Les autorités japonaises ont reconnu le 18 mai qu’elles avaient tardé à détecter une épidémie de fièvre aphteuse dans une région de l'île de Kyushu (sud) où l'état d'urgence a été décrété et plus de 110 000 animaux ont été abattus dans 126 élevages.
Cette épidémie, la première au Japon depuis 2000, risque de faire disparaître le « bœuf de Miyazaki » qui, comme son cousin de Kobe, appartient à l’espèce « Wagyu » renommée pour la tendreté et le goût incomparable de sa viande marbrée. Ces bovins, classés comme les plus chers au monde, sont massés au saké et nourris à la bière par leurs éleveurs qui vont même jusqu’à leur diffuser de la musique classique pour les relaxer. Le gouvernement de la préfecture de Miyazaki a annoncé que 49 taureaux reproducteurs allaient être abattus, ne laissant plus que six spécimens qui avaient été transportés auparavant dans une autre ferme afin de les protéger contre la maladie qui se transmet facilement parmi les bovins, porcins, caprins et ovins, et décime en général les jeunes animaux. Le premier ministre, Yukio Hatoyama, qui a annoncé une aide spéciale pour les éleveurs de la région, a reconnu qu’« il y avait peut-être eu certains problèmes » dans la gestion de cette crise « pour empêcher la propagation » de la maladie. « Le gouvernement va devoir serrer les rangs pour éviter une extension de l'épidémie », a-t-il dit. Le gouverneur de la préfecture de Miyazaki a décrété l'état d'urgence et mis en garde contre le risque de contamination à l'ensemble de l'île de Kyushu. Le gouvernement a mis en place un groupe de travail d'urgence chargé de dresser des barrages de désinfection des véhicules agricoles dans la préfecture. Des responsables ont reconnu le 18 mai que les premiers cas d’animaux malades signalés fin mars avaient été diagnostiqués à tort comme souffrant de diarrhées sans gravité. « Il y a eu une erreur dans le diagnostic initial qui n'a pas détecté la présence de fièvre aphteuse », a déclaré à la télévision le chef de la Commission nationale de sécurité publique.
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