Emballages : Pannier-Runacher proposie un bonus-malus pour l’incorporation de plastique recyclé
Dans le cadre des Assises nationales des déchets, le 3 octobre, la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher a annoncé le lancement d'un «groupe de travail avec les parties prenantes afin de définir de manière transversale (...) un dispositif de prime/pénalité sur les plastiques» sur le modèle pollueur/payeur. Elle souhaite ainsi «inciter les producteurs à incorporer des matières plastiques recyclées, de préférence d'origine française, dans leurs produits» en lieu et place des matières plastiques vierges. La proposition a été saluée par les fabricants d’emballages plastique. Pour leur syndicat Elipso, il est toutefois nécessaire d’activer d’autres «ressorts» de la circularité de ces emballages plastique. Car le syndicat anticipe une insuffisance de matière recyclée. Dans un communiqué Elipso suggère que la matière issue du recyclage chimique soit prise en compte dans la modulation de l’écocontribution (le bonus-malus), que le tri et la collecte soit améliorés, que l’enfouissement soit interdit et que la consigne des bouteilles en plastique soit instituée. Elipso demande en particulier à la ministre d’améliorer les systèmes de Rep (Responsabilité élargie du producteur) dont la performance est mise en question dans le rapport de juillet 2024 de l’IGF (Inspection générale des finances), du CGE (Conseil général de l’économie) et de l’Igedd (Inspection générale de l’environnement et du développement durable).
Similis de viande: La Vie lève 25 M€ et lancera prochainement des boulettes végétales
Comme annoncée il y a un an dans Agra Innovation, la levée de fonds de la start-up de charcuterie végétale La Vie, lancée à l’été 2023, qui visait à mobiliser de 15 à 20 M€, a finalement dépassé les prévisions faites par Nicolas Schweitzer, son PDG et cofondateur (aux côtés de Vincent Poulichet). La Vie a annoncé, le 4 octobre, une levée de fonds de 25 M€, auprès de ses actionnaires historiques et de nouveaux entrants, et par l’intermédiaire une campagne de financement participatif. «Une véritable prouesse dans un contexte économique complexe, marqué par une chute de 36% des investissements dans le secteur de la FoodTech», se félicite la société parisienne. Avec ce nouvel apport de fonds, qui vient compléter une première levée de fonds en 2022 de 25 M€, La Vie entend «continuer à améliorer ses alternatives végétales savoureuses et innovantes à la charcuterie traditionnelle et d’en développer de nouvelles.» Un élargissement de la gamme (substitut de jambon cuit, bacon et lardons) qui va passer par le lancement prochain de boulettes végétales. La Vie, fondée en 2022, prévoit 15 M€ de chiffre d’affaires en 2024 et revendique «une croissance en retail de +192% sur les 12 derniers mois». Les produits sont disponibles dans 8 200 points de vente et restaurants partenaires à travers l'Europe. (Cyril Bonnel, Agra Innovation)
Produits laitiers: le suisse Emmi finalise l'acquisition du français Mademoiselle Desserts
Le groupe suisse Emmi, spécialisé dans les produits laitiers, a finalisé le rachat du fabricant français de pâtisseries et viennoiseries Mademoiselle Desserts sur la base d'une valeur d'entreprise de 900 millions d'euros, annonce-t-il le 4 octobre. Le groupe basé à Lucerne, au centre de la Suisse, a conclu un accord d'option de vente en vue de l'acquisition de cette entreprise spécialisée dans les pâtisseries haut de gamme, complétant ainsi sa gamme de produits dans les desserts à l'international, indique-t-il dans un communiqué. Le groupe suisse s'était déjà diversifié en Italie en 2011 avec des desserts d'inspiration italienne comme le tiramisu et aux Etats-Unis avec une acquisition en 2020 qui avait complété son portefeuille avec des desserts d'inspiration américaine et latino-américaine. L'acquisition de Mademoiselle Desserts est «une étape stratégique importante» qui «nous permettrait de saisir les opportunités de croissance globale de la catégorie des desserts premium» a déclaré Ricarda Demarmels, la directrice générale du groupe suisse, citée dans le communiqué. Basée à Montigny-le Bretonneux dans les Yvelines, l'entreprise Mademoiselle Desserts fournit notamment des viennoiseries, gâteaux, tartes, millefeuilles et beignets au commerce de détail et à la restauration. L'entreprise française exploite douze sites de production de boulangeries en France, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Belgique. Elle compte 2.000 employés et a réalisé un chiffre d'affaires d'environ 420 millions d'euros en 2023.
