UE-Mexique: conclusion politique des négociations commerciales
La Commission européenne a annoncé le 17 janvier la conclusion des négociations politiques visant à moderniser l'accord commercial entre l'UE et le Mexique. Les grandes lignes de cet accord avaient été convenues en 2020. Il va permettre l'accès en franchise de droits à de nombreuses exportations agroalimentaires de l'UE vers le Mexique en supprimant certains droits de douanes qui atteignent aujourd’hui 100%. Ainsi l’UE bénéficiera d’un accès privilégié pour le fromage et les produits laitiers avec, par exemple, un contingent tarifaire à droit nul de 20.000 t pour les fromages affinés, de 5.000 t pour les fromages frais, 50.000 t pour la poudre de lait écrémé, 13.000 t pour les préparations laitières et 2500 t pour le beurre. La viande de porc sera entièrement libéralisée à l’exception d’un contingent tarifaire de 10.000 t pour les longes. Même chose pour la volaille à l’exception d’un contingent de 20.000 t pour les cuisses de poulet. Un contingent de 30.000t est prévu pour le bœuf. Les exportations de pommes, pêches en conserve et œufs seront progressivement entièrement libéralisés. Selon l'accord convenu en 2020, la Mexique obtient de son côté obtient des contingents de 10.000t pour la viande bovine et 10.000 t pour les abats de bœuf avec un droit de 7,5%, une libéralisation complète pour le porc, à l’exception du jambon congelé avec un contingent de 10.000t et le miel. Des contingent de 25.000 tonnes d’éthanol et 30.000 t (à 49 €/t) de sucre brut destiné au raffinage uniquement seront introduits progressivement. Les textes détaillés de l'accord seront publiés dans les prochains jours, selon la Commission européenne. Ils devront ensuite être finalisés techniquement et traduit avant que la Commission européenne ne les soumette au Conseil et au Parlement européen.
Biocontrôle: les procédures de commercialisation du fongicide d’Amoéba en bonne voie
L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a publié le rapport final d’évaluation de la substance active de biocontrôle d’Amoéba, annonce la société dans un communiqué le 15 janvier. La Commission européenne dispose donc «désormais de six mois maximum pour entériner l’approbation de la substance active, conformément aux dispositions administratives usuelles», rappelle Amoéba, ouvrant ainsi la voie vers la commercialisation, comme l’annonçait son d.g. Jean-François Doucet à Agra Innovation en décembre. La société va pouvoir lancer la procédure de demande d’autorisation de mise sur le marché (AMM) en Europe de ses produits de biocontrôle, de la gamme Axpera. La demande sera soumise aux huit États membres européens ciblés en priorité: l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, la France, la Grèce, l’Italie, les Pays-Bas et le Portugal. Une décision est attendue pour la fin 2025. Pour mémoire, Amoéba a soumis en juillet 2024 une demande d’autorisation fédérale de mise sur le marché d’Axpera aux États-Unis (à l’exception de la Californie, où la procédure est distincte), pour laquelle elle espère une réponse dans le courant de cette année (Perrine Delfortrie, Agra Innovation).
Biotechnologies: Avril reprend les activités du chimiste Pivert
Le groupe Avril a annoncé reprendre les activités de la société Pivert, basée dans les Hauts de France et spécialisée dans les biotechnologies et la chimie, dans un communiqué du 17 janvier. Cela fait suite à la décision du tribunal de commerce de Compiègne, « en résolution d’une procédure de redressement judiciaire », précise le groupe. Contacté par Agra Presse, le service communication du groupe indique que « sur les 30 collaborateurs de Pivert, 21 seront conservés ». En revanche, aucune information n’a été dévoilée au sujet du montant de l'opération. La nouvelle entité prendra le nom d’Avril Technologie Végétale (ATV), filiale détenue à 100 % par Avril. Elle hébergera une autre filiale, Evertree, spécialisée dans la production d’adhésifs à partir de protéine de colza et de tournesol, et se situera à proximité du site français d’Oléon, également propriété d’Avril, et dédié à l’oléochimie. Paul-Joel Derian, directeur développement durable et innovation d’Avril, et directeur Avril Incubateurs, déclare dans le communiqué que l’opération permet de renforcer « notre capacité d’innovation autour du végétal, en réunissant dans une même unité géographique plusieurs activités d’Avril, tout en restant ouvert aux entreprises innovantes du secteur ».
