La venue du commissaire Sefcovic en Chine n’a pas été vaine. L’UE a obtenu des engagements tarifaires de la part de Pékin sur certains produits agroalimentaires. Et en parallèle, Bruxelles poursuit ses travaux sur la diversification.
La visite du commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic en Chine les 8 et 9 octobre a porté ses fruits alors que Bruxelles cherche depuis plusieurs mois à rééquilibrer les relations commerciales. À l’issue de la deuxième réunion des consultations UE-Chine sur le commerce et l’investissement, les deux parties sont parvenus à une série d’engagements rassemblés au sein d’une déclaration commune. Au-delà des dispositions concernant les véhicules hybrides et l’accès aux terres rares, Bruxelles a obtenu de Pékin un certain nombre de libéralisations tarifaires sur des exportations européennes, dont l’huile d’olive et la crème glacée. Ainsi à compter du 1er janvier 2027 et pendant une période de quatre ans, l’Empire du Milieu s’engage à abaisser ses droits de manière unilatérale selon le principe de la nation la plus favorisée. L’exécutif européen précise que ces baisses tarifaires représentent au total une valeur d’exportation de 4 milliards d’euros. La Commission espère ainsi obtenir un bénéfice en droits de douane de 225 millions d’euros pour ses produits.
Par ailleurs, la déclaration commune mentionne des dispositions sur le volet sanitaire. Pékin s’engage ainsi à accélérer, sur le fondement d’une évaluation des risques, la reconnaissance du principe de régionalisation pour les États membres qui y sont éligibles. Les parties ont convenu d’échanger sur « les méthodologies et les technologies de lutte contre la maladie », dans l’optique d’envisager « les moyens de lever les restrictions sur les produits animaux touchés par la fièvre catarrhale ovine dans les États membres concernés ».
Diversifier et se protéger
« Nous sommes loin d’en avoir fini », a déclaré le commissaire slovaque à l’issue de la réunion. Maros Sefcovic et son homologue chinois, Wang Wentao, prévoient en effet de se revoir à nouveau « d’ici janvier ». Et un troisième cycle de consultations sur le commerce et l’investissement devrait avoir lieu en mars. En parallèle, Bruxelles travaille à la mise en place d’un nouvel instrument commercial pour la diversification intitulé « DiversifyEU ». Celui-ci sera destiné aux entreprises européennes afin de les aider dans les cas où un niveau élevé de dépendance stratégique à l’égard d’un seul pays fournisseur serait constaté. L’exécutif européen a d’ailleurs lancé une consultation publique sur ce nouvel outil le 29 septembre et les contributions sont ouvertes jusqu’au 27 octobre. À cela s’ajoute également un deuxième instrument qui prendrait la forme d’un mécanisme de solidarité entre les États membres. Ces deux propositions devront être présentées aux États membres à l’occasion du Conseil européen de décembre.
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En attendant, la question des déséquilibres commerciaux (dont la Chine) figurait déjà à l’agenda du Sommet européen des 15 et 16 octobre où la proposition franco-allemande visant à la création d’un nouvel outil en matière de défense commerciale devait être évoquée.