Dénominations animales: la CJUE donne raison aux producteurs de protéines végétales
Le décret français interdisant l’utilisation de dénominations telles que « steak » ou « saucisse » à des produits végétaux «méconnait» la réglementation européenne, conclut la Cour de justice de l’UE (CJUE) dans un arrêt du 4 octobre. «Un État membre ne peut interdire l’utilisation de termes traditionnellement associés aux produits d’origine animale pour désigner un produit contenant des protéines végétales», estime-t-elle, sauf si une dénomination légale a été adoptée. La CJUE donne donc raison aux plaignants –l’association Protéines France, l’Union végétarienne européenne (EVU), l’Association végétarienne de France (AVF) et la société Beyond Meat– qui contestent le décret adopté par la France. Selon la CJUE, un État membre ne saurait empêcher, par une interdiction générale et abstraite, les producteurs de denrées alimentaires à base de protéines végétales l’utilisation de noms usuels ou de noms descriptifs. La CJUE n’ayant pas le droit de trancher le litige national, il appartient désormais au Conseil d’État de résoudre l’affaire conformément à la décision.
Porc : fragilité grandissante de l’industrie charcutière, selon la Banque de France
La Fédération des industries charcutières (Fict) signale au nouveau gouvernement et à ses partenaires économiques que la situation des entreprises d’aggrave, s’appuyant sur l’étude sectorielle de la Banque de France pour 2023 et les incapacités à payer en 2024 relevées par l’institution cette année. La Fict mentionne dans un communiqué diffusé le 1er octobre plusieurs chiffres attestant de la fragilité grandissante des industriels : le taux de marge nette moyen est passé sous 1% ; 30% des entreprises enregistrent un résultat net négatif contre un quart en 2022, le taux d’investissement est tombé à 18 % de la valeur ajoutée, ayant chuté de 25% sur 1 an et de 33% sur 2 ans. Enfin la trésorerie nette des entreprises de charcuterie n’était plus que de15 jours de chiffre d’affaires en 2023, soit moitié moins qu’en 2022. De fait, le montant des incapacités de paiement relevées par la Banque de France au premier semestre de 2024 a augmenté et est près de 4 fois supérieur à celui du premier semestre de 2022. La Fict compare cette situation à celle du rayon charcuterie qui a procuré aux distributeurs un taux de marge 6 fois supérieur à la moyenne des autres rayons en 2023, d’après le rapport 2024 de l’Observatoire de la formation des prix et des marges.
Bio: la start-up française Omie commercialise des aliments associant bio et «régénératif»
Après avoir conquis les wagons-bars de la SNCF, la start-up français Omie vient de convaincre une deuxième enseigne nationale, Naturalia, de commercialiser ses aliments (sauces, plats cuisineé, céréales pour le petit-déjeuner...) associant les allégations agriculture biologique et «régénérative». Concrètement, pour intégrer la filière, les agriculteurs doivent être labellisés bio et obtenir un score de 40 sur 100 à l'indice de régénération développé par l'association PADV, spécialiste français de cette démarche, pour laquelle il n'existe pas de cahier des charges public (voir notre enquête). «L'agriculture régénératrice est la convergence de la bio et de l'agriculture de conservation, c'est une trajectoire», explique sa directrice générale Joséphine Bournonville. Le labour n'est pas interdit, mais une trajectoire de réduction est demandée. «Certains agriculteurs sont plus ou moins avancés sur le sujet, c'est pour cela que nous investissons 20% de notre chiffre d'affaires dans la formation.» Il ne s'agit donc pas d'agriculture biologique de conservation (ABC), une pratique encore marginale, fédérée notamment par Les décompacté.es de l’ABC (voir notre enquête). La start-up Omie a réalisé un chiffre d'affaires de 2 millions d'euros en 2023, en sous-traitant la transformation de ses produits. Elle travaille avec quatre acheteurs par ailleurs ingénieurs agronomes.
