de deux points entre 2012 et 2013 et de cinq points depuis 2009, passant à 50 % du total (CA 2013 : 175 millions d'euros). Cette forte progression a été en partie portée par des investissements publicitaires en hausse. La marque Tipiak a tiré la croissance de l'entreprise vers le haut puisqu'elle progresse de 6,6 % contre 1,9 % de hausse globale des ventes. Elle est particulièrement dynamique sur l'épicerie (+ 7,5 %) et la panification (+ 12,4 %) (le sec a progressé de 4,4 % au total en 2013). La situation est plus compliquée sur les produits surgelés (62 % du chiffre d'affaires, +0,5 % au global et + 3 % pour la marque Tipiak en 2013), dont le marché a été fortement ébranlé par la crise de la viande de cheval, du fait notamment du recul de la fréquentation dans la distribution spécialisée et les rayons surgelés. Moins rentable que la branche épicerie, le surgelé le reste donc. « En épicerie et panification, la marque Tipiak bénéficie de ses positions historiques, qui explique par exemple son excellent taux de pénétration. Le froid est très concurrentiel et encore en construction », a justifié Hubert Grouès, p.-d.g. de l'entreprise nantaise.
PAS BESOIN D'UNE AUTRE MARQUE
La marque est au cœur de la stratégie de l'entreprise, toujours à l'affût de croissance externe. « L'entreprise a les moyens de la croissance externe avec un désendettement très significatif. Mais ce serait dommage de ralentir la croissance interne à cause d'une acquisition. Nous devons faire le plein sur la marque Tipiak, plaide Hubert Grouès. 100 millions d'euros (de chiffre d'affaires pour la marque, ndlr), ce n'est pas beaucoup pour une grande marque alimentaire. Le tout, c'est de trouver des produits compatibles sur des catégories où nous ne sommes pas présents. » Sur cette stratégie de croissance externe, le dirigeant nous confiait l'an passé : « Il peut s'agir par exemple du cœur de repas, où nous commençons tout juste à nous développer, alors que nous sommes très présents sur l'apéritif et le dessert. Ces catégories doivent rentrer dans le champ de l'art culinaire à la française et permettre une valorisation par le haut. »
RENTABILITÉ OPÉRATIONNELLE EN RETRAIT
Pour rappel, Tipiak se félicite d'une hausse de 11 % de son résultat net 2013, à 4 millions d'euros du fait d'une forte réduction des charges financières et de la baisse de la charge d'impôt. Mais le résultat opérationnel, à 7,7 millions d'euros, recule de 3,8 %. Le recul du résultat opérationnel s'explique essentiellement par la forte hausse des dépenses de publicité TV ainsi que par la hausse des dotations aux provisions d'exploitation. La marge opérationnelle retombe au niveau de 2011, à 4,4 %, pour un objectif moyen terme d'au moins 5,7 %. L'entreprise, qui compte sept sites industriels, emploie 1200 personnes (2).
(1) Cotée, la société est contrôlée par les familles Billard et Groult (35 % chacune).
(2) Equivalent temps plein y compris intérimaires en 2013.