Viande : les géants brésiliens Marfrig et BRF fusionnent
Comme pressenti au printemps, les actionnaires des géants brésiliens de la viande Marfrig et BRF ont approuvé le 5 août la fusion des deux groupes sous le nom de MBRF, une opération qui reste soumise à l'approbation de l'autorité brésilienne de la concurrence, comme le rapporte l’AFP. Marfrig contrôlait déjà 60 % de BRF. « Les entreprises restent confiantes quant à la conclusion de la transaction, qui doit encore être approuvée définitivement par le Conseil administratif de défense économique (CADE) », ont-elles indiqué dans un communiqué commun. Le CADE a été saisi par un autre groupe alimentaire brésilien, Minerva, qui s'oppose à cette fusion en estimant qu'elle revient à créer un monopole de fait dans certains secteurs. Si l'opération est finalement approuvée, elle donnera naissance à un groupe de 130 000 employés, distribuant 8 Mt de viande par an dans 117 pays et réalisant un chiffre d'affaires annuel de près de 24 Md€. MBRF deviendrait le numéro quatre mondial du secteur, derrière le brésilien JBS et les américains Cargill et Tyson Foods. Le Brésil est le plus grand exportateur mondial de viande bovine et de poulet, et l'un des pays où la consommation par habitant est la plus élevée.
Viande : la Chine prolonge son enquête sur le bœuf importé
La Chine va prolonger son enquête lancée fin 2024 visant à déterminer si les importations de viande de bœuf menacent son industrie nationale, a annoncé le ministère du Commerce le 6 août, selon l’AFP. Le prix de la viande de bœuf a eu tendance à baisser ces dernières années dans le pays, en raison d'une surproduction et d'une consommation en berne, d’après les analystes. Les importations ont dans le même temps augmenté de manière significative, notamment depuis le Brésil, l'Argentine et l'Australie. À la demande des représentants du secteur en difficulté, les autorités chinoises avaient annoncé en décembre 2024 l'ouverture d'une enquête sur les importations de bœuf, préalable à la mise en place éventuelle de mesures de sauvegarde. L'enquête devait durer huit mois mais pouvait être prolongée. « En raison de la complexité de cette affaire, le ministère du Commerce a décidé de prolonger la période d'enquête jusqu'au 26 novembre 2025 », a-t-il indiqué mercredi 6 août. L'affaire a « suscité une large attention » de la part des pays exportateurs, des éleveurs et des associations professionnelles, a ajouté le ministère. Les pays exportateurs comme le Brésil, l'Argentine et l'Australie avaient réagi de manière prudente au lancement de l'enquête chinoise, le Brésil affirmant alors qu'il démontrera que sa viande ne nuit pas à l'industrie chinoise.
Alimentation animale : Cargill acquiert le fabricant d'aliments Mig-Plus au Brésil
Le géant états-unien de l’agribusiness Cargill a annoncé le 29 juillet avoir lancé une offre pour acquérir 100 % de l’entreprise brésilienne d’alimentation animale Mig-Plus, située dans l’État du Rio Grande do Sul, une « région stratégique de production porcine » selon son communiqué. Cette entreprise familiale fabrique sur deux sites des prémixes et aliments composés pour différentes espèces, qu’elle commercialise dans le sud, le centre-est et le centre du pays. « Ce changement n’est pas une fin mais le début d’un nouveau chapitre », ont précisé dans le communiqué les actuels dirigeants de Mig-Plus, qui restent aux manettes. C’est la troisième acquisition de Cargill dans l’alimentation animale au Brésil depuis 2020, comme le remarquent nos confrères de La Dépêche-Le Petit meunier dans un article mis en ligne le 6 août. Cargill est déjà propriétaire de l’usine d’Anhambi Animal Production, à Patos de Minas (aliment prêt à l’emploi dans la filière porcine)dans l’état du Minas Gerais, et de celle d’Integral Animal Nutrition (aliment pour le bétail, notamment spécialisé dans les prémixes), très présente dans les États du Goiás, de Tocantins and du Mato Grosso.
