Dans un premier bilan après sa constitution il y a trois ans, la Cellule nationale de surveillance et d’appui au maintien du maillage vétérinaire constate que neuf cellules locales se sont constituées.
Début 2026, le Grand Est a vu éclore six cellules de surveillance de la présence vétérinaire en élevage, portant à neuf à l’échelle nationale le nombre de ces organisations locales visant à appuyer le maintien d’un maillage territorial, a-t-il été constaté lors d’une journée organisée le 22 avril par Chambres d’agriculture France et le Conseil national de l’Ordre des vétérinaires. Les quelque 70 personnes réunies (vétérinaires, éleveurs, agents territoriaux et de chambres d’agriculture) pour partager les expériences locales ont convenu que ces cellules favorisent le dialogue et la confiance entre vétérinaires et agriculteurs. Ces deux professions « n’avaient pas l’habitude de travailler ensemble », ont commenté conjointement à Agra Presse Arnaud Delestre, président de la chambre de l’Yonne, et Matthieu Mourou, conseiller national de l’Ordre des vétérinaires. « Pour l’instant, les trois cellules de Bretagne, d’Indre et Loire et du Tarn-et-Garonne ont commencé en 2025 leurs diagnostics et leurs travaux à l’échelle régionale », informe Adèle Renard-Lafleur, chargée de missions Élevage et maillage vétérinaire à Chambres d’agriculture France. « La Lozère aimerait également se lancer dans un diagnostic », complète-t-elle.
Un pôle-clinique émerge dans l’Yonne
Parmi les expériences partagées figurait le projet de pôle de santé animale dans l’Yonne, près d’Auxerre. Arnaud Delestre, président de la chambre départementale, a annoncé que le tour de table financier était achevé pour une réalisation au second semestre 2027. Ce projet comportant une clinique répond à un risque de désertification en médecine vétérinaire rurale dans la vallée de l’Yonne, diagnostiqué dès 2022. Il représente un investissement de 1,75 million d’euros, auxquels s’ajouteront jusqu’à 250 000 € d’aménagements intérieurs effectués par la clinique de la Croix blanche, future locataire des lieux. Différents échelons de collectivité – de l’État à la communauté d’agglomération de l’Auxerrois, porteuse du projet – participent au financement, ainsi que la chambre d’agriculture (à hauteur de 300 000 €). La loi DADDUE de décembre 2020 permet aux collectivités territoriales d’octroyer des aides dans les zones éligibles.
Implanté près du lycée agricole de La Brosse, le pôle aura une double fonction : services (allant de la consultation à l’opération pour les ruminants et animaux de compagnie) et formation. Ce pôle, où travailleront 3,5 vétérinaires (ETP) et trois assistants, doit s’ajouter à l’automne 2027 aux onze structures vétérinaires (de ville et rurales), au service de plus de 1 000 élevages de la zone, qui comptait 176 684 ruminants en 2022.