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Michel Moreu (Salaisons Tallec) « Un travail d’explication est nécessaire »

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« Un travail d’explication est nécessaire », explique le patron de l’entreprise bretonne Salaisons Tallec, Michel Moreu. Explication auprès du consommateur afin qu’il accepte une certaine hausse de prix due à celle des matières premières. Michel Moreu évoque aussi l’impératif d’augmenter la production pour écraser les charges fixes, « tout en conservant notre positionnement haut-de-gamme ». Dans la perspective de la prochaine rencontre Agrofinances sur la volatilité du contexte des IAA, Michel Moreu répond aux questions d’Agra Alimentation.

Agra Alimentation : Les Salaisons Tallec sont-elles exposés à volatilité des prix ?
Michel Moreu : Malgré notre positionnement haut de gamme dans la charcuterie industrielle, nous prenons brutalement et sans nuance, comme l’ensemble de la profession, les hausses du prix des pièces de porcs, la première que nous avons connue une première fois fin 2011, la seconde depuis quelques semaines. Il faut absolument que la grande distribution relève les prix de vente de nos produits et que le consommateur accepte ces hausses. Un travail d’explication est nécessaire car mécaniquement, le consommateur perdra un peu de son pouvoir d’achat en payant plus cher ses aliments. Mais il n’y a aucune autre solution. Ou plutôt si : augmenter notre production pour écraser les charges fixes, tout en conservant notre positionnement haut de gamme. A ce propos, nous songeons à réaliser une opération de croissance externe, d’ici deux à trois ans.
 
Agra Alimentation : Vous et votre associé, Briec Bounoure, avez fait l’essentiel de votre carrière dans un grand groupe, en l’occurrence Doux, avant de reprendre les Salaisons Tallec. En quoi le management d’une PME diffère-t-il de celui d’une grande société ?
Michel Moreu : Il est essentiel, quand on est dirigeant d’une PME confrontée à un marché difficile, de ne pas se replier sur soi, mais au contraire d’aller chercher à l’extérieur les compétences qu’on ne peut pas développer en interne, faute de moyens. Surtout lorsque de nouvelles contraintes (sanitaires, environnementales, réglementaires...) obligent la PME à modifier sa façon de travailler. Depuis huit ans que nous avons repris Tallec (alors en cessation de paiement), nous avons multiplié les sollicitations et partenariats.
 
Agra Alimentation : En quoi cela consiste-t-il ?
Michel Moreu : Pour améliorer la qualité de notre offre déjà orientée haut-de-gamme, nous avons développé l’innovation en la finançant par du crédit impôt recherche. Sans cela, nous n’aurions pas développé notre gamme de frais emballé sans conservateur. Plus récemment, nous nous sommes rapprochés d’autres entreprises et centres techniques pour monter un projet Valorial visant à concevoir une gamme de charcuterie orientée nutrition santé en travaillant autant sur la génétique des animaux que sur les process des usines. Nous mutualisons aussi tous nos achats de matières premières et d’emballages avec le GIE « Les Maîtres Salaisonniers Bretons ». De la même manière, nous confions à Pôle Emploi le soin de trouver tous les CDD que nous recrutons entre octobre et décembre, travaillons avec CARSAT (ex-CRAM) pour améliorer les conditions de travail dans nos ateliers... Quant au crédit, son accès ne dépend pas de la banque mais de l’état de santé de l’entreprise. Pour l’heure, nous n’avons pas ce genre de souci.