Agra Business | Carrefour/Coopérative U, Remilk/LDC, Val de Gascogne et Arterris

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Distribution: Carrefour et Coopérative U créent une alliance européenne aux achats

La recomposition du secteur de la grande distribution a connu ce 7 juillet un nouvel épisode avec le partenariat de poids annoncé par Carrefour et Coopérative U, respectivement deuxième et quatrième distributeur en France, qui négocieront désormais ensemble et depuis Bruxelles leurs achats auprès des fournisseurs. «Cette alliance, fondée sur la massification des volumes, la négociation directe et la vente de services internationaux, renforce notre compétitivité à l’achat au bénéfice de nos clients», indique le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard dans le communiqué des deux enseignes transmis à la presse. Effective «dès les prochaines négociations (commerciales) de 2026», l’alliance, baptisée Concordis, a «pour vocation de s’étendre à d’autres distributeurs européens, avec lesquels Carrefour et Coopérative U sont déjà en contact», précisent les deux distributeurs. Contrairement à la concurrence, cette nouvelle alliance à la particularité d’avoir «un double périmètre», en centralisant à la fois les achats et les services. En septembre 2024, Les Mousquetaires/Intermarché, Auchan et Casino ont déjà officialisé une alliance hors norme, pour une durée de dix ans.

Bovins: trois nouveaux foyers de DNC confirmés en Savoie, dans la même commune

A la date du 6 juillet, trois nouveaux foyers de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) ont été confirmés en Savoie, dans la même commune d'Entrelacs, où avait été déclaré le premier le 29 juin, rapporte la préfecture de Savoie le 7 juillet. Les élevages déclarés infectés vont aussi faire l'objet d’un dépeuplement «afin d’éviter que la maladie s’installe et se dissémine», et une zone réglementée d’un rayon de 50km est «instaurée autour de chaque élevage infecté», indique le réseau des groupes de défense sanitaire (GDS) dans une note le 7 juillet. Par ailleurs, plusieurs suspicions ont été levées en Corse, dans l’Aveyron, le Doubs et l’Ain, rapporte le GDS du Centre, et «quelques» suspicions sont en cours de vérification, en Savoie et en Haute Savoie. En Italie, d'où provient l'épizootie, des nouveaux foyers sont également déclarés au nord et au sud, rapportent les GDS: «au total, 10 foyers ont été notifiés en fin de semaine dernière dont 9 en Sardaigne et 1 en Lombardie (nord de l’Italie). Les experts estiment que la circulation en Sardaigne pourrait être relativement ancienne (3 mois).»

Bovins/DNC: stratégie vaccinale non achevée, fermetures de marchés à l'export

A l'occasion d'une réunion avec les professionnels le 7 juillet, la DGAL (ministère de l'Agriculture) a indiqué que la stratégie vaccinale contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) était toujours en cours d'élaboration. La DGAL a confirmé que le mode de dispersion de la maladie était principalement les stomoxes et les taons (insectes), ce qui est rassurant car ils ne multiplient pas le virus et leur comportement est relativement sédentaire. «Une course contre la montre» commence toutefois, explique-t-on chez GDS France. Compte tenu de son statut en Europe (maladie à éradication immédiate), les professionnels s'attendent à la poursuite des dépeuplements, et à une vaccination obligatoire sur une zone qui reste à déterminer - la Confédération paysanne pousse tout de même pour une «liberté vaccinale» et des abattages partiels. Le traitement des chevaux dans les zones réglementées a été soulevé par les professionnels, qui demandent leur inclusion dans les dispositifs. Selon la Coordination rurale (CR), qui s'est entretenue avec la ministre de l'Agriculture le 3 juillet, la France aurait réservé 500 000 doses de vaccins, sur un stock européen d'un million - le sujet n'a pas été abordé par la DGAL. D'après deux professionnels interrogés, le laboratoire fabricant de ces doses serait situé en Afrique du Sud. Selon la CR, Annie Genevard étudiait il y a quelques jours les possibilités de commande, avec une disponibilité «sous quinzaine». En attendant, des marchés se ferment, notamment la Chine et la Corée du Sud pour la viande, le Japon pour les abats, le Canada et le Royaume-Uni pour les produits laitiers non pasteurisés, rapporte la DGAL.