Huiles végétales bio : la nouvelle huilerie bio de Val de Gascogne entrera en activité début février
Alors que les phases de tests se poursuivent, le démarrage la nouvelle huilerie bio de Val de Gascogne, à Gimont (Gers), est prévu début février, confie Jean-François Deneys, directeur général adjoint de la coopérative, interrogé par Agra Business. «La première année, nous tablons sur 3500 tonnes de graines écrasées (soit près de 1400 litres d’huile), essentiellement du tournesol pour atteindre 6000 t dans deux ans.» Cette usine, basée à Gimont, a nécessité un investissement de 5 M€. Elle remplacera celle de Cologne, d’une capacité de 2000 t, en service depuis 2012. «Le site de Gimont est équipé d’une nouvelle presse qui nous permet de travailler les graines décortiquées, autrement dit, juste les amandes, précise-t-il. Le gros atout est de récupérer des tourteaux bio beaucoup plus riches en protéines, qui intéressent déjà les fabricants d’aliments, notamment pour les volailles : un substitut tout trouvé au soja importé.» La coopérative teste également de nouvelles recettes pour voir comment transformer ces tourteaux en farines, qui pourraient être utilisées en alimentation humaine, dans les barres énergétiques par exemple. À moyen terme, les deux presses du site de Cologne seront rapatriées sur le site de Gimont pour élargir la gamme d’espèces travaillées (colza, lin...), en bio ou en conventionnel, selon la demande des clients. (Anne Gilet)
Pommes de terre: une production française 2024-2025 à 7,7 Mt (syndicats)
La production hexagonale de pommes de terre de conservation, pour la présente campagne commerciale 2024-2025, est évaluée à 7 711 209 tonnes, indique un communiqué commun de l'UNPT (producteurs, FNSEA) et du CNIPT (interprofession) le 17 janvier. Il s'agit d'une progression de 12,2 % par rapport à 2023-2024, résultant essentiellement de la croissance des surfaces cultivées, de 11% annuellement, à 178 900 ha (source: Agreste). Les deux syndicats relèvent par ailleurs une demande nationale industrielle dynamique, ainsi que l'accroissement de l’intérêt de certains pays voisins, qui ont connu des déboires dans leurs récoltes. Néanmoins, les représentants de la filière déplorent «l’incapacité persistante à retrouver les niveaux de rendement atteints il y a dix ans. Cette stagnation soulève des questions cruciales sur l’avenir des rendements à moyen et long terme et sur ses conséquences directes pour la production nationale.» Les rendements décrochent en effet légèrement entre 2023 et 2024, passant de 44,9 t/ha à 44,5 t/ha.
Fruits et légumes: en Italie, dégradation de la balance commerciale en 2024
Le bilan des échanges des fruits et légumes italiens reflète une détérioration progressive sur les dix premiers mois de 2024, rapporte le site Italiafruit le 17 janvier, reprenant les derrières données du Moniteur fruits et légumes du cabinet Agroter. Le résultat en volume est résolument négatif et se rapproche d'un déficit de 349 000 tonnes (supérieur de 20% à la même période de l'année précédente), tandis qu'en termes de valeur le bilan reste positif, mais avec un excédent de seulement 131 M€, en forte détérioration par rapport à 2023 (-70%). Dans le détail, les exportations italiennes augmentent, tant en volume (+9%) qu'en valeur (+6%), mais ne compensent pas les prix plus élevés des importations (+10% en volume), qui ont progressé de 14% en valeur. Les agrumes demeurent un moteur de l’exportation transalpine, avec des volumes en augmentation de 16% par rapport à 2023. Les fruits tropicaux se maintiennent également (+15% en volume, +11% en valeur). En revanche, la période a été plus difficile pour les légumes et les légumineuses: les volumes ont été certes en progression de 14%, mais la hausse en valeur ne dépasse 1%, compte tenu des prix pratiqués sur les principales destinations. La situation est inversée concernant les importations, qui ont connu des plus élevés que l’an passé, spécialement pour les fruits frais, en progression de 19%, alors que leurs volumes n’ont augmenté que de 9%.