UE/Maroc : la CJUE confirme l’annulation de l’accord commercial sur l’agriculture
Faute de consentement du peuple du Sahara occidental, les accords commerciaux UE-Maroc de 2019 sur les produits agricoles et la pêche ont été conclus en méconnaissance des principes de l’autodétermination et de l’effet relatif des traités, a estimé la Cour de justice de l’UE (CJUE) dans un arrêt rendu le 4 octobre. Cette décision fait suite à des pourvois formés par la Commission européenne et le Conseil de l’UE concernant un arrêt du Tribunal de l’UE (TUE) de septembre 2021 annulant les décisions de conclusion des accords tout en maintenant temporairement leurs effets. La CJUE a rejeté ces pourvois dans leur intégralité, confirmant donc les décisions du TUE, car les conditions d’obtention du consentement, même implicite, n’ont pas été réunies. La CJUE maintient toutefois les mesures de libéralisation en matière de produits agricoles pour une durée de 12 mois, «compte tenu des conséquences négatives graves sur l’action extérieure de l’UE qu’entraînerait son annulation immédiate et pour des raisons de sécurité juridique».
Fruits : le Sahara occidental doit être indiqué comme pays d’origine, selon la CJUE
« L’étiquetage des melons et des tomates récoltés au Sahara occidental doit mentionner ce territoire en tant que pays d’origine et non le Maroc », a estimé la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) dans un arrêt du 4 octobre. En outre, la CJUE précise que toute autre indication serait susceptible de tromper les consommateurs de l’UE dans leurs décisions d’achat. Dans cette affaire, la Confédération paysanne réclamait à la France l’interdiction des importations de melons et tomates originaires du Sahara occidental estimant que l’étiquetage ne les distinguait pas de ceux du Maroc, ne respectant ainsi pas le droit international et induisant en erreur les consommateurs. Les juges du Kirchberg ont estimé que les Etats membres n’avaient pas le pouvoir d’interdire unilatéralement l’importation de produits agricoles qui sont systématiquement non conformes à la législation de l’UE en matière d’indication du pays d’origine. Ils considèrent également que ces produits doivent indiquer le Sahara occidental comme pays d’origine car il s’agit d’un territoire douanier (distinct du Maroc) au sens du droit de l’UE
Légumes: Bonduelle plonge dans le rouge, plombé par une dépréciation d'actifs
Le spécialiste français des légumes en conserve et surgelés Bonduelle plonge dans le rouge pour son exercice décalé 2023-24, avec une perte nette de près de 120 millions d'euros, notamment en raison d'une dépréciation d'actifs en Amérique du Nord, en dépit de ventes stables. Bonduelle, qui annoncera le 7 octobre un «plan de transformation à trois ans», affiche un chiffre d'affaires de 2,37 milliards d'euros, pratiquement inchangé par rapport à l'exercice précédent et un résultat opérationnel courant en hausse de 14,3%, selon un communiqué. La perte nette de 119,8 millions d'euros sur cet exercice clos le 30 juin - contre un bénéfice de 14,5 millions sur l'exercice précédent, déjà en forte baisse - est essentiellement due à des «dépréciations d'actifs» de son activité frais en Amérique du Nord et dans une moindre mesure de son usine de Saint-Mihiel dans la Meuse, dont la fermeture a été annoncée. Bonduelle a ainsi annoncé fin août la cession de l'usine de Saint-Mihiel, qui emploie 159 personnes, mais aussi «une négociation exclusive» avec Les
Crudettes du groupe LSDH pour la reprise de son activité de salade en sachet en France et avec Taylor Farms en Allemagne. Les entités de Bonduelle aux Etats-Unis et en Italie sont épargnées par ces projets censés permettre au groupe "l'accélération de ses activités sur le marché du traiteur frais, de la conserve et du surgelé» en Europe.
Endives : hausse de production attendue, mais campagne techniquement incertaine
A l’occasion du lancement de la campagne 2024 le 3 octobre à Arras (Nord), l’Association des producteurs d’endives de France (Apef) annonce un volume potentiel de 125 000 tonnes pour la saison. Elle était estimée à moins de 110 000 tonnes, selon Agreste en juin. Cette hausse de production vient d’une augmentation de 7% des surfaces emblavées en 2024 par rapport à l’année précédente et de conditions météorologiques favorables pour la croissance des racines. Selon l’Apef, elle devrait permettre de combler le manque de racines de report en début de campagne. Cela participera aussi à la reconstitution des stocks pour assurer la jonction avec la campagne 2025/26. Malgré tout, la filière demeure dans l’expectative: «La future campagne de production est pleine d’incertitudes compte tenu des retraits de solutions historiques pour produire les racines d’endives et du manque de recul pour accompagner la production vers de nouveaux itinéraires techniques sans risque», souligne le syndicat. La filière avait alerté les pouvoirs publics sur les effets de plusieurs retraits de pesticides (Benfluraline, Triflusulfuron-méthyle, Spirotétramate). 46 essais d’alternatives ont été menés cette année par l’Apef qui devrait en préciser les premiers enseignements prochainement.
