Agra Business | Axéréal/Pissier, COC/Océalia, Sofiproteol/Franquart, Maïsadour, CNPO

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Moissons : dans le Centre, un bon premier bilan pour Axéréal et Pissier

Chez Axéréal (4 Mt de collecte), tout devrait être récolté mi-juillet, avec une dizaine de jours d’avance. « Le rendement des orges d’hiver dépasse la moyenne quinquennale, de 5 %, soit plus de 64 q/ha, précise Romain Chiron, directeur céréales. Même si le taux de protéines est un peu bas, la qualité globale est au rendez-vous. Les calibrages sont très bons et l’état sanitaire, impeccable. » En blé, le bilan est plus mitigé. « Les rendements sont dans la moyenne, autour de 65 à 70 q/ha, et la qualité affiche de très bons PS mais un taux de protéines également parfois limite : un travail d’allotement sera nécessaire. » Les pois révèlent de très bonnes surprises et les rendements des colzas, bien qu’hétérogènes, sont corrects, entre 30 et 32 q/ha. Dans le Loir-et-Cher, Antoine Pissier, directeur général du négoce éponyme (150 000 t de collecte) constate que la récolte des orges d’hiver est quasi finie, celle des colzas est avancée à 85 % et celle des blés, au tiers: « Les premiers bilans sont bons, en PS notamment avec des grains très secs. La grosse incertitude est pour les céréales semées en février (orge et blé de printemps, blé dur). Toutes souffrent du manque d’eau et le bilan risque d’être très hétérogène selon le type de sol. » Inquiétude également pour les maïs et les tournesols non irrigués, même si les 20 mm du week-end ont fait du bien. (Anne Gilet)

Moissons : en Poitou-Charentes, chez COC et Océalia, bons rendements, protéines un peu faibles

Dans la Vienne, pour le groupe COC (600 000 t de collecte), la récolte des colzas est terminée à 80 %, avec « de très bonnes surprises », confie Ulrich Housseau, le directeur général. « Le coup de chaud de fin de cycle a pénalisé les PMG (poids de mille grains). La moyenne devrait quand même dépasser 36 q/ha. » En orges fourragères, la qualité est très bonne, tout comme les rendements, autour de 70 q/ha de moyenne. « Les blés, récoltés à 60 %, révèlent de bons rendements, entre 60 et 80 q/ha, sauf dans les sols très hydromorphes (50 q/ha) où les plantes étaient mal implantées. Autre bémol : un taux de protéines un peu faible. Sur le vaste territoire d’Océalia (1,3 Mt de collecte), « d’ici à ce week-end, les dernières parcelles d’orges d’hiver et de colza seront moissonnées, prédit Pierre-Antoine Allard, directeur des productions végétales. Les rendements dépassent de 10 à 15 % les moyennes habituelles : respectivement de 70 à 75 q/ha et de 35 q/ha. C’est très bon en quantité et en qualité, sauf pour les protéines, un peu basses : les explications semblent plurielles. » Pour le blé, collecté à 75 %, les rendements sont plus disparates, notamment dans le sud de la zone mais les PS sont très bons. « Pour les protéines, le tas moyen devrait être en dessous de 11 mais pas de souci, nous saurons le travailler pour bien le valoriser. » (Anne Gilet)

Céréales/transformation : Sofiprotéol entre au capital de Franquart

Dans un communiqué du 8 juillet, la société d’investissement Sofiprotéol (filiale du groupe Avril) a annoncé son entrée minoritaire dans le capital de l’entreprise familiale et spécialisée dans la transformation de grains Franquart, basée dans les Hauts-de-France. Le montant de l’opération n’est pas précisé. Sofiprotéol espère aider Franquart à « développer les capacités de production de son usine d'Annezin dans des produits à plus forte valeur ajoutée, en réponse aux demandes des clients agroalimentaires, tout en confortant sa trajectoire de développement durable ». Pour rappel, les produits transformés (farines, purées, mélanges de granolas etc.) de Franquart sont destinés à de nombreux secteurs : boulangerie-viennoiserie-pâtisserie, biscuiterie, chocolaterie, glaces, traiteur, snacking et nutrition spécialisée. De son côté, Sofiprotéol avait annoncé en début d’année soutenir le groupe coopératif Maïsadour, et se tenir prêt à « renforcer les fonds propres d’organismes stockeurs ».