Lait : production en hausse dans les grands pays exportateurs, pas en France

Selon la note de conjoncture du Cniel (interprofession laitière) pour juin 2025, la production laitière augmente dans les grands bassins exportateurs mondiaux, mais de façon disparate : sur un an, progression significative en Nouvelle-Zélande et croissance plus modérée aux Etats-Unis et dans l’UE. La France est sur une tendance inverse marquée par une collecte qui a globalement baissé de 0,8% depuis le début de l’année 2025 dans un contexte sanitaire difficile sur le premier trimestre 2025 qui a contribué à freiner la collecte. Avril et mai sont en croissance, mais tout récemment, la baisse est de retour à cause des fortes chaleurs. Les prix sont plutôt stables tant pour la poudre de lait écrémée à 2 400 € la tonne que pour celui du beurre autour de 7 400 € la tonne. « Selon l’enquête mensuelle laitière de FranceAgriMer, le prix standard du lait de vache conventionnel était de 468 € les mille litres sur le mois d’avril 2025 », à +9% sur un an. Le prix unitaire des charges dans les élevages laitiers (Ipampa Lait de vache) est en recul de 3% vs avril 2024. Les perspectives sont « incertaines » en raison du contexte géopolitique tendu et un été qui s’annonce chaud en Europe, ce qui pourrait impacter l’offre.

Lait/protéines alternatives : l'Efsa se penche sur la bêta-lactoglobuline de Remilk

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a ouvert le 4 juillet une consultation sur la demande d'autorisation en tant que nouvel aliment de la bêta-lactoglobuline (βLG), une protéine de synthèse substitut aux produits laitiers. Cette molécule produite par la société israélienne Remilk par fermentation de précision a déjà obtenu le feu vert pour  la consommation humaine de la part des autorités sanitaires d’Israël, de Singapour, des États-Unis  et du Canada. L'Efsa doit finaliser d’ici mai 2026 son évaluation des risques complète sur ce dossier. Remilk avait déjà annoncé, en 2022, son intention d’ouvrir la plus grande usine du monde de lait in-vitro au Danemark. Fin 2023, au moins deux autres entreprises, dont l’américain Perfect Day, avaient déjà soumis un dossier auprès de l’Efsa pour entrer sur le marché européen. Le français Bon Vivant avait également annoncé son intention de déposer un dossier en 2024. Au moins cinq pays autorisent la vente de protéines de lait fabriquées en laboratoire : les États-Unis, le Canada, Singapour, Israël et l’Inde. 

Volaille : LDC aura un nouvel outil pour la restauration en septembre 2026

Le site d’abattage et de découpes de poulets de LDC en Mayenne, ancien site Rémi Ramon, sera complètement transformé en septembre 2026 à l’intention des marchés de la restauration, apprend-on de Bruno Mousset et Dylan Chevalier, respectivement dg du pôle amont et directeur RSE du groupe. « La volonté de la restauration rapide d’aller vers l’origine France nous font investir dans l’élevage et l’abattage de poulets lourds, et dans des grandes capacités de calibrage et de grammage », annonce Bruno Mousset. Selon ses calculs, une centaine d’élevages de poulets Princior, poulets mâles lourds développés par LDC seront nécessaires à l’approvisionnement de cet outil qui abat actuellement 300 000 poulets du quotidien pour la distribution en magasins. « Cet élevage très technique, dans lequel les femelles sont enlevées plus tôt, est apprécié des éleveurs », souligne-t-il. « Le poulet destiné à la restauration ou la charcuterie peut être produit selon les exigences de Nature d'éleveurs [élevage LDC en lumière naturelle et densité réduite] et de l'ECC [European chicken commitment] en fonction de la demande client », précise Dylan Chevalier. Le quai de réception et l’étourdissement sous atmosphère sont déjà en place. La transformation demande 50 millions d’euros d’investissements. (Site de Javron-les-Chapelles (Mayenne), 290 salariés, 62,8 Meur de chiffre d’affaires selon un article de l’INRS - santé et sécurité au travail)

