Coopératives : Agrial reverse 21,5 M€ à ses adhérents, EBE record en 2024
L’assemblée générale d’Agrial, tenue le 3 juin, a entériné les comptes 2024 de la coopérative normande qui a réalisé un chiffre d’affaires stable de 7,1 Md€ et un EBE de 272 M€, qualifié « d’historique » par la coopérative, permettant de reverser 21,5 M€ aux adhérents. La branche lait, soit 40% de l’activité, a été marquée en 2024 par la poursuite des investissements industriels et le lancement des études pour une nouvelle usine de transformation de lait de chèvre (Soignon) située à La Crèche (Deux-Sèvres). Pour les légumes, Agrial s’est séparé de son activité aux Pays-Bas (Priméale United) « pour des raisons de difficultés de marché », tandis que l’activité outre-Manche a souffert de la météo. « En France comme en Espagne, les activités de 1ère et 4e gammes réalisent de très bonnes performances », selon Agrial. Les ventes de la branche viandes ont pâti d’une météo défavorable (produits de barbecue) et la charcuterie cuite a vu ses volumes baisser, bien que le marché des productions animales soit plutôt porteur, permettant « des prix satisfaisants aux éleveurs ». La situation est plus difficile pour le cidre en France dont le marché recule structurellement. Aux États-Unis, Agrial va transférer son usine de de jus de Californie plus au nord, vers l’État de Washington pour se rapprocher des vergers de pommes, soit un investissement de 50 M€.
Lait : Lactalis a perçu 18,7 M€ d’aides publiques en France en 2023
Lactalis a perçu 18,7 M€ d’aides publiques en France en 2023, selon la déclaration faite le 17 juin par d’Emmanuel Besnier, PDG de Lactalis, devant la commission d’enquête sénatoriale sur les aides publiques aux grandes entreprises. Selon le directeur administratif et financier de Lactalis Olivier Savary, elles se décomposent en 1,8 M€ d’aides aux équipements dont 1,5 M€ des agences de l’eau, 12,3 M€ de dispositifs sociaux sous forme de réductions de cotisations sociales patronales et d’aides à l’embauche d’alternants, et 4,6 M€ de dispositifs fiscaux sous forme du crédit impôt recherche et de réductions d’impôt pour le mécénat. Au cours de cette audition sous serment, Emmanuel Besnier a souligné que ces aides représentent 0,6% du chiffre d’affaires (29,5 Md€ en 2023), les qualifiant de « relativement faibles ». Les subventions à l’équipement représentent 0,7% des investissements de Lactalis en France (250 M€), les aides sociales 1,3% des coûts salariaux supportés par la société (950 M€) tandis que les dispositifs fiscaux représentent 4,3% des impôts (110 M€). Lactalis a aussi souligné des investissements récurrents en France pour 1,15 Md€ entre 2020 et 2024 et 1 Md€ réglé au fisc au titre de l’IS sur les 10 dernières années.
Carbone des sols : satisfecit de Gaïago pour son prébiotique testé à grande échelle
Trois ans après avoir lancé son programme de revitalisation des sols Gaïago Carbone, la start-up bretonne Gaïago a dressé le bilan du test, grandeur nature, de son prébiotique des sols Nutrigeo, le 11 juin (lire l’article d’Agra Innovation). Mené en partenariat avec 771 agriculteurs, le programme évalue l’influence du prébiotique sur le stockage du carbone dans les sols agricoles. Près de 43 300 ha ont déjà été traités, et les premières mesures révèlent un résultat de « 9,3 t de carbone organique stocké en trois ans par hectare, soit l'équivalent de 3,1 teqCO2/ha/an», indique l’entreprise. L’offre Gaïago Carbone repose sur trois leviers : l'application du prébiotique « qui revitalise les sols par l’activation des champignons bénéfiques du sol », un « mécanisme de financement » (crédits carbone, en dehors du Label Bas Carbone) et un accompagnement expert. Contactée par Agra Presse, l’entreprise précise qu’elle ne se rémunère pas grâce aux crédits carbone, ceux-ci étant reversés aux agriculteurs (il y a simplement des frais de projet et des frais liés à la vente des crédits). La tonne stockée est valorisée autour de « 30 € ». Gaïago utilise sa propre méthodologie, « basée sur des protocoles rigoureux établis par la FAO », et conforme au Gold Standard du WWF.
