Après une année 2009 où le prix du porc a connu une forte chute de 8 %, de nombreuses interrogations planent sur les prochains mois. La filière porcine a connu trois crises d’affilée ces trois dernières années. Et on peut douter que la spirale infernale s’arrête. Reste à voir comment vont réagir les industriels français par rapport à la baisse des cours, en ayant en tête deux objectifs importants : favoriser la compétitivité de la filière à long terme et proposer des prix attractifs en magasins pour relancer la consommation. Quoi qu’il en soit, la filière porcine française a de nombreux défis à relever. Elle doit notamment tout faire pour résister aux industriels allemands qui, grâce à leurs faibles coûts salariaux, sont très compétitifs et commencent à envahir le marché français. La filière française a des atouts décisifs, notamment la qualité de ses outils industriels, mais également des limites importantes, comme par exemple une forte réglementation environnementale qui constitue une des principales distorsions de concurrence.
Après avoir connu deux crises de suite en 2007 et 2008, la filière porcine en a vécu une nouvelle en 2009. Le prix du porc payé au producteur français a baissé de 8 % par rapport à l’année précédente. A l’automne, après un mauvais été où les ventes ont été très médiocres, les cours ont carrément chuté au niveau de 2007, qui fut une année de forte surproduction porcine : elle entraîna une chute des prix et donc une crise dans la filière. L’année suivante, la hausse du coût des matières premières, notamment à cause des mauvaises récoltes, de la sécheresse et des agro-carburants, a engendré une nouvelle crise (croissance du cours du porc de 11,9 %).
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« En 2009, nous nous attendions à une raréfaction de l’offre entraînant une nouvelle hausse des prix. En fait, la crise économique a fait chuter la demande et les prix ont donc baissé », explique Michel Rieu, responsable du service économique de l’Ifip (institut du porc). En effet, les exportations de la France vers les pays tiers ont chuté de 17 % à cause de la crise économique et de la baisse drastique des restitutions aux exportations (à partir d’août 2008) payées par l’Union européenne, soit juste au début de la crise économique. Les deux éléments ont donc été de pair pour affaiblir les exportations européennes. « La chute a été importante cette année, d’autant plus que 2008 avait été une année particulièrement bonne pour les exportations. Elles avaient notamment beaucoup augmenté vers la Chine, à cause de l’organisation des Jeux Olympiques, qui ont rendu ce pays plus attractif », explique Michel Rieu. Heureusement, la consommation de porc par les ménages s’est assez bien tenue : les achats de produits élaborés n’ont baissé que de 2 % et les achats de charcuterie ont progressé de 2 %, selon l’Ifip.