Sollicitée par le ministère de l’Agriculture, l’Anses a proposé une méthode d’abattage partiel en cas de brucellose sur un troupeau bovin, mais pour des « cas particuliers » et sur la base du volontariat.
Suite à une saisine de la DGAL (ministère de l’Agriculture) en septembre 2024, avant même l’épizootie de dermatose nodulaire en France, l’Anses a présenté, dans un avis paru le le 23 octobre, un protocole sanitaire permettant l’abattage partiel de troupeaux (bovins/petits ruminants) touchés par la brucellose. Cette méthode serait « destinée à des cas particuliers », précise l’agence : « Un foyer isolé, une volonté forte de l’éleveur de s’impliquer dans cette démarche, un nombre relativement limité d’animaux infectés et un accompagnement par tous les acteurs locaux » (vétérinaires, DDPP, GDS…).
Le protocole, qui peut durer « plusieurs mois, voire plus d’un an » repose sur l’abattage des « animaux infectés » et l’application de plusieurs mesures pour éliminer la bactérie : « un protocole de nettoyage et de désinfection rigoureux », l’interdiction d’introduction et sortie d’animaux du troupeau, et l’interdiction (sauf dérogation) de sortie des animaux gestants, y compris au pâturage. La méthode doit encore être validée par les autorités françaises et européennes. En 2022, l’administration avait procédé à l’abattage d’un troupeau de 220 bovins parmi lequel un cas de brucellose avait été confirmé dans le massif du Bargy (Haute-Savoie). L’ensemble des syndicats avait remis en cause la légitimité de cet abattage total, demandant des mesures alternatives.
Des cas humains et animaux
La brucellose a été détectée pour la première fois en 2012, avec deux cas humains et un cas en élevage, avec un réservoir identifié dans la faune sauvage chez des bouquetins ; un second foyer a ensuite été découvert en 2021 chez des vaches laitières. Provoquée par les bactéries du genre Bruxella, elle touche « la plupart des espèces de mammifères », dont l’homme, apprend-on sur le site de l’Anses. Chez les animaux, elle peut provoquer « des avortements, une réduction de fertilité et des pertes en lait ». La France est toujours considérée comme indemne.
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Dans un avis publié le 30 mars, l’Anses avait suggéré plusieurs pistes pour renforcer la biosécurité en alpage afin d’éviter la contamination des ruminants. En 2025, treize bouquetins séropositifs ont été dénombrés dans le massif du Bargy, et aucun dans les Aravis. Comme ces deux massifs communiquent, « la situation épidémiologique dans le massif des Aravis ne pourra pas être considérée comme maîtrisée tant que le foyer de brucellose persistera dans le massif du Bargy ».
MR