Moisson : +45 % de collecte pour la Cal, notamment grâce à des gains de parts de marché
La moisson 2025 restera, pour le groupe Cal (383 000 t de collecte) « un très bon cru, avec une hausse de la collecte d’été de près de 45 % par rapport à celle de l’an passé », annonce le groupe dans un communiqué du 6 août. Un résultat conforme aux bilans des autres organismes stockeurs à l’échelle nationale, mais qui, pour la coopérative de Lorraine, n’est pas uniquement dû aux bonnes conditions climatiques. « Si 66 % de cette hausse s’explique par l’effet rendement sur toutes les espèces, il est important de souligner que 33 % sont induits par des gains de parts de marché », précise le groupe. En effet, depuis trois ans, la Cal a, dans le cadre de l’évolution de sa feuille de route, instauré de nouvelles stratégies : déploiement de nouveaux contrats en grandes cultures et en élevage, stratégie RSE renforcée, gestion du risque prix rénovée pour le pôle végétal pour sécuriser les ventes... Autant de points qui ont permis à la coopérative d’étendre sa présence sur le territoire. La collecte d’automne en maïs et tournesol s’annonce, elle aussi, prometteuse, dans un contexte où les silos de stockage sont déjà bien remplis. Un défi logistique s’annonce d’ores et déjà alors que les eaux du Rhin restent basses et qu’une écluse sur la Moselle dysfonctionne toujours, compliquant l’acheminement des céréales vers les usines de certains clients. (Anne Gilet)
PPL Entraves : le Conseil constitutionnel censure la dérogation pour l’acétamipride, trop large
Dans sa décision rendue le 7 août, le Conseil constitutionnel a censuré les dispositions de l’article 2 de la proposition de loi (PPL) Entraves qui prévoyaient une dérogation à l’interdiction de l'acétamipride (insecticide de la famille des néonicotinoïdes), « faute d’encadrement suffisant ». D’après un communiqué, cette décision se justifie car cette dérogation « était instaurée pour toutes les filières agricoles », « n’était pas accordée à titre transitoire pour une période déterminée » et « pouvait être décidée pour tous types d’usage et de traitement ». Il s’agissait de la mesure la plus controversée de ce texte de loi. « Les produits phytopharmaceutiques contenant des néonicotinoïdes ont des incidences sur la biodiversité (…), ainsi que des conséquences sur la qualité de l’eau et des sols et induisent des risques pour la santé humaine », rappelle le Conseil constitutionnel, qui s’appuie sur la Charte de l’environnement adossée à la Constitution. Fin 2020, les Sages de la rue Montpensier avaient accepté une précédente dérogation pour les néonicotinoïdes, car elle était « cantonnée au traitement des betteraves sucrières dont la culture était soumise à de graves dangers », « circonscrite dans le temps » et car ses modalités garantissaient « une mise en œuvre limitée » (pas de pulvérisation).
Pommes/poires : vers une nouvelle année de petite récolte en Europe (professionnels)
Entre les aléas climatiques et les difficultés à protéger les cultures, l’Europe s’achemine vers de petites récoltes de pommes et de poires pour la troisième année consécutive, selon les prévisions de la Wapa (World apple and pear association) présentées lors du congrès international Prognosfruit le 7 août à Angers. Avec 10,455 Mt, la production 2025 de pommes s’établirait à un niveau quasi-stable sur un an (-0,1 %), mais en recul de 7,5 % par rapport à la moyenne 2022-2024. Ces volumes dans la fourchette basse du potentiel européen augurent d’une « bonne saison » de commercialisation à venir, d’autant que « les stocks sont vides », selon Philippe Binard, secrétaire général de la Wapa. En 2024, avec une production similaire, « la campagne s’était bien déroulée, avec un assez bon équilibre entre les différents marchés ». En France (n°3 en UE), la récolte a démarré avec une semaine d’avance et devrait déboucher sur une production en hausse (+3,6 %, à 1,484 Mt), bien qu’inférieure au potentiel (environ 1,7 Mt). Parmi les principaux producteurs, la Pologne (n°1) et l’Allemagne (n°4) progressent, respectivement de 3,4 % et 14,7 %. Les pays méditerranéens et de l’est, eux, décrochent : -3,5 % pour l’Italie (n°2) et -8,3 % pour l’Espagne (n°5). Quant à la production de poires, elle rebondirait légèrement sur un an (+1,4 %, à 1,787 Mt), tout en restant inférieure de 2,5 % à la moyenne triennale.