Blé tendre : le gouvernement russe supprime sa taxe à l’export (presse)

Selon un article du 4 juillet publié par Reuters, la Russie a annoncé, via le ministère de l’Agriculture, la suppression de sa taxe à l’export sur le blé tendre. Elle sera effective à partir du 9 juillet prochain. La taxe avait été introduite en 2021, afin de protéger le marché intérieur contre les hausses de prix et de décourager les exportations excessives. Elle était calculée chaque semaine par les autorités, en fonction notamment des prix pratiqués à l’export. En janvier dernier, elle avait par exemple atteint son plus haut niveau, à plus de 59 $/t. Les céréaliers russes ont régulièrement appelé le gouvernement à la réduire voire à l’abolir, affirmant que cela nuit à la rentabilité de la culture du blé, et que seule une petite partie des fonds collectés était réinvestie dans le secteur. Le prix du blé tendre au départ des ports russes constitue l’indicateur phare du marché mondial, et donc hexagonal. Cette suppression renforce potentiellement la compétitivité russe, au détriment des origines françaises. Pour rappel, l’USDA (département états-unien de l’agriculture) table sur une récolte russe à 83 Mt en 2025-2026, contre 81,6 Mt en 2024-2025.

Blé : l'Indonésie va acheter pour 1,25 milliard de dollars de blé américain

L’Indonésie va signer un accord pour importer au moins un million de tonnes de blé américain par an pendant les cinq prochaines années, pour un montant de 1,25 milliard de dollars, alors que Jakarta tente d’éviter des droits de douane trop élevés. «Nous avons déjà un accord (pour acheter) un million de tonnes entre 2026 et 2030», a déclaré le 7 juillet à l’AFP le directeur de l’Association des minoteries indonésiennes, Franciscus Welirang. L’accord, d’une valeur estimée à 250 millions de dollars par an, sera signé à Jakarta lundi, a-t-il ajouté. Le ministre indonésien de l’Economie, Airlangga Hartarto, a déclaré à l’AFP la semaine dernière que Jakarta augmenterait ses importations agricoles en provenance des Etats-Unis pour éviter des taxes plus élevées qui, selon Washington, doivent entrer en vigueur le 1er août en cas d’absence d’accord. Le président américain Donald Trump a indiqué dimanche qu’il informerait divers pays des nouveaux taux cette semaine, avertissant que les taxes à l’importation américaines reviendraient aux niveaux élevés qu’il avait fixés en avril avant d’annoncer une pause de 90 jours. Menacée de surtaxes de 32%, l’Indonésie est l’un des principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis.

Moissons : dans le sud, bilan bon à très bon pour Val de Gascogne et Arterris

Dans le Gers, chez Val de Gascogne (420 000 t de collecte), la récolte d’été s’achève sur un bilan « plutôt correct », commente Denis Mousteau, directeur de la commercialisation. En orge, la moyenne des rendements oscille entre 63 et 65 q/ha pour une bonne qualité en fourragère mais « un peu juste » en brassicole au niveau du taux de protéines. Même constat en blé où les rendements vont de 58 à 65 q/ha : les PS sont très bons mais les protéines, limites pour la meunerie, à 11. « En revanche, les premiers tests de panification sont très bons ». Dans le Sud, chez Arterris (800 000 t de collecte), la moisson se termine avec 10 à 15 jours d’avance. « De très bons résultats en orge et blé tendre avec respectivement 63 et 65 q/ha de moyenne, résume Clément Roux, directeur du commerce des grains. La qualité aussi est au rendez-vous : les PS sont excellents, à 80 de moyenne. Seules les protéines paraissent un peu faibles en blé tendre, à 11, lié à l’effet dilution. » Dans ce contexte, légère déception en blé dur où les rendements n’atteignent « que » 40 à 50 q/ha avec des PS plus hétérogènes. Le bilan des colzas et des pois semble moins bon avec des rendements proches des 25 q/ha. Pour ces deux OS, les yeux sont désormais tournés vers les cultures de printemps, en manque d’eau, et sur le prix des céréales, qui reste bas.  (Anne Gilet)