Champagne: forte baisse des expéditions en 2024 dans un contexte «d'incertitudes économiques»
Les expéditions de champagne en 2024 ont atteint 271,4 millions de bouteilles, enregistrant une baisse de 9,2% par rapport à 2023, a annoncé le 18 janvier le Comité champagne dans un communiqué. En 2024, le marché français représente 118,2 millions de bouteilles, soit une baisse de 7,2% comparé à 2023, a-t-il détaillé. Selon le Comité, ce déclin sur le marché national reflète le climat de «morosité politique et économique ambiante». A l'international, les exportations s'élèvent à 153,2 millions de bouteilles, soit un recul de 10,8% par rapport à 2023. Toutefois, «la part des exportations (56,4 % du total) reste nettement supérieure aux ventes sur le marché national, ce qui confirme le renversement observé depuis quelques années», a précisé le Comité. Le Champagne est «un véritable baromètre de l'état d'esprit des consommateurs. Et l'heure n'est pas à la fête, entre inflation, conflits dans le monde, incertitudes économiques et attentisme politique dans certains des plus grands marchés du champagne, comme la France ou les États-Unis», a commenté dans le communiqué Maxime Toubart, président du Syndicat général des vignerons, co-président du Comité Champagne.
Grippe aviaire: les USA annoncent 211 M$ pour les vaccins humains à ARN messager
Le gouvernement américain a annoncé dans un communiqué le 16 janvier un nouveau financement de 211 millions de dollars (M$) pour développer des vaccins à ARN messager contre des maladies émergentes, avec comme objectif d'accélérer les tests sur la grippe aviaire. Aux États-Unis, 67 personnes ont été infectées par la grippe aviaire depuis début 2024, et les craintes d'une pandémie s'accentuent. Début janvier, pour la première fois, un homme âgé est décédé en Louisiane après avoir contracté le virus H5N1. «Ce dernier investissement illustre la réponse solide de l'administration Biden-Harris face aux menaces de maladies émergentes telles que la grippe aviaire», a déclaré le ministre américain de la Santé, Xavier Becerra. Ce nouveau financement arrive alors que Donald Trump prendra le relais de Joe Biden à la Maison-Blanche le 20 janvier, et que la façon du républicain de gérer la menace inquiète. M. Trump a choisi au ministère de la Santé Robert Kennedy Jr, sceptique notoire vis-à-vis des vaccins, qui a promis de réformer les agences sanitaires. M. Kennedy a aussi fait la promotion du lait cru, considéré comme un vecteur de la grippe aviaire. Les États-Unis avaient déjà annoncé début janvier consacrer 306 M$ pour la prévention et recherche médicale contre la grippe aviaire.