Légumes : freins et atouts à la création d’une filière «exotique» en France
L’association LAB3S (Sols Savoirs Saveurs), en Seine-Saint-Denis, a annoncé, début octobre, sur LinkedIn la parution des résultats d’une étude de marché, sur le potentiel de développement d’une filière de légumes exotiques en France métropolitaine. Cinq légumes, parmi les plus consommés en Seine-Saint-Denis (gombo, manioc, igname, aubergine africaine, taro) ont été retenus. L’étude relève plusieurs freins à un développement de la culture dans l’hexagone : adaptabilité des variétés au sol et au climat, manque de connaissances et de technologies appropriées chez les producteurs, concurrence de l’importation, cherté des légumes. Cependant, elle souligne aussi plusieurs atouts pour le producteur dont la diversification dans les rotations, mais aussi dans les débouchés : bonne valorisation (usage feuille et racine), possibilité de transformation (alimentaire ou cosmétique). Depuis 2020, LAB3S s’intéresse à la question des légumes exotiques, comme habitude de consommation et partie de la culture culinaire des habitants du département. Le gombo, la brède-mafane et le chou Pet Saï ont déjà l’objet une expérimentation de culture en 2022.
Levures: Lesaffre prend le contrôle d'un fabricant brésilien de dérivés de levure
Après avoir fait l'acquisition de l’activité extraits de levure de DSM-Firmenich en juin, le groupe Lesaffre annonce, dans un communiqué paru le 4 octobre, prendre une participation majoritaire dans Biorigin, une entité de Zilor, entreprise brésilienne, productrice de dérivés de levure. Le montant de l'opération n'est pas précisé. Le groupe français espère ainsi «d'améliorer l'approvisionnement en dérivés de levure pour les ingrédients aromatiques tout en renforçant les processus de production, de logistique et le service aux clients à travers le monde.» Concrètement Lesaffre deviendra l'actionnaire majoritaire, à 70 %, de Biorigin tandis que Zilor restera actionnaire à hauteur de 30%. L'accord comprend également la cession d’une unité de production de Biorigin à Lesaffre. Cette entité est basée à Quatá dans l’Etat de São Paulo au Brésil. La marque Biorigin sera conservée pour la production, la commercialisation et la vente des produits. Les unités de Lençóis Paulista (SP) et Macatuba (SP), ainsi que les produits fabriqués à partir de levure de fermentation alcoolique et de levure de brasserie, continueront à être gérées et vendus par Zilor. Les parties espèrent que cet accord, soumis à l'approbation des autorités réglementaires, sera finalisé dans les prochains mois.
Vin : Freixenet Gratien nomme Katy Murarotto directrice générale
Freixenet Gratien, filiale française du groupe allemand Henkell Freixenet, annonce la nomination de Katy Murarotto au poste de directrice générale, effective depuis le 1er juillet. Elle succède à Olivier Dupré, au poste durant près de 11 ans avant de faire valoir ses droits à la retraite. Katy Murarotto était jusque-là directrice générale du brasseur Asahi en France, après avoir été trader à Euronext et à la Bourse de New York, conseillère en management chez KPMG aux États-Unis, au Canada et en Asie. Freixenet Gratien se présente comme l’entreprise «la plus contributrice à la croissance du marché des vins effervescents (hors champagne) en volume et en valeur» durant les années 2021 à 2023. Et de revendiquer une part de marché valeur dépassant 10% en grande distribution, avec plus de 13,2 millions de bouteilles vendues en 2023, soit un chiffre d'affaires d’environ 74 M€. Son portefeuille de marques inclut Freixenet, leader des AOP effervescents (hors champagne), Mionetto, quatrième marque de prosecco en volume, Festillant, deuxième marque de vins effervescents sans alcool, Gratien Meyer, dans les saumurs et crémants de Loire, et enfin des vins de Bordeaux.