Petits fruits rouges : Agroberries et Berry World créent le 2e opérateur mondial
Agroberries, entreprise chilienne leader dans la production et la commercialisation de petits fruits rouges (myrtilles, fraises, framboises et mûres), a annoncé le 18 septembre l'acquisition du britannique BerryWorld Group Holdings Ltd, le plus important metteur en marché de ces fruits en Europe. Par ailleurs, Continental Grain Company (Conti), investisseur spécialisé dans l'agroalimentaire qui avait déjà investi dans Agroberries en 2022, a annoncé un nouvel apport en capital et le renouvellement de son engagement auprès de l'entreprise dans le cadre de cette opération. Outre ses implantations au Chili, Agroberries dispose d’un fort réseau de producteurs associés outre-Atlantique et de plateformes de commercialisation aux États-Unis et aux Pays-Bas. BerryWorld Group est reconnu pour son programme de développement variétal qui a produit plusieurs variétés exclusives primées et opère également dans le segment des fruits préparés. L'entreprise issue du regroupement commercialisera chaque année environ 150 000 tonnes de myrtilles, fraises, framboises et mûres, provenant d’une base de production de plus de 3 000 hectares, en plus d'un large groupe de producteurs associés dans plus de 30 pays. La nouvelle entreprise entend surfer sur la demande toujours importante pour ces fruits et sur une croissance tirée par l'introduction de nouvelles variétés premium.
Noix: nouvel accord interprofessionnel autour de la qualité des noix fraîches
Alors que débute la nouvelle campagne de la noix, Interfel a annoncé, dans un communiqué du 17 septembre, la mise en place d’un nouvel accord interprofessionnel pour la noix fraîche couvrant les campagnes 2024-2026. Parmi les principales dispositions de l’accord figurent notamment les critères de maturité nécessaires à la commercialisation de la noix fraîche, avec une obligation pour chaque lot de contenir au moins 80% de noix avec une cloison médiane interne entièrement brune. Par ailleurs, l’étiquetage doit désormais inclure des informations sur la conservation du produit – à savoir «à consommer rapidement, à entreposer de préférence au frais» ou «conservation très limitée, à entreposer de préférence au frais» – et ce pour permettre «une meilleure prise en charge du fruit». Enfin, l’accord prévoit depuis cette année une limitation de la durée de commercialisation à 15 jours après la date d'expédition. À noter que la date d’expédition sera apposée sur chaque colis afin d’aider à respecter cette durée. Selon l’interprofession des fruits et légumes, l’objectif est d’assurer à la fois «une maturité optimale lors de la récolte et une qualité irréprochable au moment de sa commercialisation», souligne l’interprofession des fruits et légumes frais.
Présidence d’Interfel : les grandes lignes du programme de Jean-Michel Delannoy
Jean-Michel Delannoy, candidat à la présidence d’Interfel a détaillé pour Agra Presse les grandes lignes qu’il présentera le 24 septembre, jour de l’élection. L’ancien président de Felcoop (coopératives) entend, s’il est élu, accompagner le travail précédemment accompli dans l’interprofession tout en voulant initier la création plusieurs «outils d’aide à la décision». Ainsi, il préconise la création d’une nouvelle commission au sein d’Interfel, dédiée génériquement au prix et à la rémunération du producteur, «un chaînon manquant à l’heure actuelle». D’une manière générale, il est partisan du renforcement des commissions de l’interprofession en trouvant des fond additionnels (abondement de l’Etat au même niveau que la CVO par exemple). Il prône aussi la création d’une certification portée par Interfel, «qui pourrait être prioritaire sur la kyrielle de certifications existantes car l’interprofession est représentative de la majorité de la consommation de fruits et légumes en France». Jean-Michel Delannoy voudrait aussi compléter le réseau des centres techniques (spécifiquement au nord de Paris). Enfin, en interne, «dans une période de turbulence et de pénurie, il s’agira aussi de faire preuve de sobriété et de rigueur» conclut-il.
