L’accompagnement public des industries alimentaires risque de passer complètement à l’as ces temps-ci car la période est particulièrement « chaude » sur le front purement agricole. On voit donc, comme toujours, quels dossiers brûlants vont accaparer le ministre de l’Agriculture et même le président de la République. Les dégâts produits par l’affaire de la bactérie tueuse mettent à mal le secteur fruits et légumes, qui réclame de nouvelles ponctions sur les budgets publics, et il n’est pas dit que d’autres filières ne soient demain contaminées par la psychose et les phénomènes de mévente. Sans trop espérer que les produits alimentaires transformés en tirent bénéfice parce que le consommateur se rabattrait sur des conserves, voire sur des produits laitiers frais, les industriels de l’alimentaire scrutent les retombées d’un autre cataclysme, celui de la sécheresse et de son effet haussier sur les principales matières premières agricoles. Un secteur est en tout cas plus à la peine que d’autres dans ce contexte, c’est encore une fois celui de l’élevage. La décapitalisation du troupeau menace, dit-on déjà, comme si la France ne pouvait trouver assez de fourrage de proximité… et surtout la solidarité qui joue un peu à l’intérieur du monde agricole ne fait pas vraiment école entre l’amont et l’aval des filières animales : les industriels et les coopératives de viande récusent en effet violemment l’initiative – jugée simpliste voire dangereuse – de l’interprofession bovine de lancer un GIE Export. Pour eux, « le tout export » ressemble à une fuite en avant, à la création coûteuse d’une structure de plus ; et le dégagement de produits français sur pays tiers ne risque pas d’aider à redresser les cours.
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