Agra Business | Bayer-Dekalb, Bel, Bigard, Lanson et Les Mousquetaires

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Maïs : les surfaces françaises pourraient reculer de 6 à 8%, selon Bayer-Dekalb

« Au sein de la filière, nous sommes unanimes : il y aura bien un recul des surfaces de maïs pour les prochains semis, confirme Pauline Boussin-Fort, chef marché semences de maïs chez Bayer Dekalb (18 % de parts de marché), interrogée par Agra Business. Nos prévisions tablent sur une baisse de 1 à 2 % pour le maïs fourrage et de 8 à 15 % pour le maïs grain. Au total, les surfaces de maïs à l’échelle nationale devraient reculer de 6 à 8 %, avec de grandes disparités régionales : le grand Sud-Ouest (Poitou-Charentes, Nouvelle Aquitaine et Midi-Pyrénées) étant le plus impacté. » Des chiffres qui ne tiennent pas compte du conflit actuel au Moyen-Orient. L’impact de la hausse du prix des engrais et du carburant reste, à ce jour, difficile à prévoir mais il pourrait, reconnaît-elle, « avoir des conséquences sur la sole maïs, dans un contexte d’incertitude et d’inquiétude pour les semaines à venir ». Les raisons du recul de cette culture s’expliquent notamment par les mauvais résultats de la récolte 2025 – avec une rentabilité mise à mal – et des perspectives de prix peu encourageantes. Sans oublier que les conditions de semis à l’automne 2025 ont été favorables aux céréales d’hiver et au colza et que les bons résultats du tournesol en 2025 ont incité bon ombre d’agriculteurs à lui laisser plus de place au sein de leur assolement. (Anne Gilet)

Terreau : Evadéa acquiert un site industriel de la Florentaise

Evadéa, PME nantaise spécialisée dans la production de supports de culture, a annoncé la reprise d’un outil de production appartenant à la Florentaise. Le site de 7,5 hectares situé à Lavilledieu, en Ardèche, est spécialisé dans la fabrication de substrats de culture et permettra à Evadéa de produire 120 000 m3 supplémentaires par an, soit plus de 50 000 palettes. Cette acquisition complète une stratégie d’investissement et de croissance amorcée par la société nantaise, qui a investi 1,2 M€ pour créer une nouvelle ligne de production et moderniser son site historique de Saint-Mars-du-Désert (Loire-Atlantique). Disposant d’un chiffre d’affaires de 18 M€ aujourd’hui, Evadéa vise 25 M€ en 2030. Sa récente acquisition devrait lui permettre d’augmenter sa production pour répondre à la demande croissante de professionnels, de s’étendre sur le territoire français, et de pouvoir répondre plus facilement aux appels d’offres nationaux. La Florentaise, longtemps numéro un français du terreau, est en redressement judiciaire depuis mars 2025, en raison de dettes s’élevant à 16,5 M€. L’entreprise, voisine d’Evadéa, a licencié 53 personnes sur ses 186 salariées. (Elena Blum)

Champagne : bénéfice en net repli pour Lanson, qui veut relancer l'entrée de gamme

Le groupe de champagne Lanson-BCC a enregistré en 2025 un bénéfice en chute de près d'un tiers sous l'effet d'une baisse des volumes vendus, et d'une hausse des coûts du raisin et de financement des stocks. Le bénéfice net atteint 16,2 M€ (-32 %), d'après un communiqué le 12 mars. Le groupe veut renforcer son entrée de gamme, via une relance de la cuvée Chanoine Héritage et une plus forte présence en grande distribution. « Les Champenois ont perdu la clientèle populaire et je pense que c'est une grave erreur, et nous avons l'intention de revenir en France sur ce marché, même si ça doit nous coûter cher par rapport au coût des stocks en cave », a annoncé son p.-d.g. Bruno Paillard. L'an dernier, le groupe a vu son chiffre d'affaires à 233 M€ (- 8,7 %), dans un « environnement de marché difficile » affectant aussi le reste du secteur. « Le champagne est un marché en panne de croissance depuis une dizaine d'années et la flambée furieuse du prix du raisin y est pour quelque chose », a souligné M. Paillard. Derrière cette flambée, il voit notamment l'impact du géant LVMH. « Aujourd'hui les caves de tous les opérateurs sont pleines de vins trop chers par rapport à l'acceptation du marché. » Lanson pour sa part va « opérer cette année une baisse entre 5 et 10 % du prix du raisin ».

Fromage : Bel investit 200 M$ dans son usine Babybel aux USA

Bel a annoncé 12 mars un investissement de 200 millions de dollars pour doubler la capacité de son usine de Babybel de Brookings (Dakota du Sud), aux Etats-Unis. La capacité annuelle de production de Mini Babybel passera de 10 000 à 20 000 tonnes, selon un communiqué. « Cet investissement permettra la création d'environ 150 emplois et le doublement des approvisionnements en lait auprès des exploitations laitières américaines ». Bel ambitionne ainsi de doubler son activité aux États-Unis dans les prochaines années. Avec 1,2 milliard de dollars de ventes annuelles, un chiffre d'affaires doublé entre 2018 et 2024, le marché américain, le premier du groupe, représente un tiers de ses ventes mondiales. Les États-Unis constituent un « moteur clé de croissance pour Bel. (...) Le doublement des capacités de cette usine nous positionne pour soutenir notre croissance à long terme sur le marché américain », a commenté Cécile Béliot, directrice générale du groupe Bel. Bel souligne que « le projet de Brookings fait suite à l'extension récente de 10 millions de dollars du site de Little Chute, dans le Wisconsin, qui a permis la création de 50 emplois supplémentaires et l'augmentation des capacités de production sur le territoire américain ».

