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Vin : la Cave de Cairanne en passe de sortir du redressement judiciaire

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L’aboutissement d’une « remontada » : après douze ans de redressement judiciaire, la coopérative vauclusienne Cave de Cairanne, est quasiment sortie de cette procédure, a-t-elle annoncé le 2 juin. « Nos créances sont soldées, a déclaré le directeur Denis Crespo. Le tribunal n’attend plus que l’ordonnance du mandataire judiciaire pour clôturer le redressement. » Une étape décisive s’est jouée en mars avec le rééchelonnement par le Crédit Agricole des 2,4 M€ de dettes sur dix ans. Fin 2015, elles s’élevaient à 8 M€ remboursables sur quatrorze ans. L’outil était surdimensionné, comprenant une cuverie de 120 000 hl pour 13 000 hl vinifiés. Recruté à cette époque, Denis Crespo a transformé le modèle économique. La Cave de Cairanne a noué un partenariat avec le négoce Les Grandes Serres, lui louant une partie de la cuverie (jusqu’à 50 000 hl, soit quelque 500 000 €/an de recettes) pour effectuer du stockage, de la vinification à façon, en lui vendant aussi la chaîne d’embouteillage.

Sa nouvelle stratégie : montée en gamme et développement du bio. « On a cessé de vendre en grande distribution », retrace le directeur. Un recentrage est opéré vers les cavistes, les grossistes, plus une présence dans le réseau de magasins Biocoop. L’exportation se développe (30 % des ventes aujourd’hui). Autre changement crucial, le vrac est mieux valorisé, grâce à des clients parmi les grands négoces de la Vallée du Rhône (Guigal, Chapoutier, Jaboulet, etc.). Résultat, la coopérative affiche une croissance spectaculaire. Son nombre d’adhérents est passé à 124 vignerons (contre 52 en 2015), sachant qu’en 2020 la Cave de Cairanne a absorbé sa consœur de Sainte-Cécile-les-Vignes. Son chiffre d’affaires atteint 10 M€ (contre 4,5 M€ en 2015), avec une production de 42 000 hl (contre 13 000), 1,8 M de bouteilles (contre 750 000).

La coopérative vient de racheter 2,4 M€ de dettes