Un rapport critique l’efficacité des aides publiques aux industries agroalimentaires, notamment leur pilotage. Il pointe particulièrement l’échec du soutien à la filière des insectes.
Dans un rapport sur les aides publiques aux industries agroalimentaires (IAA) publié le 28 avril, le CGAAER, une entité du ministère de l’Agriculture, relève que « les aides publiques n’ont pas permis de maintenir la compétitivité » d’un secteur qui a un fort besoin d’investissement pour se moderniser. Plus problématique, le Conseil souligne que « l’évaluation de l’efficacité des aides est aujourd’hui difficile, soit par absence d’indicateurs autres que budgétaires, soit par défaut de suivi des indicateurs concernant les paramètres économiques. » En clair, l’Etat est un payeur aveugle, ignorant l’efficacité de ce qu’il distribue. Or, les montants distribués sont conséquents. Parmi les principaux, il y a les 2,3 milliards d’euros par an d’exonérations de cotisations sociales, les 150 millions d’euros par an de crédit d’impôt recherche ou encore les 58 millions d’euros par an grâce à quatre programmes d’investissement d’avenir.
Face à ce constat sur les IAA, le rapport du CGAAER préconise de « mieux piloter les indicateurs macroéconomiques des entreprises aidées », créer « un fonds d’aide pour soutenir la robotisation des entreprises », « mieux identifier les filières stratégiques à soutenir », « finaliser avant la fin du 1er semestre 2026 le contrat de stratégie de filière en cours de discussion » et « vérifier le côté réaliste des perspectives annoncées par le porteur de projet ».
Conserver les savoir-faire de la filière insectes
Les auteurs se sont penchés tout particulièrement sur la filière de l’élevage-transformation d’insectes en France, soulignant la fragilité persistante du secteur en dépit d’un fort soutien financier de l’Etat. Le rapport estime toutefois qu’« il convient de conserver les savoir-faire qui ont été acquis par les start-up françaises dans ce secteur car elles sont aujourd’hui en pointe en Europe. » Avec les Plans d’investissement d’avenir (PIA) 1 et 2, Ynsect, a bénéficié de six types de dispositifs pour environ 90 M € (5,2 M€ réellement décaissés), constatent les auteurs. La société a été liquidée en 2025. « Le bilan de l’investissement public interroge », écrivent-ils.
Innovafeed, toujours en quête de rentabilité, a bénéficié de plusieurs aides dont les « PIA 2 et 3 : six projets (total des engagements 7,2 M€, financements décaissés 6,6 M€) » et « France 2030 : deux projets (engagements : 5,2 M€, décaissements : 2,1 M€). » Quant à EAP Group, maison mère d’Agronutris, « les montants d’aide prévus sont de l’ordre de 18,1 M€ d’engagements (10,9 M€ de subventions et 7,2 M€ d’avance remboursable) pour un projet évalué à 90,6 M€. » En 2025, EAP Group a été liquidé.
CB