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– Que proposez-vous exactement dans votre rapport sur le régime des quotas sucriers qui doivent disparaître en 2015 ?
Je propose de maintenir le régime des quotas sucriers jusqu'à la fin septembre 2020 tout en automatisant – en cas de tension sur le marché – la possibilité de transfert par la Commission européenne de sucre sous quotas en sucre dans le quota. Ce qui est pour moi le plus frappant c'est l'incapacité de la filière « sucre » européenne à s'exprimer de manière cohérente: les acteurs se font des procès d'intention et contestent tout le temps leurs chiffres les uns les autres. Et demain, c'est-à-dire après 2020, cette filière européenne ne pourra pas perdurer si elle n'est pas capable de se construire un discours qui soit un discours de filière.
– Contrairement aux producteurs européens de sucre, les industries utilisatrices contestent votre proposition en affirmant que les producteurs ont eu suffisamment de temps et d'argent pour se restructurer et améliorer l'efficacité de leurs exploitations et qu'ils n'ont pas besoin d'un nouveau délai...
– J'ai eu beaucoup de peine à obtenir des informations qui soient crédibilisées par tous les acteurs de la filière « sucre » et donc, faute d'avoir un accord au sein de la filière, j'ai fait des choix conformes aux choix que le Parlement européen a déjà faits en adoptant le rapport Dess (1). Les industriels n'ont pas toujours le même discours selon qu'on les voit en groupe ou individuellement. Pour moi, la filière « sucre » souffre d'une absence de dialogue commun et d'un discours de filière construit. C'est ça le drame et c'est bien un drame.
- Quelles sont les chances pour que votre proposition sur les quotas sucriers puisse être adoptée ?
– Le Parlement européen s'est déjà exprimé sur la question des quotas sucriers dans le rapport Dess à plus de 80 % des voix. Je n'ai fait que reprendre ce qu'était la volonté du Parlement européen dans le rapport Dess. On verra bien !