Pomme de terre : la croissance des surfaces françaises se confirme autour de 10%

Selon les premières estimations de l'étude terrain de l'UNPT (producteurs de pomme de terre, FNSEA) pour le compte du CNIPT (interprofession), la surface française 2025 de pomme de terre de conservation dans l'Hexagone approcherait les 200 000 ha. Plus en détail, elle progresserait de 10,3 % par rapport à 2024, pour atteindre 197 000 ha. Pour rappel, le GIPT tablait sur une croissance de cet ordre en mars dernier. L’étude a été élaborée auprès d’un panel de producteurs dans les principales régions de production (Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Centre-Val de Loire, Haute Normandie et Champagne-Ardenne) entre mai et juin, et complétée par des données statistiques pour les autres bassins. L’augmentation de surface est particulièrement marquée du côté de la région des Hauts-de-France (+ 11 020 ha), et notamment la Picardie (+ 6 860 ha). « Les Hauts-de-France conservent ainsi le 1er rang de producteur de pommes de terre de conservation avec plus de 60 % des surfaces françaises », indique l’UNPT. Le syndicat explique par ailleurs observer de près la météo estivale, jouant sur les récoltes. « Les résultats des prélèvements en parcelles réalisés dans les semaines à venir par l’UNPT, en partenariat avec le CNIPT, permettront de mesurer et d’évaluer la situation au mieux cet été », relate le communiqué.

Pomme de terre : Maïsadour développe une nouvelle filière dans le Sud-Ouest

Dans un communiqué du 8 juillet, le groupe coopératif Maïsadour, basé dans le Sud-Ouest (Landes) a annoncé le développement d’une filière pomme de terre dans sa zone d’influence, en partenariat avec l’industriel belge Roger & Roger, producteur de chips et de snacks. Maïsadour s’engage à accompagner les agriculteurs dans la production de pomme de terre, pendant que Roger & Roger offre un débouché : son usine basée à Mouscron en Belgique, proche de la frontière française. Cinq agriculteurs landais ont été sélectionnés pour intégrer la filière lors de cette première année. Trois conseillers formés spécifiquement pour la culture se chargeront de leur accompagnement, tout au long du cycle, soit une période de quatre mois. « Ce partenariat structurant illustre concrètement la stratégie Ambition 2030 du groupe, et plus précisément son deuxième pilier : Développement de filières à valeur ajoutée », précise le communiqué. Aucun objectif de volume, ni de surface de production de pomme de terre n’a été précisé. « Il s’agit d’un début. Pour le moment, nous souhaitons surtout garantir la qualité des produits », a expliqué à Agra Presse le service communication de Maïsadour.

Grandes cultures/fruits/légumes : le scarabée japonais détecté pour la première fois en France

La préfecture du Grand Est a annoncé le 6 juillet la détection du scarabée japonais (Popillia japonica)  pour la première fois en France, rapporte l’AFP. « Les 1er et 2 juillet 2025, deux spécimens ont été capturés dans des pièges situés à Mulhouse et à Saint-Hippolyte. Les conditions dans lesquelles les deux individus ont été capturés laissent supposer qu'il s'agit d'une interception, c'est-à-dire des individus qui se seraient déplacés via le transport humain (train, camion, voiture) », précise-t-elle. En 2022, l’Anses avait alerté sur la probabilité de voir le scarabée japonais entrer en France : « C’est un insecte qui se déplace facilement et comme il peut consommer de nombreuses espèces présentes sur le territoire français il n’aura pas de difficulté à trouver des sources de nourriture », expliquait à l’époque Christine Tayeh, coordinatrice scientifique. Le scarabée japonais s’attaque plus de 400 espèces végétales : forestières (érable plane, peuplier), ornementales (rosiers) et productives (prunier, pommier, vigne, maïs, soja, haricot, asperges…). « Une surveillance renforcée par piégeage et examens visuels est d'ores et déjà mise en place dans les deux secteurs de capture afin de vérifier l'absence d'autres spécimens », promet la préfecture du Grand Est. 