Présidence d’Interfel : la «vision» proposée par Daniel Sauvaitre
Contacté par Agra Presse, Daniel Sauvaitre, président de l’ANPP (pomme/poire) et candidat à la présidence d’Interfel le 24 septembre, a évoqué la «vision» et les actions qu’il mettrait en œuvre s’il était élu. «Dans une interprofession comptant 15 familles, le président d’Interfel a un pouvoir d’initiatives et de propositions, de déceler les problèmes et de veiller à ce que le débat demeure productif», explique-t-il. Le renforcement de la production d’accords interprofessionnels participe selon lui à ce travail collectif : «Il y a une impatience des opérateurs sur certains sujets, celui de l’accumulation des cahiers des charges par exemple. Cet outil, qui va au-delà de la règlementation nationale, a prouvé son utilité» en rappelant le succès de l’accord «calibrage pommes et poires». Dans le cadre du Plan de souveraineté, il entend aussi être «à l’écoute des territoires» et de l'ensemble des métiers de la filière «afin que l’agenda soit porté par les professionnels et non par l’État. L’équilibre entre le déploiement des actions nationales dans les régions et le retour de celles-ci est important». Cette «pédagogie du réel» s’appuierait sur le travail des comités régionaux d’Interfel. Il plaide pour un CTIFL (Centre technique interprofessionnel) qui soit «une force de solutions en phase avec les besoins des entreprises face à la compétition internationale ».
Spiritueux : démission surprise du p.-d.g. de Campari après cinq mois de mandat
Le p.-d.g. du groupe italien de spiritueux Campari, Matteo Fantacchiotti, a démissionné le 17 septembre «pour raisons personnelles», cinq mois à peine après avoir pris ses fonctions, a annoncé la société. Auparavant d.g. de l'Asie-Pacifique, il avait pris les commandes du groupe en avril, succédant à Bob Kunze-Concewitz qui est resté au conseil d'administration du groupe en tant que membre non exécutif après un mandat de seize ans. M. Fantacchiotti avait évoqué le 13 septembre lors d'une conférence avec des investisseurs la «faiblesse» de l'industrie des spiritueux. Campari s'était empressé de préciser qu'il avait commenté «les tendances générales du secteur» aux Etats-Unis, sans faire référence aux «performances spécifiques» du groupe. «Notre ambition de croissance reste très forte», a assuré le 18 septembre Luca Garavoglia, président du conseil d'administration. Campari avait finalisé en mai l'acquisition de la célèbre marque de cognac française Courvoisier pour 1,08 Md€, la plus importante transaction de son histoire. Le 17 septembre, il a annoncé l’acquisition de 14,6 % du sud-africain Capevin Holdings Proprietary Limited, qui détient notamment la totalité du fabricant écossais de whisky CVH Spirits Limited, pour 82,6 M€.
Vendanges : la Marne met en place des navettes pour les saisonniers au RSA
En partenariat avec quatre maisons de champagne, le département de la Marne a mis en place des navettes pour permettre aux allocataires du RSA de se rendre sur les lieux des vendanges, rapporte France Bleu, le 12 septembre. Depuis 2019, les bénéficiaires du RSA de la Marne, l’Alsace et l’Aube ont la possibilité de cumuler allocation et salaire de saisonnier pour les vendanges, disposition inscrite dans le cadre du plan de lutte contre la pauvreté 2019-2021. Mais ils faisaient face au problème de la mobilité, récurrent dans le travail saisonnier. Techniquement, les vendangeurs prennent cette navette le matin devant la préfecture et ils y sont ramenés le soir. Le département met aussi à la disposition des maisons de champagne participantes, un accompagnant : celui-ci est notamment chargé, en cas d'absence d'un des bénéficiaires, de trouver un remplaçant. Mis en place à titre expérimental, le dispositif, qui court jusqu’au 24 septembre, pourrait se «développer avec d’autres maisons l’an prochain» s’il fait ses preuves cette année, selon le vice-président du département, Mario Rossi qui espère du même coup faire découvrir aux bénéficiaires les «autres métiers de la vigne». 120 000 vendangeurs sont attendus pour la récolte 2024 dans le département.