Pommes : des « opportunités » d’export pourraient s’ouvrir en Inde
Pour ses importations de pommes, l’Inde pourrait se tourner davantage vers la France ou l’Italie, au lieu de ses fournisseurs habituels turcs et américains, ont indiqué les professionnels de la filière européenne à l’occasion du congrès Prognosfruit, le 7 août à Angers. À la suite d’un épisode de gel historique au printemps, la récolte turque sera très faible cette année. « Ce sont 2,6 millions de tonnes habituellement exportées qui ne seront pas là », résume Daniel Sauvaitre, président de l’ANPP (producteurs de pommes et poires, FNSEA). L’Inde, important client d’Ankara, « pourrait en acheter plus aux États-Unis, mais avec les tarifs [douaniers], elle pourrait aussi choisir de se fournir davantage en Italie ou en France », analyse-t-il. Via un décret entré en vigueur le 7 août, l’administration Trump a augmenté les droits de douane sur l’ensemble de ses importations. Washington a ciblé particulièrement l’Inde (à hauteur de 50 %) en raison de ses achats de pétrole russe. Globalement, « il y a une incertitude très forte sur les échanges commerciaux », a estimé Daniel Sauvaitre, par ailleurs président d’Interfel (interprofession). Aux yeux de Philippe Binard, secrétaire général de la Wapa (World Apple and Pear Association), « il y a quand même de belles opportunités à saisir en situation de crise ».
Pommes : la valorisation des fruits tend à s’améliorer dans l’industrie (producteurs)
Alors que les Français consomment de plus en plus de pommes sous forme de produits transformés (compotes, jus, etc.), la valorisation de ce segment de marché tend à s’améliorer côté producteurs. « Il y a trois ans, les pommes destinées à l’industrie se vendaient à environ un tiers du prix de celles destinées au frais. Aujourd’hui, on est plutôt à la moitié », a estimé Pierre Venteau, directeur de l’ANPP (producteurs de pommes et poires, FNSEA), lors d’une conférence de presse à l’occasion du salon Prognosfruit le 7 août. Au niveau européen, « la consommation de pommes en frais est à peine stable et la récolte plutôt faible depuis deux, trois ans. Les volumes destinés à l’industrie (30 % du marché européen, NDLR) se raréfient et les prix montent », analyse-t-il. Par ailleurs, en Pologne, premier producteur de l’UE, le prix des pommes transformées en jus augmente dans le sillon de la flambée du jus d’orange. « Nous voulons donner leur pleine valeur à ces pommes », martèle le président de l’ANPP Daniel Sauvaitre, qui veut qu’elles soient payés « à leur coût de revient » aux producteurs. Souvent déclassés pour des raisons esthétiques, les fruits destinés à l’industrie présentent « une valeur intrinsèque » et participent à la qualité des produits transformés, selon lui.
Coopératives : Bruno Schrijvers, nouveau responsable des ventes de céréales de Lur Berri
Bruno Schrijvers est, depuis le début du mois d’août, le nouveau responsable des ventes de céréales du groupe Lur Berri (1,3 M€ de CA, 285 000 t de collecte). Il remplace Gilles Ortunio, qui occupait ce poste depuis mai 2023 et qui part chez le groupe COC (Vienne). Bruno Schrijvers évolue depuis 2023 au sein de la coopérative des Pyrénées-Atlantiques en tant que responsable des marchés agricoles. Il avait précédemment travaillé durant 17 ans chez Maïsadour. (Anne Gilet)
À nos abonnés : possible ralentissement des parutions en période estivale
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