Lait/viande : les cours des petits veaux laitiers atteignent un record à 319 € (presse)

Le prix d’un veau laitier mâle de 45 à 50 kg a atteint un record à 319 € pièce en moyenne la semaine du 23 au 29 juin, peut-on lire sur le site des Marchés (groupe Réussir-Agra), citant les données établies par FranceAgriMer. « Un niveau jamais vu, qui dépasse de 145 % la cotation de l’an dernier, même date. Les prix des petits veaux ont progressé de 195 €/tête depuis le début de l’année », indiquent Les Marchés. Cette hausse spectaculaire s’explique par le recul du nombre de naissances puisque 203 000 veaux sont nés de mère laitière en avril 2025, soit 9 000 veaux de moins qu’en avril 2024, selon la note de conjoncture de l’Idele. Le phénomène ne se limite pas à la France car la décapitalisation touche l’ensemble de l’Europe. Les difficultés sur le volet sanitaires pourraient aussi expliquer ce recul. Enfin, les toute récentes vagues de chaleur peuvent avoir une influence sur les cours. En une semaine (23-29 juin), le prix du veau laitier a augmenté de 24 €. Les perspectives laissent entrevoir une normalisation de la situation en se basant sur le nombre d’inséminations artificielles : « des disponibilités un peu plus importantes en juin et un peu moins de veaux disponibles en août, retrouvant des niveaux plus proches de l’année 2023 », selon l'Idele.

Lait : des cas d'encéphalite à tiques transmis par le lait cru en France depuis 2020

L’Anses a publié le 7 juillet une note concernant l’encéphalite à tiques (TBE), maladie virale transmise par une tique du genre Ixodes, concernant les animaux et les humains. Cette pathologie « suscite une préoccupation croissante en France » souligne l’Anses. Depuis 2020, des cas humains liés à la consommation de produits au lait cru, un mode de transmission jusque-là non observé dans l’Hexagone, ont été signalés. La zone de prévalence, l’Est de la France, a tendance à s’étendre. Le lait cru de chèvre semble présenter plus de risque de transmission que les produits laitiers d’autres animaux. Le lait cru est contaminé car les animaux ont été piqués par des tiques porteuses du virus. Les humains peuvent être aussi contaminés en étant piqués par des tiques infectées. Les infections humaines sont peu nombreuses, mais « les conséquences sur la santé peuvent être graves et entraîner des séquelles à long terme. » Face à ce constat, l’Anses émet des recommandations : améliorer la surveillance du virus notamment auprès des chèvres et des vaches ; limiter l’exposition aux tiques des ruminants comme les chèvres ; pasteuriser le lait dans les situations d’urgence et mieux informer la population générale et les travailleurs exposés.

Filières animales: Culture Viande se dote d’une responsable des affaires publiques

Culture Viande annonce, dans un communiqué du 8 juillet, avoir embauché une responsable des affaires publiques et des relations extérieures en la personne de Louise Daniel. Venant d’une famille d’agriculteurs, cette diplômée d’une licence en droit public et d’un master en politiques de communication a travaillé en tant que chargée de recherches et de plaidoyer à Farm Europe, est-il précisé. Son expertise « renforce notre capacité à défendre les intérêts des entreprises françaises de viande dans un contexte de transition du secteur et de garantie de la souveraineté alimentaire », justifie Hélène Courades, directrice de Culture Viande, dans le communiqué. Louise Daniel est chargée de porter la voix des entreprises d’abattage-découpe et de commerce de gros des viandes, que ce soit auprès des institutions publiques, des parties prenantes et de la presse. Elle participera aussi aux réflexions sur les enjeux de compétitivité, de transition et de souveraineté alimentaire du secteur. La fédération fédère 245 entreprises travaillant les viandes de boucherie (bovine, porcine, ovine, caprine, équine) ainsi que les produits tripiers. Elle représente 36 000 salariés et un chiffre d’affaires global de 14 Milliards d’euros.

Œuf : FCD et FCA quittent l’interprofession mais continuent de soutenir l’ovosexage

Par un communiqué du 8 juillet, la grande distribution, jusqu’alors représentée au CNPO par la FCD et la FCA, ont annoncé quitter le comité interprofessionnel de l’œuf sans remettre en cause l’accord de financement de l’ovosexage. Elles mettent en cause le « fonctionnement actuel de la gouvernance » au motif qu’il « ne permet pas un dialogue interprofessionnel constructif et équilibré avec l’ensemble des parties prenantes ». La déléguée générale de la FCD Layla Rahhou (devant bientôt quitter on poste), pointe à l’intention d’Agra Presse des « prises de position syndicales » donnant lieu à des « décisions prises sans concertation ni consultation ». Elle réaffirme cependant le « fort attachement des enseignes à la filière œuf » et à l’ovosexage, tout en dénonçant le « manque de transparence » sur l’amortissement et les économies d’échelle qui diminueraient le coût de cette pratique permettant d’éliminer dans l’œuf les poussins mâles. « On va tenir tous nos engagements », assure-t-elle, en rappelant que la grande distribution a déjà consacré plus de 91 millions d’euros dans l’ovosexage avant que les autres circuits d’œufs coquilles soient mis à contribution en mars 2025.  

