Un brin d’optimisme, dans lequel joue sans doute la méthode Coué, accompagne les échanges de vœux pour 2006. On se rassure avec des indicateurs globaux sur la croissance et l’investissement au-dessus des prévisions et un CAC 40 plutôt triomphant. Le consommateur aurait même fait la fête ces jours-ci: prenant le contre-pied de leur morosité antérieure, «les clients se sont vraiment lâchés», assure le patron de Système U. A défaut de crier victoire et de parler de retournement durable -surtout pour les dépenses alimentaires- on est au moins sûr d’une chose, c’est qu’avec l’an nouveau on assiste bien au retour du vrai commerce, comme le promettait la réforme Dutreil. La chasse au meilleur prix est donc ouverte. Chaque grande enseigne le proclame dans ses publicités et prospectus pour retenir le client et le détourner des concurrents ou du hard-discount. Mais ce n’est pas de gaieté de cœur: le confort de la loi Galland est bien terminé. Du coup, les fabricants de produits d’hygiène et d’entretien sont montrés du doigt pour excès de hausses tarifaires, mais c’est surtout l’Ania qui réplique, Jean-René Buisson rappelant qu’après la baisse volontaire «de plus de 3%» depuis octobre 2004, relever les tarifs «de 2 à 5% n’est pas choquant». Le mutisme de la FCD signifie de la mauvaise humeur car pour les distributeurs, obligés désormais de rogner sur leurs marges s’ils veulent se démarquer du voisin, il n’est guère réjouissant de devoir justifier l’ensemble des marges arrière qu’ils facturent aux industriels. Pour cette année, nous leur souhaitons aux uns comme aux autres plus de capacité à dégager de vraies plutôt que de fausses marges et plus d’inventivité pour capter ce qu’il restera de pouvoir d’achat.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

investissement
Suivi
Suivre