Viande : chez Bigard, des grèves pour les salaires à l’appel de la CGT

Depuis le 5 mars, plusieurs sites du groupe d’abattage-découpe Bigard sont concernés par des mouvements de grève pour les salaires à l’appel de la Fnaf-CGT, annonce-t-elle dans un communiqué diffusé le 11 mars. Après une « unique » réunion avec les syndicats de salariés le 4 mars, la CGT évoque des actions dans sept usines : Guingamp (Côtes-d’Armor), Quimperlé (Finistère), Castres (Tarn), Rognonas (Bouches-du-Rhône), Flers (Orne), ou encore L’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse) et Cuiseaux (Saône-et-Loire). Selon le syndicatt, « le taux de grévistes est en moyenne de 35 % ». Un chiffre corroboré par Ouest-France à l’abattoir Socopa de Guingamp, par exemple (article payant). D’après Le Journal de Saône-et-Loire, la Fnaf-CGT dénonce « la suppression de l’augmentation générale des salaires qui prévalait ces dernières années, remplacée par des augmentations individuelles de 25 à 50 € sous conditions ». Dans son communiqué, le syndicat dénonce des « critères d’éligibilité abjects », citant notamment « état d’esprit Bigard » ou « pas d’insolence envers l’encadrement ». Quant à la CGT, elle demande « 100 € d’augmentation sur le salaire de base », précisant que « l’argent existe pour satisfaire cette revendication ». Et d’indiquer que, « en 2024, la richesse créée par les travailleurs a rapporté près de 70 000 € par salarié au groupe ».

Distribution : le chiffre d'affaires des Mousquetaires en hausse de 4,2 % en 2025 vs 2024

Le groupement Les Mousquetaires a annoncé le 12 mars une nouvelle hausse de ses ventes (hors carburant) à 48,66 milliards d'euros (Md€), soit +4,2 % en 2025 par rapport à 2024. En France, les enseignes Intermarché et Netto ont connu une hausse de leurs ventes (hors carburants) de 5,4 %, à 34,35 Md€, profitant surtout « du succès de la relance des 240 points de vente Casino (+3,6 %) » rachetés en 2023, selon le communiqué. Intermarché et Netto ont gagné 0,5 point de part de marché en France 2025 pour atteindre 17,5 % fin décembre, fait valoir le troisième distributeur français derrière le leader E. Leclerc (24,3 %) et le numéro deux Carrefour (21,6 %). Le groupement vise 20 % de part de marché en 2028, dont deux points de croissance attendus grâce aux rachats des magasins Casino, aux 81 supermarchés Colruyt et au partenariat avec Auchan (91 supermarchés vendus et 160 passés en franchise à horizon 2027). La filiale industrielle Agromousquetaires poursuit son « recentrage » et réalise en 2025 un chiffre d'affaires de 4,2 Md€, incluant le chiffre d’affaires généré par la vente aux enseignes du groupement. Il est prévu d’investir 150 M€ par an jusqu’en 2029 dans les usines en se concentrant sur le lait, le porc, le bœuf ou le végétal.

Agenda de la semaine agricole du 16 mars 2026

Vendredi 13 mars
Congrès du SNPR (propriétaires, FNSEA), à Rouen

Lundi 16 mars
Conférence de presse du Cerafel/Prince de Bretagne (fruits et légumes)
Rencontre technique « Fraîche découpe » du CTIFL, à Cavaillon
Assemblée générale de l’Areflh (fruit légumes), à Almeria (Espagne), jusqu’au 17

Mardi 17 mars
Assises nationales du commerce équitable à Paris
Visioconférence Vegepolys sur les « innovations pour le stockage des fruits & légumes »

Mercredi 18 mars
Congrès de la SNFM (fermiers, FNSEA), à Brest
Assemblée générale d'Eliance (conseil en élevage), à Lyon 
Journées de la Recherche avicole et palmipèdes à foie gras, à Tours, jusqu'au 19
Conférence de presse de Charles & Alice

Jeudi 19 mars
Assemblée générale de l’Aneefel (expéditeurs de fruits et légumes), à Tain-l'Hermitage, jusqu’au 20
Conférence de presse sur les résultats 2025 de Savencia (Viroflay)

Vendredi 20 mars
Lancement de la campagne Cuisines solidaires en restauration (du 23 mars au 3 avril)
Semaine pour les alternatives aux pesticides (Générations futures), jusqu’au 30 mars
Présentation à la presse des tendances du snacking (Snack Show/Strateg’eat)