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Une cause nationale

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Ce n'est que « dans quelques semaines » que le président de la République devrait annoncer un grand plan obésité inspiré du rapport de la commission de Danne qui a été remis à l'Elysée le 17 décembre. Véritable fléau pour les pays émergents qui changent trop vite leur mode d'alimentation, l'obésité a progressé également dans les pays développés provoquant une prise de conscience et la mise en place de politiques de santé pour tenter d'endiguer le phénomène. La France n'a pas été en reste avec déjà deux PNNS qui se sont succédé depuis 2001 mais qui, sur cette question, « ont été riches de bonnes intentions mais n'ont pas du tout été à la hauteur des enjeux », comme l'a expliqué Anne de Danne invitée à un petit déjeuner du SIAL. Sans doute, la prévalence de l'obésité infantile s'est stabilisée, à en croire l'étude INCA2 de 2006-2007, mais une politique publique ne se construit pas sur du déclaratif tous les deux ans, affirme-t-elle, il y faut un gros effort de recherche et d'enquête épidémiologique. Quant aux campagnes d'information, l'expérience montre que faute d'être assez ciblées, elles ne donnent rien. Une autre conviction qu'elle semble avoir fait partager par la commission obésité, c'est que beaucoup de choses ont été faites mais sans en mesurer l'efficacité. Et comme l'Etat, sur pareil sujet, n'a pas tous les leviers, le plan d'action à venir devra impliquer tous les acteurs. En tout cas, il semble que cette fois les industriels ne seront plus une cible facile qu'il suffit de charger de contraintes et d'interdits. Déjà l'obésité, ce n'est pas l'alimentation, mais un combiné de génétique, de pratiques alimentaires et d'activité physique. Autant dire bien autre chose que réduire les portions ou stigmatiser les barres chocolatées.