Travail saisonnier agricole: une proposition de loi LR pour l'imposer aux bénéficiaires du RSA
La députée de l’Aube, Valérie Bazin-Malgras (LR) et plusieurs autres députés ont déposé le 17 septembre une proposition de loi visant à conditionner le versement du RSA à l'aide active aux vendanges et aux récoltes agricoles saisonnières. «Le travail saisonnier dans l’agriculture peut offrir des opportunités pour développer des compétences utiles, notamment la maîtrise de techniques agricoles. Cette expérience peut améliorer les chances de trouver un emploi stable dans le secteur agricole ou dans d’autres secteurs à l’avenir», est-il indiqué dans l’exposé des motifs. La PPL propose de modifier l’article L. 262-35 du code de l’action sociale et des familles. D’une part, en étendant l’obligation de contrat entre le département et le bénéficiaire «à toutes les personnes orientées vers un organisme participant au service public, y compris ceux orientés vers Pôle emploi» (jusqu’à présent pas concerné). D’autre part, en incluant le travail saisonnier agricole dans les engagements réciproques en matière d'insertion professionnelle définis dans le contrat, en ajoutant la phrase: «Ces engagements réciproques en matière d’insertion professionnelle incluent obligatoirement, en tenant compte des capacités physiques du bénéficiaire, ainsi que de sa situation personnelle et familiale, la réalisation de contrats de saisonniers dans le secteur de l’agriculture, notamment des vendanges».
Lait: le Cniel rouvre le chantier France Terre de lait sous une nouvelle gouvernance
L’interprofession laitière (Cniel) a lancé «une grande consultation» auprès des parties prenantes pour amorcer la réflexion sur la nouvelle version de France Terre de lait (démarche de responsabilité sociétale) qui doit être renouvelée pour la période 2026-2029, a indiqué son président Pascal Lebrun (coopération) à Agra Presse, le 18 septembre. «Peut-être que certains indicateurs devront être revisités et peut-être qu’il faudra en intégrer de nouveaux», explique-t-il. Lors de la conférence de presse de la FNPL (producteurs de lait, FNSEA), le même jour, la présidente déléguée du Cniel Marie-Andrée Luherne s’est dite déterminée à peser dans les discussions interprofessionnelles, malgré le transfert de la présidence au collège de la coopération en juin. Un séminaire sera organisé début octobre pour «déterminer les priorités du Cniel», précise-t-elle. «Dans le cadre de la révision de France Terre de lait, nous aurons besoin d’indicateurs sur la compétitivité à l’export», ajoute-t-elle. La démarche de la filière est fixée pour une durée de trois ans, en cohérence avec le renouvellement de la contribution volontaire obligatoire (CVO). Son montant et sa répartition seront à nouveau discutés pour une application au 1er janvier 2026. «La question sera de savoir si on fait bouger la répartition et si on inclut la grande distribution», explique Pascal Lebrun.
