Trois ministres se voient remettre, ce jeudi 29 mai, les propositions des groupes de travail visant à établir les orientations stratégiques de la filière agroalimentaire qualifiée par les pouvoirs publics de prioritaire. Selon les premières indications qui ont filtré, la qualité des propositions qui seront davantage détaillées le mois prochain témoigne de l’implication qu’ont eue les divers intervenants sur tout le territoire national pour parvenir à moderniser et renforcer cette filière. Ce qui mettra sans doute un peu de baume au cœur de ces trois ministres qui ont eu à suivre au plus près deux affaires qui ne donnent guère une image flatteuse des industries du secteur. Il s’agit bien évidemment des dossiers Doux et Spanghero. Les deux sociétés ont connu de graves difficultés pour des raisons sans doute différentes, mais elles présentent tout de même des similitudes qui tiennent à l’opacité dans laquelle elles ont longtemps baignée, avec chacune des hommes qui ont œuvré dans l’ombre, sans que l’on sache leur rôle réel dans la conduite des opérations. Les dirigeants du volailler ont déposé le bilan à la grande surprise des ministères qui tentaient de trouver une autre issue. De même, la maison mère du groupe de Castelnaudary n’avait pas connaissance de tout ce qui se passait dans sa filiale. Les projets de relance de ces deux affaires soufrent des mêmes travers, à savoir des contours pour le moins flous. Le Tribunal de Quimper pour l’instant a suivi les assurances qui lui ont été prodiguées. L’administrateur judiciaire de Spanghero semble plus circonspect et demande davantage de garanties. Tout comme les salariés des deux groupes qui ont l’impression d’être pris en otage. Le nécessaire besoin de transparence dans les sociétés pourrait utilement être inclus dans les préoccupations du Comité stratégique. Car ces dérives rejaillissent sur toute la profession.