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Boissons Vins et spiritueux : record des exportations en 2017

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Les exportations françaises de vins et spiritueux ont atteint un niveau « historique » l’an passé, avec une progression de 1 Mrd € en valeur, a annoncé le 14 février la FEVS (exportateurs). Elles gagnent à la fois en valeur et en volume, tirées par les États-Unis et la Chine.

En 2017, le secteur a expédié 198,6 millions de caisses (+5 %) à l’étranger, qui ont rapporté 12,9 Mrd € (+8,5 %). Le cognac a une nouvelle fois tiré l’export (+8,7 % en volume et +10,8 % en valeur), mais le vin a aussi repris des couleurs (+6 % en volume) après cinq années consécutives de baisse. Une dynamique sur le vin qui a profité à toutes les appellations, pour un total de 8,7 Mrd € exporté (+9,6 %). « Il y a eu une remontée des prix italiens et espagnols, dont la baisse n’était pas tenable sur le long terme pour assurer une rentabilité, et une stabilité des prix français », a expliqué Antoine Leccia, président de la FEVS.

Soif « mondiale » de bulles

L’envolée doit aussi aux très bons résultats des vins pétillants, champagne en tête, qui bénéficient de la « soif mondiale pour les vins effervescents dans le monde », a estimé Juliette Monmousseau, d.g. de Bouvet Ladubay. « Nous pourrions presque remercier l’Italie et son Prosecco, qui ont mis à la mode la consommation plus quotidienne de vins effervescents, la tendance va continuer et profite aussi bien aux champagnes qu’aux vins de Loire, d’Alsace, de Bourgogne, Limoux, Die, ou même de Savoie », a-t-elle ajouté. L’an passé, la France a ainsi exporté 20,5 millions de caisses de vins effervescents (+7,9 %), dont 12,5 millions de caisses de champagne (+4,3 %).

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Le Brexit inquiète

Si les ventes de vins et spiritueux dans l’UE sont reparties à la hausse (+4,5 % en valeur), la croissance résulte à plus de 80 % des pays tiers. Les États-Unis sont ainsi restés le premier marché, avec un chiffre d’affaires désormais supérieur à 3 Mrd € (+9,5 %). La Chine, en troisième position, reste en forte progression, à 1,2 Mrd € (+24,5 %). La seule région de Bordeaux a exporté 100 millions de bouteilles vers l’empire du Milieu, a indiqué Georges Haushalter, négociant et membre du CIVB (Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux). Du coup, la Fédération des exportateurs suit de très près les accords internationaux de libéralisation commerciale tout juste signés par l’UE avec le Japon, le Canada (Ceta), ou en négociation avec le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay). « Il est primordial pour nous de poursuivre des accords de libre-échange ambitieux car le développement de la filière se fait sur les pays tiers », a dit Nicolas Ozanam, directeur général de la FEVS.

Seule note d’inquiétude, le Brexit, le Royaume-Uni étant le deuxième client des vins et alcools français. Les Bordelais se disent « sereins » sur le sujet. « Cela fait 800 ans qu’on vend du claret (vin de Bordeaux, ndlr) en Angleterre et seulement 40 ans qu’ils sont dans l’UE », a fait valoir Georges Haushalter. « L’inquiétude porte surtout sur les vins à moins de 10 euros, car la baisse de la livre pourrait affaiblir les volumes », a ajouté Antoine Leccia.