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Trackengo développe un ramassage assisté des bottes

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Tout juste diplômé de l’Ecole supérieure d’agriculture d’Angers, en 2018, Florian Lafoux vole déjà de ses propres ailes. Il est hébergé depuis quelques mois au Village by CA les Champs du possible (Chateaudun), où il développe un service numérique d’assistance au ramassage de bottes. L’idée de Trackengo est relativement simple : aider les agriculteurs à trouver le chemin le plus court quand ils ramassent leurs bottes (foin paille, enrubanné…), pour économiser du temps et de l’argent. Autrement dit : créer un TomTom pour les chantiers de ramassage de bottes.

La mise en œuvre se déroule en trois étapes : géolocaliser, calculer le meilleur chemin de ramassage et guider l’agriculteur. Pour la géolocalisation des bottes, Trackengo a recours à des compteurs connectés déjà sur le marché, et les applique sur les portes de sortie des presses, qui détectent chaque ouverture.

La partie de calcul du meilleur chemin de ramassage (voir ci-dessous) est déjà concrétisée par Trackengo, à qui il reste à développer le module de guidage en champs. L’objectif de Florian Lafoux est d’aboutir à un prototype d’application mobile d’ici l’été prochain et le début des chantiers. Pour financer ces travaux, il projette une levée de fonds auprès de business angels d’ici la fin de l’année – début 2020.
Le marché ciblé est celui des éleveurs de ruminants, qui font eux-mêmes leurs pailles et leurs foins, ou les ETA, Cuma exerçant cette activité ; soit environ 50 000 utilisateurs potentiels, et 20 millions de bottes, estime Florian Lafoux. Sur ses premiers calculs, Trackengo estime pouvoir faire gagner le temps suivant à une ferme de 100 vaches allaitantes : 20 heures de chantier par an, soit une économie de 2000 euros en gazole, entretien, main d’œuvre…

Si le marché est au rendez-vous, le challenge sera de courir plus vite que les constructeurs d’objets connectés ou de botteleuses. D’ailleurs, l’avenir de Trackengo pourrait tout autant être B to C que B to B. Aujourd’hui, Florian Lafoux part sur un business model orienté vers l’utilisateur final, avec un abonnement mensuel, qui comprendrait la location du boitier et l’accès à la plateforme, auquel s’ajouterait une tarification « au chantier ».

Mais « si je reste tout seul, il est peu probable que je trouve de la viabilité », constate d’ores et déjà Florian Lafoux, qui se dit « ouvert à toutes les propositions ». Lui-même envisage déjà de travailler au-delà du ramassage de la botte. Il veut travailler sur l’optimisation du stockage, ou du commerce de paille : «Cela fait deux ans que je travaille sur le sujet, je commence à en avoir une bonne connaissance ».