Œufs : des importations d’Ukraine bloquées pour cause d’antibiotique interdit
Deux alertes sanitaires portant sur des œufs d’Ukraine contaminés par un antibiotique interdit d’usage dans l’UE ont été notifiées coup sur coup au système européen d’alerte sanitaire rapide (RASFF), le 24 juillet par la Pologne et le 28 juillet par la Slovaquie. Signalant ces faits sur LinkedIn, David Cassin, directeur Relations parties prenantes d’Avril signale que la substance détectée (un métabolite du nitrofurane) est un antibiotique, qu’elle est interdite dans l’Union européenne pour toutes les denrées animales et qu’elle a été retrouvée « à plus de 20 fois la norme » [NDLR plafond de résidu toléré]. « Selon les informations de la Commission européenne, ces œufs non conformes ont bien été distribués jusqu'en France », dénonce-t-il dans son message. Le professionnel réagissait au témoignage sur le réseau du consultant en distribution Olivier Dauvers, qui a découvert dans des grandes surfaces des plateaux d’œufs d’Ukraine. « Il est nécessaire que l'État se saisisse de ce sujet qui démontre le danger d'importation de denrées agricoles produites avec des normes inférieures aux nôtres », conclut David Cassin.
Pesticides/glyphosate : grosse perte nette pour Bayer, qui limite la casse
L’industriel allemand Bayer annonce une perte nette de 199 millions d’euros (M€) au deuxième trimestre, rapporte l’AFP le 6 août. C’est six fois plus que la perte de 34 M€ enregistrée l’an dernier sur la même période. Un mauvais résultat dû aux charges exceptionnelles nettes qui ont doublé sur un an, à 981 M€, « principalement liées à des allocations aux provisions pour litiges » aux États-Unis. Le groupe est toujours empêtré dans les procès visant son herbicide à base de glyphosate, substance accusée d'être cancérigène. Le géant de Leverkusen a d’ailleurs à nouveau remis en question la continuation de la production de glyphosate. « À moins que la situation ne change, nous allons devoir arrêter de produire du glyphosate, parce que ce n'est tout simplement pas viable », a lancé le président du directoire Bill Anderson. Globalement, les ventes du groupe ont baissé de 3,6 %, à 10,739 Md€. Mais, en écartant un effet de change négatif de 550 M€, le chiffre d'affaires a progressé de 0,9 %, porté par sa division agrochimique (+2,2 %). Bayer a rehaussé ses prévisions pour 2025 et table sur un résultat opérationnel ajusté (Ebitda) hors éléments exceptionnels compris entre 9,7 et 10,2 Md€, au lieu de 9,5 à 10 Md€ précédemment.
Mirabelles : l’IGP Lorraine devrait atteindre son plein potentiel cette année
Potentiel atteint en volume, qualité au rendez-vous : la récolte des mirabelles de Lorraine IGP a débuté le 30 juillet et va s’étaler sur six semaines, pour un prévisionnel estimé « entre 5 500 t et 6 000 t » (sur 10 à 12 000 t produites en France), indique Quentin Hoffmann, président de l’Association des mirabelles de Lorraine. Environ 90 % des volumes sont mis en marché par l’union de coopératives Vegafruits, qui regroupe quelque 200 producteurs. « On a eu de bonnes conditions depuis la floraison, ce qui amène à des fruits très parfumés cette année, très sucrés, avec une belle couleur jaune dorée. Le calibre est globalement plutôt bon » précise M. Hoffmann. Ces dernières années, le contexte a été globalement favorable à ce segment de marché qui a réussi à tirer son épingle du jeu « dans la famille des fruits d’été et non plus d’automne ». « Quand on regarde les cotations, on gagne de la valeur en mirabelles de Lorraine », poursuit Quentin Hoffmann, pour ce produit à double fin (30 % en frais, 70 % transformés dont les oreillons surgelés IGP, avec une tendance plutôt porteuse). Par conséquent, « les surfaces ont tendance à augmenter sur toute la zone IGP », malgré l’enjeu du renouvellement générationnel, ainsi que le maintien de la qualité du fruit dans les aléas climatiques récurrents. (Florence Rabut)
À nos abonnés : possible ralentissement des parutions en période estivale
En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, Agra Business pourra être diffusé à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.