Porc : plus de mille visiteurs à l’inauguration d’un élevage périurbain près de Lyon
Un éleveur de porcs de la coopérative Cirhyo, Pascal Allabouvette, a reçu ce 14 septembre plus de mille visiteurs à l’occasion de l’inauguration festive d’un bâtiment de post-sevrage de 2 000 places à Pusignan, en périphérie de Lyon, portant à 15 000 porcs charcutiers sa production annuelle. «L’acceptation de cet élevage périurbain est le résultat d’un travail de longue haleine», commente Cécile Michon, directrice de l’interprofession porcine Régionale, Interp’Aura. L’éleveur partage depuis plusieurs années avec le public les progrès de son élevage, aujourd’hui en symbiose avec la production céréalière, limitant les sources de nuisances et combinant bien-être animal et humain. Ainsi le dernier bâtiment comprend une salle de tri, des niches chaudes et un système de lavage d’air. Interp’Aura et les groupements régionaux aident les éleveurs dans la gestion de leurs dossiers environnementaux et l’interprofession fait connaître les métiers du porc auprès des institutions et du grand public. Le Conseil régional, dont le président a honoré l’inauguration, alloue 2 millions d’euros annuels à la production porcine. Le nouveau bâtiment d’1,2 million d’euros a reçu 67 500 euros de subvention de la région et du Feader et 76 000 euros de l’Ademe.
Blé tendre: exportations attendues en recul de plus d'un tiers, qualité moyenne
A l'occasion de sa réunion mensuelle, le 18 septembre, le conseil spécialisé Grandes cultures de France Agrimer, a livré de nouvelles prévisions d'exportation de la moisson française 2024 marquée par un net recul de la production de blé tendre à 25,75 millions de tonnes (Mt). En conséquence, les exportations de blé tendre sont attendues en baisse de 6,5 Mt (-39%), à 10,1 Mt. Dans la même tendance, les exportations d'orge reculeraient de 1,8 Mt à 5 Mt, et celles de blé dur de 185 000 tonnes à 770 000 tonnes. A l'inverse, les exportations de maïs grain rebondiraient de 8% à 4,5 Mt. FranceAgrimer a également livré de premières estimations de qualité des blés à l'entrée de silos, avant travail d'allotement ; il en ressort une qualité plutôt moyenne en blé tendre, et dégradée en blé dur. FranceAgrimer a également livré de premières estimations de qualité des blés à l'entrée de silos, avant travail d'allotement ; il en ressort une qualité plutôt moyenne en blé tendre, et dégradée en blé dur. Dans le détail, la teneur en protéine du blé tendre atteint 11,4% (dans la moyenne quinquennale), son poids spécifique est «très hétérogène» (35% sous 74 kg/hl, contre 10% sur la moyenne quinquennale), mais le temps de chute de Hagberg est «excellent» (99% au dessus de 240s). Pour le blé dur, la teneur en protéine atteint seulement 13,8% (45% supérieurs à 14%, contre 68% sur la moyenne quinquennale), et le poids spécifique est très hétérogène (28% supérieurs à 78kg/hl, contre 48% sur la moyenne quinquennale). Le blé dur est notamment marqué cette année par un taux élevé de moucheture (5,2%).
Résidus de pesticides: le Parlement européen force Bruxelles à revoir sa copie
Le Parlement européen a rejeté, le 18 septembre, à une large majorité deux décisions de la Commission européenne proposant de revoir les limites maximales de résidus (LMR) de pesticides interdits dans l’UE sans les ramenées à zéro. Bruxelles va devoir revoir sa copie. En avril, les États membres avaient pourtant donné leur feu vert à ces textes qui prévoient des tolérances à l'importation – très supérieures à la limite de détection - pour le cyproconazole, le spirodiclofène, le bénomyl, le carbendazime et le thiophanate-méthyl sur des produits tels que les agrumes ou les céréales. «C’est un désaveu pour la Commission européenne» malgré la pression qu’elle exercée pour convaincre les parlementaires de ne pas soutenir ces objections, se félicite l’eurodéputé socialiste Christophe Clergeau à l’initiative de ces deux résolutions. Déjà avant les élections européenne, des propositions similaires concernant les résidus de tricyclazole sur le riz et de thiaclopride avaient été rejetées par le Parlement. Christophe Clergeau espère qu’avec ce vote encore plus net que les précédents, «la Commission européenne va changer sa logique» pour la protection de la santé des citoyens et lutter contre une concurrence pour les agriculteurs de l’UE.