Boulangeries : Maison Kayser rachète Chez Meunier
Dans un communiqué du 17 juin, Maison Kayser, fondé en 1996, a annoncé le rachat de Chez Meunier, fondé en 2014. Le montant de la transaction n'a pas été précisé. Maison Kayser constitue un acteur majeur du secteur de la boulangerie, détenant environ 70 boutiques en France, dont 27 pour la seule région parisienne, et plus de 300 dans le monde, réparties dans plus de 30 pays. Chez Meunier représente également un acteur important, gérant 12 boutiques en région parisienne et 3 en Normandie. Précisons que Chez Meunier avait racheté en 2021 la société Dupont avec un Thé, « enseigne qui accueille le public dans sa boutique-restaurant-salon de thé de Neuilly et ses quatre adresses sur la Côte normande ». Grâce à l’opération, « Chez Meunier pourra renforcer ses structures, envisager de nouvelles ouvertures et affirmer encore davantage sa singularité », indique le communiqué. Maison Kayser précise qu’elle donnera une grande autonomie aux dirigeants actuels, que sont Caroline Le Merer et Eric Teboul, pour « pérenniser naturellement la production artisanale dans chacune de ces boulangeries ».
Distribution : Intermarché projette d’acquérir les 81 supermarchés Colruyt en France
Le Groupement Mousquetaires, dont font partie les magasins Intermarché, est entré en négociations exclusives pour acheter les supermarchés Colruyt en France, a-t-il annoncé le 17 juin. « Le Groupement Mousquetaires a présenté à Colruyt Group une offre ferme en vue de l’acquisition par ses adhérents de 81 supermarchés et 44 stations-service situés dans l’Est et le Centre-Est de la France », peut-on lire dans un communiqué. Ce projet d’acquisition sera réalisé directement par les chefs d’entreprise indépendants à la tête de magasins et adhérents Mousquetaires, et non pas par le groupement. Les Mousquetaires visent une conclusion au 1er semestre 2026 après obtention des autorisations réglementaires. Les 1300 salariés concernés par cette reprise « bénéficieraient des accords collectifs de Colruyt Retail France SAS pour une durée de 15 mois à compter de la date effective de transfert du personnel vers les enseignes Intermarché et Netto ». Les salariés en CDI des bases logistiques, hors du périmètre de la reprise, se verraient proposés 175 postes en CDI sur les sites de Dole du Jura et Pagny-sur-Meuse. Le groupement rappelle que cette acquisition s’inscrit dans le cadre du renforcement de ses enseignes Intermarché et Netto, afin d’arriver à 20% de parts de marché d’ici 2028 en France.
Arômes : le français Fungu'it lève 4 M€ pour en produire avec des coproduits agricoles
La start-up Fungu’it a annoncé le 17 juin une levée de fonds de 4 M€ (article à lire dans Agra Innovation) menée par le fonds Asterion Ventures, avec la participation du family office Evolem et du fonds régional de Bourgogne Franche Comté Oser BFC géré par UI Investissement. Ce financement permettra de « construire un pilote industriel de plusieurs dizaines de tonnes par an, d’industrialiser et breveter son procédé, et de développer une base de données de recettes d’arômes par fermentation solide », selon un communiqué. La start-up prévoit d’accélérer « la commercialisation de ses premiers arômes, particulièrement sur le segment porteur des alternatives plant-based. » Fungu’it a mis au point un procédé de fermentation solide à partir de champignons filamenteux permettant de « convertir des coproduits souvent négligés en ingrédients à forte valeur ajoutée, tout en employant un procédé de production respectueux des ressources, avec une consommation réduite d’eau et d’énergie », explique la société. A partir de coproduits comme des tourteaux de lin ou de tournesol, ou des brisures de légumineuses, la start-up obtient un ingrédient umami à saveur de viande et un arôme chocolat « capable de réduire jusqu’à 25 % l’utilisation de cacao dans une recette ».
Paysagistes/maraichers : Florentaise vend son activité « terreaux grand public » pour se renflouer
Le producteur de terreaux ligérien Florentaise met en vente son activité grand public, rapporte les Echos (article payant) le 16 juin. En redressement judiciaire depuis mars dernier, l’entreprise entends ainsi se renflouer : son activité « terreaux France grand public » a représenté des ventes de 31,6M € en 2023-204, soit près de la moitié du chiffre d’affaires global (66,9 M€). Les unités concernées par la vente sont le site historique de Saint-Mars-du-Désert (Loire-Atlantique) et son usine, ainsi que des sites de production à Saint-Escobille (Essonne), Lavilledieu (Ardèche) et Labouheyre (Landes). Ces fermetures concernent 94 salariés sur un total de 186, un plan de sauvegarde de l’emploi touchant 50 personnes ayant été par ailleurs enclenché. La société conserve son activité à l’international. Les offres sont attendues jusqu'au 7 juillet et la vente devrait appuyer les activités « à fort potentiel de développement - vente de terreaux professionnels en Chine, par exemple - où l'entreprise enregistre des taux de croissance à deux chiffres depuis plus de cinq ans », explique Florentaise. En 2023, l'entreprise avait annoncé qu’elle allait entrer en Bourse pour lever 26 millions d’euros afin de s’imposer comme le leader mondial des terreaux sans tourbe.