Lait : Savencia conteste l’amende de 3,9 M€ prononcée par la DGCCRF
Savencia Ressources laitières a indiqué le 13 avril qu’il contestait « les retards qui lui sont reprochés ainsi que la lecture de la loi retenue par la préfecture ». L’entreprise « déplore en particulier avoir été sanctionnée sur la base d'une interprétation nouvelle ne découlant pas du texte de la loi, et qu'elle ne pouvait donc pas anticiper », selon un communiqué. L’industriel laitier fait référence à l’amende de 3,9 millions d’euros (M€) annoncée le même jour par la DGCCRF (Fraudes), « pour non-respect de ses obligations envers ses fournisseurs », prononcée par le préfet de la région Normandie. Les retards se rapportent à « la transmission d'informations à l'AOP Sunlait et à l'OP Ouest Lait ». La DGCCRF reproche « deux manquements aux dispositions issues des lois Egalim » : non-respect de son « obligation de motiver le refus de la proposition d’accord-cadre émise par une association d’organisations de producteurs dans un délai raisonnable » ; et non-respect par Savencia de son « obligation de transmettre les éléments de facturation à une organisation de producteurs ». Après des années de relations conflictuelles, Savencia Ressources laitières et ses anciens partenaires de l’amont, Sunlait et Ouest Lait, n’ont plus de relations commerciales.
Poulets de chair : l'accouveur belge Lafaut Poultry reprend le Couvoir de L’Ausier
Le groupe d’accouvage belge Lafaut a annoncé le 13 avril sur LinkedIn l’acquisition du Couvoir de l’Ausier (Ille-et-Vilaine), qui vient ainsi rejoindre le Couvoir de l’Étoile (Nord). Sur son site internet, le groupe Lafaut se présente comme familial et spécialiste de l’exportation dans le monde d’œufs à couver et de poussins d’un jour de poulets de chair. Il possède trois autres couvoirs, en Belgique, aux Pays-Bas, ainsi qu’en Côte-d’Ivoire depuis octobre 2025. Le Couvoir de l’Ausier, entreprise de la famille Semeril, produit des poussins d’un jour à croissance rapide ou lente en partenariat avec des éleveurs, mais n’exporte pas jusqu'à présent. « En unissant nos forces, nous souhaitons créer une véritable synergie et continuer à développer une offre encore plus qualitative et durable pour le marché », déclare le groupe. Cette reprise dans le grand Ouest succède de peu à la montée de l’accouveur danois DanHatch au capital de BD France, en mars, qui en fait l’actionnaire unique de ce groupe français. DanHatch France possède des couvoirs de poulets de chair dans le Finistère, le Morbihan ainsi qu’en Loire-Atlantique, Vendée et Isère.
Vin : faillite du loueur de barriques H&A, inquiétude de la filière (presse)
La société bordelaise H&A, qui finance une bonne partie des fûts utilisés par la viticulture, a été placée en liquidation judiciaire avec poursuite de l'activité jusqu'au 31 mai. Une déroute qui fragilise à la fois les tonneliers et les propriétés viticoles, estime Les Echos le 10 avril (article payant). H&A affiche 2 000 clients, un parc d’un million de barriques et un chiffre d'affaires qui a pu atteindre les 400 millions d’euros (M€). Il y a une vingtaine d'années, cette société a inventé l'externalisation de la gestion des barriques : elle finance leur acquisition pour le compte des propriétés viticoles contre le paiement d'un loyer, et surtout l'assurance de leur reprise au bout de quelques années. Le loueur s'est rendu incontournable, notamment auprès de grands crus mais aussi de certaines coopératives. La crise viticole l’a fragilisé. Dans cette affaire, les tonneliers sont évidemment en première ligne, puisque H&A générait de 20 % à 30 % des achats de barriques et que l'entreprise n'a pas honoré un certain nombre de paiements depuis la vendange de 2025. Les impayés sont estimés à environ 10 M€, selon la Fédération des tonneliers de France.
Vin : Champagne Louis Roederer négocie l'acquisition des bourgognes Pierre Damoy
Le groupe Champagne Louis Roederer a annoncé le 9 avril être entré en négociations exclusives en vue d'acquérir le prestigieux domaine Pierre Damoy, situé à Gevrey-Chambertin en Bourgogne. Le domaine Pierre Damoy possède un patrimoine « de près de 8 ha de grands crus, principalement implantés sur les appellations Chambertin, Chambertin-Clos de Bèze et Chapelle Chambertin de la Côte de Nuits », souligne la maison de champagne dans un communiqué. Fondée en 1776 et basée à Reims, Louis Roederer exploite, lui, un vignoble de 250 ha, dont 135 certifiés en agriculture biologique, et développe depuis plusieurs années une stratégie de diversification. Cette opération s'inscrit dans la volonté de ce groupe familial de réunir autour de Champagne Louis Roederer « des vins et des maisons d’exception » au sein « des plus grands terroirs viticoles ». Roederer Collection, qui désigne l'ensemble des propriétés viticoles et activités réunies par la maison de champagne, regroupe notamment 12 domaines viticoles, trois filiales de distribution, une maison de négoce ou encore des hôtels et maisons d'hôtes de luxe. La finalisation de l'acquisition du domaine Pierre Damoy reste soumise à la conclusion des accords définitifs et aux conditions suspensives usuelles, ajoute le communiqué. Le montant potentiel de la transaction n'a pas été divulgué.