PPL Entraves: le texte adopté par l'Assemblée, promesses de recours de la gauche

Après avoir passé sans encombre le cap du Sénat le 2 juillet, la proposition de loi Entraves des sénateurs Duplomb et Menonville a été aussi adoptée largement à l’Assemblée nationale ce 8 juillet. Le texte, passé le 30 juin par une commission mixte paritaire (CMP) qui avait permis l’écriture d’un texte de compromis entre députés et sénateurs, a été adopté à 316 voix contre 223 à la chambre basse. La grande majorité de la coalition gouvernementale et l’alliance RN-UDR (extrême droite) ont voté pour. Le groupe macroniste Ensemble pour la République a voté aux deux tiers pour (14 contre, 10 abstentions). Neuf députés MoDem et trois Horizons ont voté contre.  La gauche et les écologistes se sont frontalement opposés au texte. C’est un «recul majeur», a jugé la députée socialiste Mélanie Thomin. Les parlementaires insoumis, écologistes et socialistes ont annoncé qu’ils déposeraient des recours au Conseil constitutionnel, estimant pour certains que la loi contrevient aux principes de précaution et de non-régression environnementale. Réclamée par la FNSEA et les JA qui ont salué tous deux après le vote «un premier pas pour relancer notre appareil de production agricole», la loi reste critiquée par la Confédération paysanne, pour que le texte «sacrifie le monde paysan au profit de l’agro-industrie».

Installation: le groupe allemand Allianz investit dans la foncière française Feve

Dans un communiqué paru le 8 juillet, la filiale française du groupe allemand d'assurance et de gestion d'actifs Allianz annonce être entrée au capital de la foncière française Feve (Fermes en vie) dédiée à l'installation en agriculture. Le montant de l'investissement d'Allianz France n'est pas précisé. «Allianz France est le premier investisseur institutionnel privé à soutenir directement la structure en fonds propres, sans passer par les circuits habituels de financement de l'économie sociale et solidaire (ESS) (c'est-à-dire hors Banque des Territoires et fonds FPS solidaires)», expliquent les deux entités. Fondée en 2020, la société Feve avait levé 6,1 millions d'euros trois ans plus tard auprès de 550 investisseurs, essentiellement des particuliers, qui avaient permis la reprise de sept fermes, dont cinq en Nouvelle-Aquitaine. À ce jour, Feve revendique plus de 2 600 investisseurs, qui ont permis d'installer 60 agriculteurs sur un peu plus de quarante fermes. «La participation d'Allianz France va permettre à Feve de renforcer ses capacités d'action, d'accélérer l'acquisition de terres agricoles et d'accompagner davantage de porteurs de projets en zone rurale», expliquent les deux sociétés dans le communiqué.

Coopératives : Océalia signe une convention sur l'emploi avec un régiment d'Angoulême

Dans un communiqué du 7 juillet, le groupe coopératif céréalier Océalia basé dans l’Ouest (Charente) a annoncé avoir signé la convention ProMilès avec le 1er régiment d’infanterie de marine (Rima) d’Angoulême. Via cette convention, Océalia s’engage sur trois principaux points. Le premier : faciliter l’organisation des réservistes au sein de l’entreprise. En d’autres termes, Océalia s’engage à faciliter la réponse à l’appel du régiment de tout employé réserviste. Le deuxième : faciliter l’employabilité des conjoints de militaires. Ces derniers peuvent en effet rencontrer des difficultés à retrouver un emploi dans la zone d’affectation du militaire en question, qui s’installe souvent pour une durée limitée. Le troisième : accompagner les militaires en fin de carrière ou en transition. D’autres collaborations pourraient survenir à l’avenir entre la coopérative et le régiment. « À l’occasion de la signature de la Convention Promiles, les dirigeants d’Océalia et du 1er RIMA ont confirmé leur volonté de renforcer leur relation pour construire de futurs partenariats », indique le communiqué.