Lait: l'interprofession annonce la reprise de ses travaux, après plus d'un mois de blocage
Bloqués depuis un mois et demi à la suite d'un différend autour de la publication des indicateurs de coût de production, les travaux entre les professionnels des différents collègues «reprennent» au sein de l'interprofession laitière (Cniel), annoncent, dans un communiqué commun paru le 17 janvier, les représentants des quatre métiers (producteurs, coopératives, industriels privés, distributeurs). «La publication du tableau de bord interprofessionnel d’indicateurs avec des nouveaux indices couvrant l’évolution des charges des exploitations laitières, assorti d’une notice méthodologique, permet d’obtenir un consensus et de se projeter sur l’avenir de la filière», déclarent les présidents des quatre collèges. Concrètement, la nouveauté réside dans l'insertion d'une notice méthodologique, qui détaille l'origine de certaines données utilisées pour le calcul des indicateurs, indique-t-on à la FNPL (éleveurs). Le 3 décembre, le collège des éleveurs avait suspendu ses travaux au sein du Cniel face au refus des laiteries privées de valider la publication d’un nouvel indicateur Ipampa. Les industriels privés (Fnil) souhaitaient un renforcement de la «méthodologie» et de la «représentativité» de l’indicateur, assurant qu’il n’existait pas d’accord interprofessionnel portant sur la reconnaissance de cet indicateur, ce que contestaient les producteurs. La Fnil espérait également voir «aboutir les travaux sur l’indicateur beurre poudre» lancés «il y a plus de deux ans». Un chantier que le Cniel pourrait accélérer suite à cet épisode, glisse-t-on à la FNPL.
Dénominations animales: vers une annulation complète des décrets (rapporteur/Conseil d'État)
Interprétant les implications françaises de l'arrêt de la Cour de justice de l'UE (CJUE) du 4 octobre, le rapporteur public a proposé au Conseil d'État, le 17 janvier, l'annulation dans son intégralité des décrets français de 2022 et 2024 interdisant l’utilisation de dénominations telles que «steak» ou «saucisse» à des produits végétaux. Même si certaines parties des textes pouvaient se rapporter à des dénominations légales (sans incidence, car non utilisées par les entreprises visées), le rapporteur retient que l'esprit des textes était de viser les dénominations usuelles, ce qui contrevient au droit européen. Le rapporteur est généralement suivi dans ses préconisations par le Conseil d'État. La CJUE avait indiqué en octobre que ce décret de 2024 – paru après l'annulation partielle du premier, dans l'attente de l'arrêt de la CJUE – «méconnaissait» la réglementation européenne. «Un État membre ne peut interdire l’utilisation de termes traditionnellement associés aux produits d’origine animale pour désigner un produit contenant des protéines végétales», estimait-t-elle, sauf si une dénomination légale a été adoptée. À sa suite, le rapporteur propose de donner complètement droit aux requête des plaignants – l’association Protéines France, l’Union végétarienne européenne (EVU), l’Association végétarienne de France (AVF) et la société Beyond Meat. Selon la CJUE, un État membre ne saurait empêcher, par une interdiction générale et abstraite, les producteurs de denrées alimentaires à base de protéines végétales l’utilisation de noms usuels ou de noms descriptifs.
Assises du sanitaire: le ministère veut aboutir à des «contrats de filière» (professionnels)
Pour les Assises du sanitaire, «la DGAL nous a annoncé qu’elle souhaite aboutir à des contrats sanitaires de filière», indique Kristel Gache, directrice de GDS France (groupements de défense sanitaire), à Agra Presse le 17 janvier. L’idée serait «d’engager toutes les parties prenantes» pour aboutir à un «système sanitaire rénové pour prendre en compte les nouvelles menaces (changement climatique, mondialisation des échanges)». Après l’annonce des Assises début novembre, quatre groupes de travail ont été mis en place (ruminants, porcs, volailles, sujets transversaux). Selon la directrice de GDS France, «l’ensemble des membres du Cnopsav ont été sollicités» pour donner leur diagnostic sur plusieurs sujets: financement, gouvernance, prévention, surveillance, lutte, anticipation, souveraineté. Des contributions qui seront présentées lors du lancement officiel le 30 janvier (et non le 31 comme indiqué par Contexte). Selon Kristel Gache, certains points feraient consensus, comme «l’ancrage territorial des acteurs», la «diminution des capacités financière de l’État», ou encore «la nécessité d’aller vers des approches préventives (biosécurité, vaccination)». Ce n’est pas le cas du financement, comme souligné par un rapport du CGAAER. «Ça reste un gros point d’interrogation», note Mme Gache, sachant qu’«un des attendus des Assises, c’est d’arriver à un modèle financier plus équilibré et plus anticipé».