Kiwis : l'interprofession lance un essai de culture sous ombrière photovoltaïque

À l’occasion de son assemblée générale fin juin, le Bureau interprofessionnel du kiwi (Bik) a présenté trois projets, rapporte-t-il dans un communiqué de presse le 1er juillet. Le premier, baptisé Palfruitsd’Occ et d’une durée de quatre ans, s’attache à étudier la comptabilité sur le plan physiologique de la culture du kiwi avec les ombrières photovoltaïques. Une parcelle d’étude, sur un verger en production, a déjà été mise en place et permettra l’acquisition de donnée dès la deuxième année du projet. En juin 2023, la coopérative Euralis avait annoncé la création d’une filière kiwis rouges sous ombrières photovoltaïques. Par ailleurs, le Bik est engagé dans le projet Pacte (Programme d’action collaboratif intersectoriel pour la transition écologique contre les pentatomidae) dans le cadre du Parsada : sur 2025, il mène plusieurs essais relatifs au suivi des populations de punaises diaboliques dans les lisières et l’effet des habitats adjacents. Enfin, le BIK a détaillé le projet de communication Eukfruit, débuté en mai et courant jusqu’au 30 avril 2028 et mené en partenariat avec l’AOP espagnole Kaki Ribera del Xuquer. Concernant la base de données Origine France pour lutter contre la francisation, les premiers échantillons à l’aveugle ont été testés cette année et les contrôles pourraient être mis en place sur la prochaine saison.

Fruits : Fresh Del Monte Produce précise n’avoir aucun lien avec Del Monte Foods

Fresh Del Monte Produce, un leader mondial des fruits frais et prêts à consommer, particulièrement dans la banane, l’ananas et l’avocat, rappelle dans un communiqué de presse le 4 juillet qu’elle est une société totalement indépendante, sans aucun lien juridique, opérationnel ou financier avec Del Monte Foods Inc. Cette dernière, qui ne détient les droits sur la marque Del Monte que pour les produits alimentaires préparés aux États-Unis, a été récemment placée sur le chapitre 11 de la loi sur les faillites aux Etats-Unis. Fresh Del Monte Produce entend ainsi rassurer ses partenaires et clients et parties prenantes : « Les récents développements n'ont aucun impact sur nos activités, notre solidité financière, notre chaîne d'approvisionnement ou nos capacités opérationnelles. Notre engagement à fournir des produits Del Monte de haute qualité et le service que nos clients attendent reste inchangé », rassure la société dans son communiqué. 

Vin : les vignerons des Côtes du Rhône lancent un plan pour préserver les chauves-souris

Le syndicat général des vignerons des Côtes du Rhône a annoncé le 4 juillet le lancement d'un programme de préservation des chauves-souris, en partenariat avec des acteurs naturalistes (dont Chiroptères de Provence) et agricoles (dont chambre d’agriculture du Vaucluse). Financé par l’État via le Fonds vert de la région Paca et co-financé par la CNR (Compagnie nationale du Rhône), le programme sera sans surcoût pour les vignerons. Instruit dans le plan stratégique environnemental du syndicat, le programme propose aux vignerons des diagnostics agro-environnementaux, des journées techniques et des nuits d’écoute, un accompagnement technique sur-mesure (plantation de haies, pose de nichoirs, …), une cartographie interactive en ligne… Prédatrices de nombreux insectes, les chauves-souris jouent un rôle clé de régulation des écosystèmes viticoles, mais sont en déclin. Espèces dites « parapluie », leur protection bénéficie à de nombreuses autres espèces. (Florence Rabut)

Champagne : Eric Potier nommé président chez TEVC

Le groupe coopératif Terroirs & Vignerons de Champagne (Nicolas Feuillatte, Castelnau, Abelé 1757 et Henriot) vient d'annoncer, le 4 juin, la nomination d'un nouveau président à sa tête, en la personne d'Eric Potié. Il succède à Véronique Blin, après 13 ans de présidence, qui « ne souhaite pas postuler à nouveau». Eric Potier représente la coopérative de Mancy. Il est administrateur de TEVC depuis 2009, et premier vice-président depuis 2012.