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Viande de porc/Résultats Un premier exercice sous tension pour Cooperl Arc Atlantique

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Exercice de rigueur chez Cooperl Arc Atlantique qui a fusionné au cours de l’année avec Arca, en pleine crise porcine. Un nouveau cap à franchir pour le leader français incontesté de la production et de l’abattage de porcs, désormais numéro 4 européen.

Le groupe coopératif porcin Cooperl Arc Atlantique (Lamballe, Côtes d’Armor) s’est constitué courant 2008, par le rapprochement de Cooperl et Arca, en pleine crise porcine, et cela se traduit bien dans ses comptes. Le leader français de la production et de l’abattage de porcs a réalisé en 2008 un chiffre d’affaires consolidé de 1,7 milliard d’euros et un résultat net de 1,3 million.

Ce dernier chiffre reflète l’important soutien financier accordé à ses 2000 éleveurs adhérents, producteurs de 6 millions de cochons par an. Il intègre aussi les coûts de la restructuration industrielle (7 millions d’euros) réalisés pendant l’exercice. Cooperl Arc Atlantique a notamment fermé un petit abattoir apporté par Arca situé à Cholet, et procédé à divers aménagements dans les fonctions administratives. Au total, le groupe a procédé à la suppression de 200 emplois, en proposant des solutions de reclassements.

Pour autant, le groupe coopératif estime avoir construit pour l’avenir. « La fusion a engendré des économies d’échelle de 6 à 7 millions d’euros par an », explique Emmanuel Commault, directeur général. L’analyse économique des comptes des éleveurs affiche des résultats au-dessus de la moyenne. Cooperl Arc Atlantique, gros fabricant d’aliments (1,630 million de tonnes dont 75 % en aliments-porc) a travaillé pratiquement toute l’année à marge nulle pour soutenir ses clients. Cependant, les dettes engendrées depuis de nombreux mois en production laissent « 20 % de nos éleveurs en dérive de trésorerie », c’est à dire en situation délicate, souligne Guy Dartoits président du groupe.

Poursuite des investissements

En dépit de ce contexte, le groupe breton n’a pas ralenti ses investissements industriels en engageant l’an passé, près de 30 millions d’euros dans ses outils, en nutrition animale et dans la viande. Les investissements se poursuivent cette année sur le même rythme et Cooperl Arc Atlantique, désormais numéro 4 européen ex-aequo avec l’allemand Westfleisch, prévoit sur trois ans un plan d’extension de l’abattoir de Saint-Maixent (ex-Arca) dans les Deux-Sèvres, pour porter ses capacités d’abattage de 20 000 à 28 000 porcs par semaine. De la sorte, Cooperl Arc Atlantique servira davantage en A pour B les clients du Sud-Ouest.

Au total, le groupe breton abat, dans trois abattoirs détenus à 100 %, 5 millions de porcs par an (100 000/semaine) et 1 million de porcs par an chez SVA où Arca détenait depuis plusieurs années une participation minoritaire. L’industrie des viandes représente à elle seule la moitié de son chiffre d’affaires consolidé et l’essentiel des emplois du groupe (2400 personnes). Cooperl Arc Atlantique en a produit en direct 320 000 tonnes dont 38 % ont été exportés (32 % en valeur), pour moitié hors de l’Europe.

Dans la gamme, « les produits élaborés vendus en UVC progressent sur un rythme de croissance à deux chiffres, se félicite Emmanuel Commault, même s’ils ne représentent encore que 8 % du volume de viandes. » Dans le secteur des salaisons, Cooperl Arc Atlantique reste un petit opérateur sur le marché, avec un total de fabrications de 27 000 tonnes l’an passé. Mais il regarde les opportunités qui ne manquent pas dans ce secteur. Comme Brocéliande, filiale du groupe Unicopa qui depuis plusieurs mois cherche à la vendre.

Toutefois, le groupe coopératif avoue ressentir les effets de la crise face aux « difficultés financières de (ses) clients français et étrangers (qui) entraînent des pertes d’assurance crédit et rendent incertains ses recouvrements ». Il ajoute que les évolutions monétaires de ces derniers mois, faites au détriment de l’euro, compliquent le commerce.